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https://player.vimeo.com/video/123468084?autoplay=1 Alexandre-Mirlicourtois-Les-pannes-de-l-economie-allemande-2736.jpg
02/09/201403:52

Xerfi Canal présente l'analyse d'Alexandre Mirlicourtois, directeur de la conjoncture et de la prévision de Xerfi

 

L’Allemagne va-t-elle entrainer la zone euro vers le fond ? Avant l’été, la question aurait paru saugrenue. Oui, mais depuis, l’annonce d’une baisse de 0,2% de son PIB au 2ème trimestre a fait l’effet d’une douche froide. Et si l’Allemagne n’était pas si exemplaire ? En toute rigueur, il faut replacer ce -0,2% dans la séquence du trimestre précédant car cette contreperformance doit pour beaucoup à un début d’année tonitruant avec un 1er trimestre en hausse de 0,7%. Mais une hausse trompeuse car liée à un hiver exceptionnellement doux qui a permis à la filière construction de poursuivre son activité au moment où habituellement elle est à l’arrêt en raison des intempéries. C’est ce que montre l’évolution de la production dans le BTP avec une envolée de 4,6% au 1er trimestre, suivi d’un contrecoup tout aussi brutal avec une chute de près de 6%. Cela a bien évidement pesé dans la balance et explique en partie le mauvais chiffre du 2ème trimestre. Mais en partie seulement, car la perte de vitesse de l’économie allemande, a une autre composante : les ratés de son commerce extérieur. Dans son rapport, le ministère des Finances explique cette contreperformance par la crise ukrainienne et ses effets directs sur les exportations allemandes vers la Russie qui sont effectivement en baisse.

 

Toutefois, l’explication est un peu courte car le mouvement de recul est antérieur à la crise ukrainienne qui débute réellement en mars dernier à la suite du rattachement de l'ex-république ukrainienne de Crimée et de la ville de Sébastopol à la Fédération de Russie. Surtout, les sanctions comme l’embargo sont récentes et vont produire leurs effets seulement au 3ème trimestre. Non, plus simplement, le reflux des exportations allemandes en Russie accompagne la décélération de la croissance russe depuis la mi-2012. Et c’est bien là le principal problème de l’Allemagne. Non pas que la Russie plonge, avec 36 milliards d’euros, elle représente à peine plus de 3% des débouchés extérieurs allemands. Mais c’est le révélateur du lien de plus en plus fort qui unit la croissance allemande à celle des pays émergents : et si les exportations allemandes flanchent, c’est parce que les BRIC, dans leur ensemble, ont perdu leur allant comme le montre l’évolution synchrone des exportations allemandes et de la croissance des émergents. Or ce n’est pas dans une Europe atrophiée par l’austérité salariale et budgétaire que les exportateurs allemands peuvent se redéployer pour trouver des relais de croissance. Reste la demande intérieure, sauf  que l’Allemagne est rentrée dans le rang de la déflation européenne. Ses coûts horaires, qui semblaient s’orienter vers des rythmes de croissance annuels de 3-4%, ont soudainement décroché. La modération des bonus est passée par là. Cela semble parfaitement cohérent avec le passage à vide actuel du commerce de détail dont le chiffre d’affaires en volume fait grise mine et prend une direction inquiétante. Et ce sont finalement les chefs d’entreprise eux-mêmes qui donnent une précieuse information sur les perspectives à court terme de leur pays à travers l’indice Ifo à la fois dans sa composante instantanée, celle du climat des affaires actuel, que dans sa composante prévisionnelle. Les deux sont en baisse.

 

Bien entendu, les tensions géopolitiques pèsent, mais l’argument est trop court et l’Allemagne souffre aussi des limites de son modèle de développement. Après un -0,2% en T2, la croissance voisinera encore zéro en T3 faisant flirter le pays avec la récession. Cela ramène à 1,3% notre prévision de croissance sur l’ensemble de l’année.      

 

Alexandre Mirlicourtois, Les pannes de l'économie allemande, une vidéo Xerfi Canal


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Mots clés : Prévision et conjonctureEurope / Zone euro

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