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12/06/201905:11

Il n’y a pas que la Chine, le Japon, l’Inde et la Corée du Sud en Asie. Un groupe de pays, réuni au sein de l’Association des Nations d’Asie du Sud-Est, est devenu un acteur économique incontournable dans la région. Un vaste ensemble composé de 647 millions d’habitants, c’est plus que l’Union européenne. C’est aussi avec un PIB cumulé de près de 3 000 milliards de dollars, le 5ème bloc économique mondial derrière l’Union européenne, les Etats-Unis, la Chine et le Japon. De fait, en tant que groupe, l’Asean constitue la 3ème force économique régionale devant l’Inde.


A la tête de cet attelage, l’Indonésie immense pays dont la population s’approche des 265 millions d’individus avec un PIB supérieure à 1 000 milliards de dollars. L’Indonésie, c’est 35% de la richesse créée de la région et 41% de ses habitants. Suivent dans l’ordre, la Thaïlande, Singapour, la Malaisie, les Philippines et le Vietnam. Des économies dont les PIB sont compris entre 240 et 500 millions de dollars, soient de tailles comparables à ceux de la Belgique ou du Portugal. La Birmanie, le Cambodge, le Laos et Brunei sont en revanche des économies de taille beaucoup plus réduite.


Ce qui détonne dans ce classement, c’est la place de Singapour dès lors que l’on rapporte son PIB à ses 5,6 millions d’habitants. Avec un PIB par tête de près de 60 000 dollars, Singapour est un pays riche, véritable plaque tournante régionale et internationale au plan commercial et surtout financier. Cette cité-État est notamment le premier exportateur de capitaux en Asie par l’intermédiaire des fonds souverains tels que Temasek et GIC, tirant parti de sa place financière paradisiaque.


Partenaires plutôt que concurrents


Au-delà de cette exception, le premier facteur de succès de l’Asean réside dans le fait que les pays qui la composent sont beaucoup plus complémentaires que concurrents. Cela va d’un sultanat pétrolier, Brunei, de pays ateliers jouant la carte de la compétitivité grâce aux bas coûts d’une main-d’œuvre abondante (Indonésie, Vietnam, Cambodge). Et la palette des secteurs concernés est très large : automobile, textile, composants électroniques en passant par la chimie. Bref, l’Asean peut désormais revendiquer la place de 2ème atelier du monde et son ascension pourrait même être facilitée par les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Mais ce n’est pas tout. D’autres s’engouffrent dans le secteur de l’externalisation des tâches B-to-B destinées aux entreprises (le BPO ou business process outsourcing) c’est le cas des Philippines notamment. Tous ou presque jouent également la carte du tourisme. Enfin, pour terminer, s’ajoute pour les plus chanceux l’exploitation des ressources naturelles (qu’elles soient agricoles, minières ou énergétiques).


Aspirateurs à IDE


Deuxième clé de succès, en suscitant l’intérêt croissant des investisseurs étrangers, ces pays sont devenus de véritables aspirateurs à IDE. Les multinationales japonaises (c’est historique), chinoises (de plus en plus) et européennes y voient une double opportunité : une main-d’œuvre bon marché et un grand marché intérieur en devenir. Les flux d’investissement directs nets étrangers ont été multipliés par plus de 6 par rapport au début des années 2000 et s’approchent désormais des
140 milliards de dollars. La région s’affirme ainsi comme une zone privilégiée des investisseurs, captant 7% des IDE mondiaux, alors qu’elle n’en recevait pas même 2% en 2000. À 79%, le ratio stock IDE/PIB est le plus élevé au monde : cela témoigne de l’importance des pays de l’Asean dans les chaînes mondiales de production.


Position géostratégique


Troisième facteur de succès, une position géostratégique clé. La particularité de l’Asie du Sud-Est est sans doute d’être avant tout un espace maritime organisé autour d’une mer intérieure reliée au reste du monde. La mer de Chine méridionale est commandée par sept détroits qui permettent d’assurer la jonction entre l’Asie et l’Océanie, entre l’Océan Pacifique et l’Océan indien. Le développement des échanges internationaux a donc été ultra-profitable aux pays de l’Asean. D’autant plus que, pour le Japon comme pour la Chine, c’est un passage obligé : 80% des approvisionnements chinois transitent par ces détroits. C’est donc très naturellement que ces économies se sont ouvertes et 5 pays de l’Asean ont des échanges extérieurs qui représentent plus de 100% du PIB (Singapour, Malaisie, Thaïlande, Vietnam et Cambodge). Le pays le moins internationalisé commercialement, l’Indonésie, a un ratio commerce extérieur sur PIB qui dépasse les 40%. Revers de la médaille, en devenant un lieu stratégique pour l’Empire du Milieu, la Chine cherche à imposer sa souveraineté sur la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, devenue source de conflits.


Avec une croissance 5% l’an en moyenne depuis 10 ans, l’Asean s’impose non-seulement comme une réussite économique et mais aussi un acteur incontournable de la région.


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Mots clés : Economie mondialeChineASEANSingapourAsie du Sud-EstIndonésie

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