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L’Asie en perte de vitesse

Publié le lundi 14 avril 2014 . 3 min. 59

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Xerfi Canal présente l'analyse d'Alexandre Mirlicourtois, directeur de la conjoncture et de la prévision de Xerfi

Les économies asiatiques ont aujourd'hui un point commun : leur régime de croissance plus modeste qu'auparavant. Mais c'est à peu près tout, car pour le reste, les situations sont très variées. Il faut en fait distinguer trois blocs. Le premier est un duo formé par le Japon et la Corée du Sud, les deux grandes économies avancées de la région. Deux pays au modèle de croissance extraverti qui les rend dépendants de la conjoncture régionale et mondiale avec un poids particulier de la Chine Pour le Japon, le bloc formé par les Etats-Unis, l'Europe et la Corée constitue 35% des exportations et la Chine de l'ordre de 20. Pour la Corée, 28% des exportations sont tournées vers les Etats-Unis, l'Europe et le Japon contre 26 vers la Chine. Leurs exportations sont donc sous influence contradictoire : elles profitent spontanément du raffermissement de la croissance américaine et de la sortie de récession de la zone euro et elles sont pénalisées par le ralentissement chinois. A l'intérieur, au Japon comme en Corée, la croissance est poussée par l'activisme de l'exécutif. Avec, du côté japonais, les « abenomics » qui mêlent un plan de relance, une politique monétaire très agressive mais aussi des réformes structurelles et une hausse de la TVA qui freinent la reprise à court terme. En Corée, c'est un peu pareil avec le plan « de renouveau économique » et ses 60 mesures, l'agressivité monétaire et les hausses d'impôt en moins. Selon notre scénario, cela porterait la croissance coréenne à 3,5%. C'est mieux que 2013 mais loin des standards d'avant crise (4,7%) et des 4% visés par le nouveau plan. De son côté, le Japon devrait se contenter de 1,2%, contre 1,4% en moyenne de 2000 à 2007. L'autre grand bloc, c'est l'Asie émergente. Un bloc qui se scinde en deux. Le 1er sous-ensemble se compose des deux géants émergents de la région, la Chine et l'Inde. Deux pays entrés dans un régime de croissance moins favorable et surtout beaucoup plus risqué mais pour des raisons différentes. En Chine, le recentrage de la croissance sur la consommation et l'urbanisation ne s'effectue pas sans heurts. Les fortes hausses de salaires (+15% par an prévus pour le salaire minimum dans le dernier plan quinquennal) sont supérieures, à la productivité et pèsent sur la profitabilité des entreprises donc leur capacité à faire face à leurs échéances financières. Au moment où le crédit bancaire se raréfie, le risque de défaut devient préoccupant alors même que le système financier est fragilisé par le « shadow banking ». L'Inde de son côté contrôle mal la dépréciation de sa devise : entre juillet 2011 et août 2013, la roupie a ainsi dévissé de plus de 33% face au dollar entraînant une hausse des prix des produits importés, un surplus d'inflation qui pousse au final la Banque centrale à durcir sa politique monétaire? ce qui plombe la croissance, sur fond d'incertitude politique avec les élections. L'Indonésie est à ce titre un copié-collé de l'Inde. La Chine avec 7,5%, l'Inde avec 5%, enregistreront des performances médiocres par rapport à leurs standards passés. Reste le dernier bloc formé d'une constellation d'économies de tailles plus réduites et dépendantes de la conjoncture des puissances régionales : c'est la Malaisie, la Thaïlande ou les Philippines qui devront digérer, elles aussi, une croissance moins tonique. C'est donc bien tout un continent qui devrait connaître à court terme au mieux une stabilisation mais plus certainement une période de décélération de sa croissance.

Alexandre Mirlicourtois, L'Asie en perte de vitesse, une vidéo Xerfi Canal 

 



 




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Economie mondiale

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