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https://player.vimeo.com/video/158488525?autoplay=1 Alexandre-Mirlicourtois-La-locomotive-americaine-se-remet-en-marche-4705.jpg
14/03/201604:15

Xerfi Canal TV présente l'analyse d'Alexandre Mirlicourtois, directeur de la conjoncture et de la prévision de Xerfi

 

A l’encontre du consensus, nous pensons à Xerfi que la récession américaine est non pas devant, mais bien derrière nous. Cela peut sembler étrange car vue d’Europe continentale, les Etats-Unis, avec le Royaume-Uni, ont été des économies avancées les plus dynamiques ces dernières années. Mais si je définis une récession non pas comme deux trimestres consécutifs de baisse du PIB, définition officielle, mais très arbitraire, mais comme une phase durable durant laquelle le PIB s’accroît moins vite que son potentiel, alors, selon ce critère, l’économie américaine est déjà en phase de très fort ralentissement voire de récession sur fond de recul boursier. La question est donc de savoir si les Etats-Unis vont s’enfoncer plus loin dans la crise où sont sur le point d’en sortir. La tentation est grande de poursuivre la tendance d’autant que le PMI manufacturier qui donne le pouls à venir de l’industrie, campe depuis maintenant 5 mois en dessous de 50, valeur qui marque la frontière entre expansion et contraction de l’activité.

 

Hausse du dollar et ses conséquences sur la compétitivité du « made in US », doutes sur la capacité de l’économie américaine à encaisser la normalisation de la politique monétaire engagée par la FED, blocage des salaires ternissent un peu plus le tableau d’ensemble et font pencher la balance pour une majorité d’économistes du côté de l’amplification de la récession. Et s’ils avaient tort ? D’abord le caractère prédictif du PMI manufacturier est à relativiser. Il ne concerne en effet que l’industrie (11% de l’économie), actuellement impactée par la récession que connait effectivement le secteur pétrolier, et les débouchés émergents. Mais si je resserre l’observation sur les derniers mois, l’indicateur est en hausse depuis janvier. Ce mouvement mérite confirmation pour faire tendance, mais une chose est sure, la dégradation de la conjoncture dans l’industrie s’est adoucie depuis le début de l’année. Surtout, le plus important n’est pas là. Le même indicateur, dans le secteur non-manufacturier qui mesure le niveau d'activité de l'ensemble du secteur des services aux Etats-Unis (du commerce de détail à l'immobilier, en passant par les services de communication, c'est-à-dire tout le secteur non-manufacturier), autrement dit le centre de gravité de l’économie américaine, ne raconte pas la même histoire : 1- Il n’est jamais passé en dessous du seuil fatidique des 50. 2- après s’être dégradé tout au long du second semestre il s’est nettement redressé en février et compense la faiblesse de l’industrie.

 

Ce décalage entre industrie et services se voit parfaitement dans la répartition actuelle des créations d’emplois par secteur. Pour faire bref, les services compensent les difficultés du secteur pétrolier et la faiblesse des créations dans l’industrie, avec comme principal contributeur de la hausse, la construction, la restauration, le secteur de la santé et de l’assistance sociale, le commerce. Ainsi, les consommateurs tirent la croissance et une fois de plus l’économie américaine s’en remet à la puissance de sa demande domestique pour croitre et il est évident que les services ont pris le relais pour permettre la poursuite du rééquilibrage du marché du travail : le taux de chômage est en baisse et à 4,9% il dispose encore d’une marge de baisse. Mais attention comme le montre les derniers points, la décrue va se ralentir. Non-pas en raison de la faiblesse des créations, mais parce que nombre de travailleurs découragés pendant la crise, intègrent à nouveau le marché du travail, même s’il reste encore une marge de baisse avant de restaurer les niveaux standards d’avant-crise. C’est d’ailleurs bien parce que les entreprises disposent encore d’une réserve de main d’œuvre que les salaires sont en partie figés et non en raison d’une rupture du lien entre tension du marché du travail et formation des salaires. Mais l’économie américaine se rapproche du point de bascule où les créations d’emplois vont mordre sur la formation des salaires et donner un coup de pouce à la consommation de quoi insuffler un nouvel élan à la croissance américaine qui devrait monter en régime confirmant bien que la reprise est devant nous. A l’encontre du consensus, nous pensons à Xerfi que la récession américaine est non pas devant, mais bien derrière nous. Cela peut sembler étrange car vue d’Europe continentale, les Etats-Unis, avec le Royaume-Uni, ont été des économies avancées les plus dynamiques ces dernières années. Mais si je définis une récession non pas comme deux trimestres consécutifs de baisse du PIB, définition officielle, mais très arbitraire, mais comme une phase durable durant laquelle le PIB s’accroît moins vite que son potentiel, alors, selon ce critère, l’économie américaine est déjà en phase de très fort ralentissement voire de récession sur fond de recul boursier.

