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La consommation est en panne de longue durée

Publié le jeudi 29 septembre 2011 . 4 min. 52

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Pas plus de 0,6% cette année et à peine plus en 2012, la consommation des ménages est en panne ! C'est une contreperformance évidente, si l'on se réfère aux standards affichés au début des années 2000. Une période durant laquelle elle a évolué sur une base annuelle de 1,8%. Facteurs conjoncturels, transformations structurelles se télescopent. Et ils nous conduisent à ce diagnostic : la panne sera durable. Conjoncturellement, la consommation se heurte à 4 murs. Le premier, c'est celui du chômage. Si l'on superpose les différentes catégories de chômeurs, des catégories A à E, 4,7 millions de personnes étaient inscrites à pôle emploi en août dernier. Un record ! L'impact est bien évidemment direct pour ceux qui ont perdu leur travail. Malgré l'importance des filets sociaux en France, l'allocation chômage ne couvre qu'en partie le salaire perdu. De même, percevoir 1 500 euros de revenus ou 1 500 euros d'indemnités ne conduit pas au même type de comportement en matière de consommation et d'épargne. De façon plus insidieuse, la seule crainte de perdre son emploi entraine même chez ceux qui conservent le leur des stratégies défensives, au cas où. Deuxième mur, l'inflation. Certes, la hausse des prix reste encore limitée avec un pic à 2,2% en août. Mais ce n'est pas le ressenti des ménages, notamment des catégories les moins favorisées. Pourquoi ? Parce que les niveaux d'inflation sont très différents selon la fréquence d'achat. Pour les produits les plus courants, c'est-à-dire ceux achetés quotidiennement, donc les plus visibles, comme l'alimentation ou les carburants, la hausse est très sensible et dépasse désormais 4%. A l'opposé, les prix des dépenses les moins fréquentes, c'est-à-dire les moins immédiatement palpables comme l'électroménager, l'ameublement ou l'automobile sont ceux qui progressent le moins vite, voire diminuent. Des baisses qui passent donc quasiment inaperçues. Troisième mur, les revalorisations salariales. Les entreprises le savent, le gouvernement n'hésitera pas à remettre en cause son dogme de baisse des charges fiscales et sociales. Après un 1er coup de canif avec l'instauration d'une prime dividende obligatoire, s'ajoutera demain la réduction des exonérations de charges sur les heures supplémentaires, la taxation plus forte de l'épargne salariale et le renforcement de la fiscalité sur les « complémentaires santé ». Et il ne faut pas se faire d'illusion, les entreprises chercheront à s'ajuster pour contenir le ratio masse salariale rapportée à la valeur ajoutée. L'ajustement se fera à la fois sur les quantités et sur les prix, c'est-à-dire les salaires. La mécanique est déjà en marche et il faut s'attendre à un effet ciseau entre d'une part, une inflation qui s'accélère et d'autre part des salaires qui, eux, ralentissent. Dernier mur, le crédit à la consommation. Car les banques sont elles aussi passées en mode défensif. Après avoir considérablement assoupli leurs critères d'octroi des crédits, les banques ont resserré leurs positions et se préparent à donner un tour de vis supplémentaire dans les prochains mois. Un tour de vis qui va venir s'ajouter à un autre mouvement de fond. Je veux parler de l'assèchement de la demande de crédit. A ce propos, le message envoyé par les banques est très clair. C'est celui d'une demande qui fait défaut. Un défaut qui les a pris à contre-pied, comme le montre l'écart entre ce qui a été constaté et ce qui avait été anticipé. Un défaut qui devrait s'amplifier ces prochains mois. Si l'on comprend bien pourquoi la consommation va se bloquer à court terme, comment justifier une panne plus durable ? Simplement parce que le modèle de croissance de la France, basé sur la demande des ménages, atteint ses limites. Il se heurte à ses propres contradictions dont le principal avatar est celui d'un creusement sans fin de notre commerce extérieur. Un mur qui devrait atteindre le record de 75 milliards d'euros cette année. Un déficit qui est au-dessus de nos moyens. Restaurer l'équilibre de notre commerce extérieur ne sera pas une mince affaire. Cela passera forcément par un basculement de notre modèle de croissance vers un modèle plus favorable cette fois-ci à l'offre, c'est-à-dire à nos entreprises. Quelque soit le candidat élu, cela passera par un basculement de notre fiscalité. Une fiscalité plus favorable à notre tissu de PME et d'entreprises de taille intermédiaire. Les Français vont avoir du mal à consommer plus. Et certains même devront consommer moins. Mais tous devront consommer mieux.


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