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09/02/201604:48

Xerfi Canal TV présente l'analyse d'Alexandre Mirlicourtois, directeur de la conjoncture et de la prévision de Xerfi

 

Le tapis rouge déroulé au Président Rohani, aussi bien à l’Elysée qu’au Medef a été la marque de retrouvailles très économiques entre la France et l’Iran. Et pour cause. L’Iran c’est d’abord un grand pays puisqu’en terme de développement, c’est-à-dire de revenu par habitant, elle fait jeu égal avec les émergents les plus avancés, le Mexique ou la Turquie par exemple, et qu’elle devance nettement l’Égypte, le Brésil ou la Chine. En termes démographique ensuite, avec une population qui avoisine les 80 millions d’habitants ce qui en fait le deuxième le plus peuplé de la région derrière l’Egypte (89 millions) et devant la Turquie (78 millions). C’est aussi un pays jeune, 54% de la population à moins de 30 ans, mais qui a fait du contrôle des naissances une priorité, passant de plus de 6 enfants par femme au milieu des années 80 à 1,92 aujourd’hui, c’est moins qu’en France. La famille iranienne paraît donc assez proche, du moins par sa dimension, du modèle occidental. Le niveau d’éducation de la jeunesse est un autre aspect méconnu. Le taux d’alphabétisation des 15-24 ans est proche de 99% chez les hommes comme chez les femmes et il y a en Iran plus d’étudiantes que d’étudiants. Le système éducatif iranien a su développer des points forts dans les domaines de la mathématique, de l’informatique, de la médecine. C’est tout un symbole, la médaille Fields, l’équivalent du Nobel pour les travaux en mathématiques, décernée seulement tous les quatre ans, a distingué en 2014 pour la première fois de son histoire une femme et elle est iranienne. L’Iran est ainsi un grand pays, jeune, éduqué, avide de consommer. Ce potentiel ne peut qu’aiguiser les appétits des industriels occidentaux. Car en dehors de sa richesse humaine, l’Iran est riche. Riche de ses sous-sols d’abord. L’Iran dispose des 4èmes réserves prouvées de pétrole et des 2èmes réserves de gaz et d’importantes ressources minières, cuivre, plomb, zinc. Le secteur pétrolier a certes décroché avec le durcissement des sanctions internationales à l’été 2012, mais leurs levées devraient automatiquement déverrouiller ce secteur clé de l’économie qui représente la source essentielle d’entrée de devises et la clé de voute des finances publiques. Le calcul est simple : l’Iran devrait produire 600 000 barils de plus par jours cette année et restaurer son niveau de production d’avant-embargo en 2017. Au cours de 30 dollars le baril, cela fait sur 2 ans 17,5 milliards de dollars de recettes supplémentaires. Avec un excédent du compte courant qui représente autour de 7% du PIB en temps normal, Téhéran dispose donc d’un important coussin financier, d’autant plus confortable qu’à la suite du retrait des sanctions , le gouvernement pourra accéder à certains de ses avoirs gelés détenus à l'étranger qui sont estimés entre 50 et 150 milliards de dollars, la fourchette est large. Mais avec les investissements étrangers cela donne les moyens financiers nécessaires pour remettre à niveau son appareil productif. Car c’est aussi méconnu, mais l’Iran dispose d’une réelle expérience en matière industrielle notamment dans l’automobile. En dépit de sa mise en quarantaine, l’Iran se situe dans le top 20 mondial des producteurs de véhicules avec près d’un million d’unités produites en 2014. C’est aussi le plus vaste marché de la région avec 1,1 million d’immatriculations. Les constructeurs français, notamment Peugeot, ne l’ignorent pas eux qui détenaient 40% du marché avant les sanctions.Le textile (c’est une tradition), l’agro-alimentaire (notamment l’industrie sucrière), l’armement sont également d’autres points forts. Mais attention, l’Iran n’est pas non plus un Eldorado. Le système financier est fragilisé par l’importance de créances douteuses (officiellement 13% du total des prêts donc certainement beaucoup plus), les banques internationales sont méfiantes et le resteront tant que la position américaine ne sera pas plus claire, l’environnement des affaires n’est pas favorable (l’Iran est classé 130ème sur 189 pays dans le classement Doing Business) sans ignorer évidemment la question des droits de l’homme dans ce pays où 700 personnes ont été condamnés à mort en 2014 selon Amnesty International… de quoi refroidir certains investisseurs mais qui a comme antidote la stabilité du régime Les lignes bougent et l’Iran a tout pour devenir l’un des pays émergents les plus dynamiques ces prochaines années.

 


Alexandre Mirlicourtois, Le potentiel économique de l'Iran, une vidéo Xerfi Canal TV


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Mots clés : Economie mondialePétroleBarilPays émergentsRohaniIran

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