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Xerfi Canal présente l'analyse d'Alexandre Boulègue, directeur d'études Xerfi

275 euros de marge brute par paire de lunettes, soit 70% du prix de vente ; les myopes et les presbytes ont de quoi enrager à la lecture de l'enquête de l'UFC Que Choisir sur le marché de l'optique. Et la pilule est d'autant plus dure à avaler que la France est le pays européen où le budget lunette est le plus élevé : 75 euros par an et par personne contre seulement 56 euros en Angleterre ou 28 euros en Italie. Pour leur défense, les opticiens mettent en avant la qualité supérieure des verres vendus en France. D'après eux les Français renouvellent également leurs montures moins souvent que leurs voisins. Dernier argument : la TVA sur les lunettes est plus élevé en France qu'en Italie ou en Espagne. Tout cela est vrai. Mais l'analyse des comptes des opticiens menée par Xerfi confirme que les performances financières de la profession sont très au-dessus de la moyenne, principalement en raison des tarifs pratiqués. Regardons tout d'abord le taux de marge brute : d'après notre analyse, il s'établit à 62% du chiffre d'affaires, soit un peu en deçà des 70% mesuré par l'association de consommateurs. Mais cela signifie tout de même que les opticiens revendent en moyenne une paire 2,5 fois son prix d'achat à leurs clients. Cela place la distribution d'optique largement en tête si on la compare aux autres secteurs du commerce de détail, dont le taux de marge brute moyen se situe autour de 40%. Les opticiens vous diront qu'une telle marge n'est pas illogique : ils doivent recruter du personnel qualifié, les loyers en centre-ville coûtent chers et les dépenses de communication sont élevés dans la profession. Certes, mais si l'on regarde maintenant le taux de résultat net, les opticiens trustent là encore la première place : 7,3% contre 3,2% pour l'ensemble du commerce de détail. Cette rentabilité très attractive s'est traduite par une multiplication des points de ventes : pas moins de 2 000 nouvelles boutiques ont ouvert leurs portes entre 2005 et 2011. Mais cette croissance n'a reposé sur aucune logique de santé publique, puisque dans le même temps les besoins n'ont pas augmenté dans les mêmes proportions. Conséquence le chiffre d'affaires moyen des opticiens recule régulièrement. Et pour maintenir leurs marges, les opticiens n'hésitent dès lors pas à maintenir des prix très élevés, voire à les augmenter. Vous l'aurez compris, l'optique constitue une véritable anomalie économique, puisque c'est un marché où l'accroissement de la concurrence se traduit par une hausse des prix ! Une hausse des prix d'abord facilitée par la complexité des produits et par l'opacité tarifaire qui ne permettent pas au consommateur de se repérer. Une hausse des prix également alimentée par le rôle pervers des mutuelles. Avec les forfaits optiques proposés par ces dernières, les consommateurs ne regardent pas à la dépense cherchant même à amortir au maximum leur cotisation en choisissant des montures ou des verres plus chers. Bref, peu de chance que les pressions pour faire baisser les prix viennent du client final. C'est donc du côté des pouvoirs publics que les regards se tournent naturellement. La ministre de la Santé avait déclaré il y a six mois vouloir instaurer une régulation. Promesse pour l'instant restée lettre morte. En attendant, un Français sur trois renonce toujours à une correction optique faute de moyens. 

Alexandre Boulègue, Opticiens : des marges plein la vue, une vidéo Xerfi Canal

 



Publié le lundi 27 mai 2013 . 3 min. 46

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