Connexion
Accédez à votre espace personnel
Recevez nos dernières vidéos et actualités quotidiennementInscrivez-vous à notre newsletter
ÉCONOMIE
Décryptages éco Intelligence économique Intelligence sectorielle Libre-propos Parole d'auteur Graphiques Notes de lecture
STRATÉGIE & MANAGEMENT
Comprendre Stratégies & Management A propos du management Parole d'auteur Notes de lecture
IQSOG
RUBRIQUES
Économie généraleFranceEurope, zone euroÉconomie mondiale Politique économique Emplois, travail, salairesConsommation, ménagesMatières premières Finance Géostratégie, géopolitique ComprendreManagement et RHStratégieMutation digitaleMarketingEntreprisesFinanceJuridiqueRecherche en gestionEnseignement, formation
NEWSLETTERS
QUI SOMMES-NOUS ?


La France et l'Italie dans l'impasse face au pivot allemand

Publié le jeudi 13 octobre 2016 . 4 min. 38

Voir plus tard
Partager
Imprimer

Xerfi Canal TV présente l'analyse d'Alexandre Mirlicourtois, directeur de la conjoncture et de la prévision de Xerfi

 

Les modèles économiques des pays de la zone euro ont été bousculés par la grande récession. En resserrant la grille d’analyse sur 3 critères : 1- la performance extérieure, 2- l’évolution et le niveau des coûts salariaux 3 -le poids de la demande intérieure et sa contribution à la croissance, je vais ici montrer en quoi les lignes ont bougé et en quoi, pour certains pays, c’est l’impasse.

 

Et c’est d’abord du côté de l’Espagne que le repositionnement est le plus saisissant. Son modèle, que l’on pouvait qualifier de Floridien, en raison de l’hypertrophie de la construction, de la consommation et du tourisme, sans parler des effets de richesse, a été balayée par l’explosion de sa bulle immobilière. Et que voit-on ? Un pays qui redevient excédentaire avec un solde courant désormais proche de 2% de son PIB après avoir été archi-déficitaire. Un pays où la maitrise des coûts salariaux est devenue un axe prioritaire : avant la grande récession le cout général de la main d’œuvre (hors administration) évoluait sur une base annuelle de 4,1% ; après la moyenne tombe à 0,2% seulement. Très en-deçà de la moyenne de la zone euro. Quant à la contribution de la demande intérieure, c’est simple : le poids de la consommation dans la formation du PIB a cédé 2 points sur la période et les dépenses des ménages sont en recul de 5%. Autrement dit, l’Espagne a basculé vers un modèle de développement purement mercantiliste après la crise et comme un PECO (mais du Sud), elle mise aujourd’hui sur la faiblesse de ses coûts de main d’œuvre pour se positionner en sous-traitance du noyau dur européen.

 


De son côté, l’Allemagne, Pays mercantiliste de 1er rang, a adouci quelque peu son modèle. C’est perceptible dans l’accélération des coûts de sa main d’œuvre plus rapide que dans le reste de la zone euro depuis trois ans. Mais attention, sur le fond rien ne bouge. Les pays de l’Est lui sont toujours subordonnés et contribuent à lui offrir des avantages compétitifs considérables : c’est bien pourquoi, elle est de loin leur premier partenaire : premier fournisseur,  représentant en moyenne près de 22% des importations de la Slovénie, de la Slovaquie, de la Hongrie, de la Pologne et de la République tchèque et premier débouché (24% environ de leurs exports) : l’économie de bazar est donc toujours à l’œuvre. C’est bien pourquoi l’Allemagne reste ultra-compétitive, malgré l’instauration d’un salaire minium et engrange des excédents courants record, qui flirtent désormais avec le barre des 10% de PIB. Autrement dit l’Allemagne conforte sa position de pivot, sur un mode cumulatif. Elle explose maintenant le seuil des 6% d’excédent excessif… s’exposant au pire à quelques petits sermons réprobateurs Bruxellois. Quant à la consommation, elle représente aujourd’hui 55% du PIB comme en 2008, ni plus ni moins.

