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14/09/201704:00

La trajectoire de la production manufacturière entre 2000 et 2016 donne un bon aperçu des stratégies et des performances économiques des quatre grands pays de la zone euro. Le diagnostic a le mérite d’être clair : seule l’Allemagne progresse. Partout ailleurs, c’est la chute : en France, en Espagne, en Italie, alors que tous ces pays ont vécu la même flambée des matières premières et du pétrole, l’euro fort et le contrecoup de récession.


Aux sources de la compétitivité allemande


Pour comprendre ces écarts, on peut représenter l’économie de ces pays à travers un compte de résultat simplifié : en partant du chiffre d’affaires, en passant par la valeur ajoutée (c’est à dire en les ôtant les achats à l’étranger de matières premières ou de composants ainsi que les autres consommations intermédiaires, surtout des services), pour terminer, une fois les frais de personnels retirés, par la marge industrielle.


Le chiffre d’affaires est la combinaison des volumes vendus et des prix, dont le niveau traduit la capacité des entreprises à valoriser la qualité de leurs produits, l’innovation, le design, ou à se créer des rentes de monopole. Or, il y a les entreprises allemandes, capables de faire payer leur montée en gamme et leur positionnement, et les autres.


Pour comprendre les sources de la compétitivité allemande, il faut ensuite détailler le compte de résultat. D’abord, l'industrie allemande a beaucoup « outsourcé » vers les pays d'Europe centrale, devenus son hinterland productif pour les phases de production à moindre valeur ajoutée. En revanche, l’assemblage et les maillons de fabrication décisifs sont en Allemagne. Cela alourdit la ligne « achats réalisés à l’étranger ». En faisant usiner des modules dans les pays d’Europe de l’Est, les industriels allemands bénéficient d’une main d’œuvre bon marché, les salaires dans les PECO représentant moins du tiers de ceux de l’Allemagne. Cela permet donc de faire des économies considérables en frais de personnel.


Le prix des services, avantage indirect pour l'industrie


Une autre partie importante se joue également au niveau des consommations intermédiaires. Dans son rapport sur l’industrie manufacturière, McKinsey estime que pour 1 euro de production de biens manufacturés, il y a 0,19 euro de services marchands. Le prix des services peut donc donner un avantage coût indirect à l’industrie. Pour le mesurer, il suffit de prendre l’écart relatif entre le coût d’une heure de travail dans les services et dans l’industrie.


Le coût horaire relatif des services par rapport à l’industrie est ainsi très faible en Allemagne, et à un degré moindre en Espagne. Les services sont donc un soutien à l’industrie. A l’inverse, en France et en Italie, l’écart est quasi-nul.


L'Espagne se rattrape, la France et l'Italie distancées


Capacité à vendre cher ses produits, à tirer parti de la faiblesse relative du prix des services incorporés, à mettre à profit « l’outsourcing » chez les PECO : l’équation coût des produits allemands s’est améliorée. Les marges aussi, donnant toute latitude aux industriels pour renforcer leur positionnement de gamme pourtant déjà initialement plus élevé que leurs concurrents. L’Allemagne est ainsi entrée dans un processus d’auto-renforcement, et pour paraphraser le chancelier Schmidt, les marges d’aujourd’hui sont les montées en gamme de demain et les performances d’après-demain.


L’Espagne, elle, a joué un tout autre jeu après la grande crise, en misant sur son atout : la faiblesse de son coût horaire, très inférieur dans l’industrie à tous ses concurrents, notamment par rapport à la France et à l’Italie pour des gammes de produits assez proches. Bilan : 1 euro de frais de personnel générait 1,67 euros de valeur ajoutée en Espagne en 2008, soit un peu plus qu’en France mais beaucoup moins qu’en Italie. Huit ans plus tard, l’Espagne se détache et distance nettement ses deux plus proches concurrents, et depuis 2014, c’est l’industrie espagnole qui comble le plus rapidement son retard.


La France et Italie, elles, sont distancées. Deux puissances industrielles qui n’ont pas su combiner coût et montée en gamme.

 

Alexandre Mirlicourtois, Comment la France a perdu la guerre des coûts en Europe, une vidéo Xerfi Canal Economie.


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Mots clés : Europe / Zone euroIndustrieCompétitivitéIndustrieFranceServicesSalaires

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