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Les Etats-Unis vont rester la locomotive de la croissance mondiale

Enregistré le mercredi 13 juin 2018 . 3 min. 49

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Les États-Unis vont rester la locomotive de la croissance mondiale

 

Une baisse massive de la fiscalité ; des vannes du déficit grandes ouvertes pour financer un vaste de plan de dépenses publiques quand une économie est en phase haute de son cycle c’est du suicide. La Banque centrale réagira à la bouffée d’inflation en durcissant brutalement sa politique monétaire et la récession est au bout du chemin. Et si cette économie c’est celle des États-Unis, alors c’est un risque systémique pour l’économie mondiale. Le nœud Gordien dans cette analyse c’est la place du pays dans son cycle. Or pour beaucoup d’économistes, la surchauffe est là, ou presque là aux États-Unis, après une des plus longues phases de reprise de l’après-guerre, avec comme première preuve, l’inflation. L’indice sous-jacent, c’est-à-dire l’indice excluant les produits à prix volatils ou soumis à l’intervention de l’État, est passé au-dessus de la cible des 2% et la tendance est à la hausse. Second indice, le taux de chômage. En dessous de 4%, il est à son plus bas niveau depuis décembre 1969. Le plein emploi n’est donc pas loin signe que l’économie va très vite buter sur des contraintes physiques.

 

Économie US, pas encore en tension

 

Le problème c’est que ces deux indicateurs donnent une indication très partielle de l’état de tension d’une économie. Le taux de chômage est un bon indicateur pour donner la température du marché du travail dès lors qu’il est mis en relation avec le taux d’emplois et les créations d’emplois. Or, le taux d’emplois, c’est-à-dire le rapport entre le nombre de personnes au travail et le nombre de personnes en âge de travailler reste encore écarté de près de 2 points de son dernier pic de 2006 et de 4 points environ de son record du 2ème trimestre 2000. En d’autres termes, il existe une réserve de main d’œuvre mobilisable. C’est bien d’ailleurs pourquoi, le rythme mensuel des créations nettes d’emplois (hors agriculture) ne mollit pas et reste stable autour de 200 000.

En d’autres termes, des Américains sortis du marché du travail, faute d’espoir de trouver un nouveau poste ou qui survivent grâce à l’expédiant de l’économie collaborative, et qui ne sont pas comptabilisés comme chômeurs reviennent à l’emploi. Cela veut dire que la croissance peut être encore supérieure au potentiel. C’est en regardant l’écart à la tendance, façon la plus usuelle de représenter le cycle, que l’on réalise à quel point ce dernier ne s’est pas encore pleinement déployé. L’output gap, calculé par l’OCDE, en d’autres termes, la différence entre le niveau réel du PIB et son potentiel (que permettrait notamment d’atteindre une utilisation optimale des capacités de production) ne dit rien d’autre. L’écart au potentiel était à peine supérieur à zéro en 2018. Pour totalement refermer cet écart, puis surplomber le potentiel, il faut une croissance supérieure au potentiel durant plusieurs trimestres.

 

Endettement des ménages américains : la purge est terminée

 

Le taux d’utilisation des capacités de production qui demeure encore en dessous de sa moyenne de longue période corrobore ce sentiment de cycle inachevé. Et sa remontée très graduelle plaide pour une poursuite du cycle de l’investissement. Ce dernier bénéficie en plus des retombées du boum des dépenses d’équipement de la filière pétrolière.

Quant aux ménages, la purge est terminée et si il y a un cycle d’endettement il est devant nous plus que derrière comme le suggère l’évolution du ratio de leurs dettes sur le PIB. Enfin il n’y a pas de bulle immobilière comme en 2008. Les prix des logements demeurent en deçà de leurs deniers pics, lorsqu’on les corrige de l’évolution générale des prix. Quant à la construction neuve, les mises en chantier sont très loin de leur niveau d’avant crise et sont cohérentes avec l’évolution de la population.

Le cycle de croissance américain n’a pas fini de déployer, et c’est bien pourquoi, au-delà de l’escalade des tensions commerciales entre les États-Unis, l’Union-Européenne, le Canada ou la Chine, on en oublierait presque que c’est une nouvelle fois l’économie américaine qui sera la locomotive de la croissance mondiale ces deux prochaines années.


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