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14/01/201904:18

La réindustrialisation serait une chimère comme le montre le bulletin de santé particulièrement inquiétant de l’industrie manufacturière française : la balance commerciale des biens manufacturés reste notamment très dégradée avec encore quasiment 50 milliards euros de déficit en 2018, preuve de l’affaiblissement de notre force de frappe extérieure et de l’incapacité de l’offre à répondre à la demande domestique. A cela s’ajoute le recul du nombre de salariés travaillant dans l’industrie manufacturière, au plus bas depuis 20 ans, même si l’hémorragie semble au moins partiellement endiguée.


Ce diagnostic implacable, mérite d’être approfondi. Il faut s’appuyer pour cela sur les données de l’INSEE, en essayant de prendre en compte plusieurs phénomènes importants. D’abord le fait que l’industrie s’est recentrée vers des fonctions à plus forte valeur ajoutée. Il faut donc privilégier les indicateurs qui prennent le mieux en compte cet aspect qualitatif. Ensuite le fait que le périmètre de l’industrie a fortement évolué. Notamment parce qu’elle externalise des pans entiers de son process sur d’autres secteurs. Il est donc pertinent de prendre en compte toute une série d’activités B2B qui s’insèrent dans la chaîne de valeur industrielle. Mais aussi parce que des pans entiers de l’économie de service élaborent des produits complexes, échangeables à l’international et selon un process proche de l’industrie classique.


L’IPI ne montre pas de réindustrialisation


Première étape, partir de l’indice phare de suivi de l’activité industrielle, l’indice de production industrielle, l’IPI. Cet indicateur tente de cerner au plus près les quantités produites par l’industrie en pondérant les différents biens en fonction de leur poids dans la valeur ajoutée. Le partage entre prix et volume est désormais obtenu par chaînage, une technique qui permet de restituer la montée en gamme de la production. L’IPI est hausse en niveau absolu sur les 28 dernières années mais demeure aujourd’hui plus de 9% en dessous de ses pics de 2008. L’histoire racontée par l’indice de production industrielle en volume selon les comptes de branche de l’Insee est quasiment la même à ce détails près que le tableau est moins sombre en raison des différences entre les sources de données et les méthodes de calculs utilisées. En tout état de cause parler de réindustrialisation n’est à cette étape absolument pas justifiée.


Recentrage sur des opérations à forte valeur ajoutée


Le discours commence à changer dès lors que l’on passe à la valeur ajoutée du secteur manufacturier qui retranche les consommations intermédiaires et se concentre sur la richesse créée au sein de la branche sur le territoire. Elle croit nettement plus que la production et si la crise a laissé une empreinte durable, elle surplombe désormais son ancien record de 2008 de 1%. C’est peu mais c’est tout un symbole. C’est aussi la marque qu’en externalisant, l’assemblage à l’étranger ou certaines tâches de services sur d’autres branches, le secteur manufacturier s’est recentré sur les opérations à plus forte valeur ajoutée (à plus haute compétence donc). Il faut ensuite élargir le champ de l’analyse à toute une série de services à dominantes BtoB incorporés à l’industrie ou directement échangeables à l’international. Alors, non seulement les niveaux d’avant crise ont été restaurés mais l’activité a effectivement redécollé. Bref le contraste avec le diagnostic qui ressort de la seule observation de l’IPI est saisissant.


L’enjeu de l’industrie pour demain, c’est celui de son intégration réussie aux services, pour qu’elle adosse son offre à des solutions, à des usages toujours plus complexes et performants. Il ne faut donc pas avoir une vision trop étriquée du système productif industriel et un simple changement de perspectives peut modifier en profondeur et même radicalement le diagnostic d’une industrie à la dérive sans espoir de rebond.


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Mots clés : Economie françaiseIndustrieIndustrieBalance commercialeValeur ajoutéeIndustrie manufacturièreProduction industrielle

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