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La France sans tonus face au sursaut de l'Europe du Sud

Publié le jeudi 8 mars 2012 . 6 min. 22

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Xerfi Canal présente Xerfi Previsis - découvrez Xerfi-Previsis mars 2012

Le redressement de la France sera plus difficile que celui de l’Espagne ou de l’Italie. C’est ce qui ressort de nos dernières prévisions à court terme sur ces trois pays. Certes, leur niveau de croissance en 2013, moins de 1%, sera comparable. Mais l’Espagne et l’Italie partent de beaucoup plus bas. Pour résumer, les économies espagnole et italienne vont accélérer alors que l’économie française va patiner. Alors pourquoi ce décrochage en France ? On le sait, notre positionnement en entrée et milieu de gamme, notre incapacité à monter en niveau ont été la principale cause de nos pertes de production sur le territoire ces dernières années. Des pertes qui se sont en partie concentrées sur la partie Nord de la zone euro, en particulier vers l’Allemagne comme le montre le creusement de notre déficit extérieur bilatéral. Un déficit multiplié par 2,5 entre 1990 et 2011. Ce groupe de pays du Nord de la zone euro bénéficie aujourd’hui des effets positifs des politiques de l’offre menées au début des années 2000. Une politique qui permet à leurs entreprises d’être offensives grâce à une rentabilité retrouvée et une forte compétitivité. Des pays qui ont pris des positions fortes dans les productions haut de gamme. Positions que les entreprises françaises sont dans l’incapacité d’aller contester. Le niveau et l’évolution des taux de marge de nos firmes industrielles sont à ce titre un élément important d’explication. Le constat a le mérite d’être simple.. Les taux de marge dans l’industrie manufacturière française sont tombés nettement sous la barre des 30%. Du jamais vu depuis le début des années 80. Or quand les marges sont comprimées, la capacité des entreprises à investir, innover, exporter, augmenter les salaires, et in fine créer des emplois chute. En un mot comme en cent : pas de croissance sans capacité à prendre des risques. Pas de prise de risques sans marges satisfaisantes. Loin du haut de gamme, les entreprises françaises sont également écartées des productions d’entrée de gamme par les pays à bas coût de main d’œuvre, notamment dans les biens de consommation. Un simple coup d’œil à la balance commerciale française en la matière suffit pour s’en convaincre. En 2000, soit un an avant l’entrée de la Chine dans l’OMC, la France affichait un excédent de plus de 3 milliards de dollars dans les biens de consommation. Dix ans plus tard, l’excédent s’est transformé en un gouffre de près de 20 milliards de dollars. Et notre déficit commercial dans les biens de consommation a peu de chance de se restaurer à court terme. C’est d’autant plus improbable que des filières entières ont disparu. Certes, la Chine cède du terrain sur les produits d’entrée de gamme pour la bonne et simple raison que les donneurs d’ordre délocalisent de plus en plus de Chine leurs productions à faible valeur ajoutée. Mais pas en Europe, bien sûr, encore moins en France. Mais dans d’autres pays émergents comme l’Indonésie, le Vietnam ou encore le Bangladesh. Reste le moyen de gamme, la zone où se situe le cœur de notre production. Et c’est bien ici que la bataille s’intensifie avec nos voisins du sud. Il faut bien comprendre deux facteurs. D’abord, en écrasant leur demande intérieure via des politiques économiques ultra-rigoureuses, l’essentiel de la production industrielle de ces pays part désormais à l’exportation. Ensuite, compte tenu de la déflation salariale à l’œuvre dans ces pays, les coûts salariaux vont se réduire alors même que leur niveau en valeur absolue était déjà inférieur à ceux de la France. En 2010, dans l’industrie, le coût horaire de la main d’œuvre (charges comprises) était nettement supérieur en France à celui des pays de la zone euro Sud. Sans exception. Même avec l’Italie, son plus proche poursuivant, l’écart est de 35%. Un écart qui atteint 232% avec le Portugal. Capacité de production libéralisée et compétitivité renforcée forment un cocktail qui devrait permettre à ces pays de gagner des parts à l’exportation et de s’imposer. C’est ce que montre l’envolée des exportations espagnoles depuis plusieurs mois. Et le contraste est saisissant avec la France. La France qui sera la cible privilégiée des pays du sud, compte tenu de la proximité de gamme des produits proposés. En outre, l’état de santé précaire des entreprises des pays du Sud offre l’opportunité aux pays émergents, qui regorgent de liquidité, de faire des bonnes affaires. C’est là une occasion unique de racheter des fleurons industriels et de poser le pied au sein même de la zone euro. Les pays du Sud devenant ainsi, en quelque sorte, le porte-avion des émergents. Concurrence européenne directe mais aussi extra-européenne. La Chine doit désormais absolument monter en gamme et modifier son modèle de compétitivité, mais sans renoncer à sa stratégie mercantiliste. Désormais moins compétitive sur les biens de consommation, elle s’est déjà tournée vers les biens d’équipement à plus forte valeur ajoutée, à plus haute technologie. La Chine devient donc un concurrent potentiel de plus pour les producteurs français. A cela s’ajoute l’intensification de la concurrence avec les Etats-Unis. Les entreprises américaines peuvent de nouveau s’appuyer sur l’expansion du marché domestique pour obtenir des marges de manœuvres suffisantes pour repasser à l’offensive à l’export. Le nœud du problème est notre positionnement trop milieu de gamme et notre perte de compétitivité. Ce serait une erreur de croire que la solution se trouve dans la déflation salariale. A ce petit jeu là, il y a toujours un pays pour produire moins cher. Il faut donc absolument se doter des moyens pour aller par étapes vers des productions à plus forte valeur ajoutée. En clair, il nous faut des entreprises rentables. A court terme, pas d’autre solution d’urgence que la baisse rapide et déterminée des charges sociales pour alléger le coût du travail. Mais le deal doit être très clair. Il s’agit de rétablir les marges, pour stimuler la prise de risque, et donc l’investissement productif. Un investissement qui doit être stimulé vers l’innovation, mais aussi vers les gains de productivité. Car on oublie souvent de rappeler qu’il y une autre voie que la baisse des salaires pour augmenter la productivité du travail : c’est celle de l’investissement massif pour moderniser notre appareil productif en tirant résolument parti de l’immense potentiel des technologies de l’informatisation et de l’automatisation. C’est sans doute là que la France à sa meilleure carte à jouer pour les 10 prochaines années.

 

Alexandre Mirlicourtois, La France sans tonus face au sursaut de l'Europe du Sud, une vidéo Xerfi Canal.


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