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https://player.vimeo.com/video/130864863?autoplay=1 Alexandre-Mirlicourtois-Le-prix-du-petrole-va-rechuter-3841.jpg
18/06/201503:37

Xerfi Canal TV présente l'analyse d'Alexandre Mirlicourtois, directeur de la conjoncture et de la prévision de Xerfi

 

Depuis son plancher du 26 janvier dernier à 45 dollars le baril, le cours du pétrole est remonté jusqu’à 66 dollars début mai : un bond de 47% en 5 mois, de quoi faire resurgir les craintes d’un pétrole cher. Depuis, le prix oscille dans une bande étroite comprise entre 60 et 65 dollars pour le Brent. La question est donc bien de déterminer quel chemin va suivre le pétrole ces prochains mois. Notre scenario à Xerfi penche nettement vers une nouvelle décrue. Il faut rentrer dans les mécanismes de la formation des prix pour bien comprendre pourquoi. Du côté du marché réel d’abord, régit par la loi de l’offre et de la demande. Côté demande, la récession de 2008-2009, la crise à rechute en Europe et la perte de vitesse des pays émergents ont freiné l’évolution de la consommation. Bloqué à 0,6 million de barils supplémentaires en 2014, le surplus de demande attendue par l’agence Internationale de l’énergie (EIA) ne dépasse pas 1,4 million de barils cette année soit son rythme de croissance naturelle hors récession. En face, l’offre ne mollit pas. Bien au contraire. La révolution du pétrole de schiste a provoqué une flambée de la production pétrolière américaine et le mouvement ne faiblit pas : avec plus de 9,6 millions de barils produits par jour en moyenne début juin, les puits américains ont quasiment multiplié par deux leur activité depuis 2006 et il faut remonter  en juin 1969 pour retrouver trace d’un niveau aussi élevé, c’était il y a 46 ans. De son côté, l’Opep sous domination saoudienne est bien décidée à conserver ses parts de marché et refuse de baisser ses quotas. Quant à d’autres grands producteurs comme la Russie et le Venezuela, dos au mur, ils n’ont pas d’autres solutions que de produire plus pour maintenir leurs principales recettes extérieures. Conséquence c’est un véritable raz de marée de brut. Plus de 94,5 millions de barils sont arrivés chaque jour sur le marché en décembre dernier et la tendance n’est pas à la baisse. La barre des 95 millions est proche : la prévision de l’EIA est d’ailleurs de 95,3 millions de barils jours en moyenne pour cette année. Autant dire que, la surproduction n’est pas près de s’atténuer : après avoir déjà atteint le record de 1,1 million de barils jour en 2014, l’écart entre l’offre et la demande, devrait monter à 1,3 million cette année. Si l’analyse devait se terminer là, il n’y a aucun doute à avoir sur la trajectoire des prix. Mais il faut prendre en considération l’impact du dollar. Il existe en effet une relation inverse entre le dollar et le pétrole. Pour faire simple, lorsque le dollar monte (c’est la courbe en bleu) le cours du pétrole baisse (c’est la courbe en rouge). C’est parfaitement clair sur ce graphique aux échelles inversées. Statistiquement, le coefficient de corrélation entre janvier 2000 et mai 2015 est de - 0,92, ce qui révèle la force du lien entre cours du dollar et cours du pétrole. Or le dollar a cessé de s’apprécier depuis plusieurs semaines maintenant. Or nos prévisions vont dans le sens d’une prochaine remontée du billet vert. Le trou d’air de cet hiver a été ponctuel et les doutes sur la solidité de l’économie US (donc sur le timing de la remontée des taux) se sont en partie levés avec la très nette amélioration du marché du travail en mai et les multiples signaux d’accélération des salaires. La voie est donc dégagée pour une nouvelle baisse des prix pétroliers qui devrait trouver un nouvel équilibre autours de 55 dollars le baril d’ici la fin de l’année.

 

Alexandre Mirlicourtois, Le prix du pétrole va rechuter, une vidéo Xerfi Canal TV


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Mots clés : Matières premièresPétroleBarilBrentBrutOPEP

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