 


Face à cela, deux autres grands pays producteurs à vocation généraliste, l’Italie et la France, peinent de plus en plus à définir leur positionnement, se retrouvent dans une impasse stratégique. Je vais ici placer le projecteur sur la France qui a cru pouvoir jouer la carte du modèle globalo-financier, à l’image des pays anglo-saxons. Un modèle qui repose sur la force de la finance, la surpondération de la consommation des ménages dans la formation du PIB grâce aux effets richesse liés à l’immobilier. Un business model dans lequel le poids de l’industrie s’est délité et où les multinationales ont misé sur un redéploiement à l’international. Tout cela se solde par de forts déséquilibres extérieurs. La rente que dégagent nos grand groupes sur le reste du monde peine de plus en plus à compenser les pertes d’un appareil productif de moins en compétitif sur le territoire. Certes, les coûts de main d’œuvre progressent au ralenti et même moins rapidement que l’Allemagne depuis trois ans, mais pas vis-à-vis de l’Espagne ou de l’Italie, nos plus proches concurrents. Il faut en avoir conscience la France a joué contre nature, en soutenant sa consommation plutôt que ses entreprises, et en se désintéressant de son tissu de PME et d’ETI, les entreprises de taille intermédiaire. Cette stratégie nous a conduits à l’échec. Nous cumulons ainsi déficit structurel de la balance courante, désindustrialisation, perte de vitesse de la consommation. Et on ne voit vraiment pas comment le pays va se repositionner.

 


Comme l’Italie, bousculés par l’hyper-puissance de l’éco-système allemand, nous sommes dans une impasse stratégique, dont la monnaie unique, dans son fonctionnement actuel, est le principal verrou.

 

Alexandre Mirlicourtois, La France et l'Italie dans l'impasse face au pivot allemand, une vidéo Xerfi Canal TV

 

 


x
Cette émission a été ajoutée à votre vidéothèque.
ACCÉDER À MA VIDÉOTHÈQUE
x

CONNEXION

Pour poursuivre votre navigation, nous vous invitons à vous connecter à votre compte Xerfi Canal :
Déjà utilisateur
Adresse e-mail :
Mot de passe :
Rester connecté Mot de passe oublié?
Le couple adresse-mail / mot de passe n'est pas valide  
  CRÉER UN COMPTE
x
Saisissez votre adresse-mail, nous vous enverrons un lien pour définir un nouveau mot de passe.
Adresse e-mail :

STOCKAGE DE VOS DONNÉES

Xerfi Canal utilise et stocke des informations non sensibles (par exemple : adresses IP, données de navigation, identifiants) obtenues par le dépôt de cookies ou technologie équivalente sur votre appareil. L’utilisation de ces données nous permet de mesurer notre audience et de vous proposer des fonctionnalités et des contenus personnalisés.

Les données stockées par Xerfi Canal ne sont en aucun cas partagées avec des partenaires ou revendues à des tiers à des fins publicitaires.

Vous pouvez librement donner, refuser ou retirer à tout moment votre consentement en accédant à notre outil de paramétrage des cookies.

ACCEPTER PERSONNALISER REFUSER

PERSONNALISEZ LE STOCKAGE
DE VOS DONNÉES

Cookies Google AnalyticsCes cookies permettent d’obtenir des statistiques de fréquentation anonymes du site Xerfi Canal afin d’optimiser son ergonomie, sa navigation et ses contenus.

Cookies de personnalisation du parcours de visiteCes cookies nous permettent de vous proposer, en fonction de votre navigation sur le site, des contenus et/ou des offres de produits et services les plus adaptés à vos centres d’intérêt.

Vous pourrez librement et à tout moment modifier votre consentement en accédant à notre outil de paramétrage des cookies.

VALIDER ANNULER