 

 

La question est donc de savoir si les Etats-Unis vont s’enfoncer plus loin dans la crise où sont sur le point d’en sortir. La tentation est grande de poursuivre la tendance d’autant que le PMI manufacturier qui donne le pouls à venir de l’industrie, campe depuis maintenant 5 mois en dessous de 50, valeur qui marque la frontière entre expansion et contraction de l’activité. Hausse du dollar et ses conséquences sur la compétitivité du « made in US », doutes sur la capacité de l’économie américaine à encaisser la normalisation de la politique monétaire engagée par la FED, blocage des salaires ternissent un peu plus le tableau d’ensemble et font pencher la balance pour une majorité d’économistes du côté de l’amplification de la récession. Et s’ils avaient tort ? D’abord le caractère prédictif du PMI manufacturier est à relativiser. Il ne concerne en effet que l’industrie (11% de l’économie), actuellement impactée par la récession que connait effectivement le secteur pétrolier, et les débouchés émergents. Mais si je resserre l’observation sur les derniers mois, l’indicateur est en hausse depuis janvier. Ce mouvement mérite confirmation pour faire tendance, mais une chose est sure, la dégradation de la conjoncture dans l’industrie s’est adoucie depuis le début de l’année.

 

Surtout, le plus important n’est pas là. Le même indicateur, dans le secteur non-manufacturier qui mesure le niveau d'activité de l'ensemble du secteur des services aux Etats-Unis (du commerce de détail à l'immobilier, en passant par les services de communication, c'est-à-dire tout le secteur non-manufacturier), autrement dit le centre de gravité de l’économie américaine, ne raconte pas la même histoire : 1- Il n’est jamais passé en dessous du seuil fatidique des 50. 2- après s’être dégradé tout au long du second semestre il s’est nettement redressé en février et compense la faiblesse de l’industrie. Ce décalage entre industrie et services se voit parfaitement dans la répartition actuelle des créations d’emplois par secteur. Pour faire bref, les services compensent les difficultés du secteur pétrolier et la faiblesse des créations dans l’industrie, avec comme principal contributeur de la hausse, la construction, la restauration, le secteur de la santé et de l’assistance sociale, le commerce. Ainsi, les consommateurs tirent la croissance et une fois de plus l’économie américaine s’en remet à la puissance de sa demande domestique pour croitre et il est évident que les services ont pris le relais pour permettre la poursuite du rééquilibrage du marché du travail : le taux de chômage est en baisse et à 4,9% il dispose encore d’une marge de baisse. Mais attention comme le montre les derniers points, la décrue va se ralentir. Non-pas en raison de la faiblesse des créations, mais parce que nombre de travailleurs découragés pendant la crise, intègrent à nouveau le marché du travail, même s’il reste encore une marge de baisse avant de restaurer les niveaux standards d’avant-crise.

 

C’est d’ailleurs bien parce que les entreprises disposent encore d’une réserve de main d’œuvre que les salaires sont en partie figés et non en raison d’une rupture du lien entre tension du marché du travail et formation des salaires. Mais l’économie américaine se rapproche du point de bascule où les créations d’emplois vont mordre sur la formation des salaires et donner un coup de pouce à la consommation de quoi insuffler un nouvel élan à la croissance américaine qui devrait monter en régime confirmant bien que la reprise est devant nous.

 

Alexandre Mirlicourtois, La locomotive américaine se remet en marche, une vidéo Xerfi Canal TV


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Mots clés : Economie mondialePIBCroissanceEtats-UnisPMIManufacturierNon manufacturier

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