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23/03/201604:39

Xerfi Canal TV présente l'analyse d'Alexandre Mirlicourtois, directeur de la conjoncture et de la prévision de Xerfi

 

Notre classement de l’évolution des revenus des ménages par villes permet de mieux cerner la disparité des territoires. Dans, une logique « perdant-gagnant », un premier constat s’impose : les plus grandes villes sont aussi les plus grandes gagnantes de la période récente. Sur les 10 principales métropoles, qui comptent toutes plus de 200 000 habitants, le pouvoir d’achat du revenu médian, c’est-à-dire celui d’un ménage moyen situé à mi-chemin entre les plus riches et les plus pauvres, s’est élevé de 4,1% entre 2006 et 2011. C’est 3 fois plus rapide que la moyenne des villes de plus de 20 000 habitants.

 

C’est à Bordeaux que la progression a été la plus rapide avec une hausse de 6,8%. Paris n’est pas en reste avec une hausse de 6,2%, c’est la deuxième meilleure performance. Seule Strasbourg est à contre-courant et affiche une légère baisse. Et il existe, bel et bien, une fracture avec les communes qui suivent dans le classement. En excluant de la liste les villes de banlieue parisienne pour ne pas brouiller l’analyse, le décrochage des performances est alors très net : la hausse n’atteint plus que 1,4%( contre 4,1% pour l’étage supérieur) et 6 villes (Reims, Saint-Etienne, le Mans, Limoge, Tours et Mulhouse) sur 21 sont en baisse ou totalement bloquées. C’est près d’une sur trois.

 

En fait seules, Toulon, Grenoble et Villeurbanne souffrent la comparaison avec le top 10 et l’analyse complète montre que sur les 404 villes de plus de 20 000 habitants, 131 se sont paupérisées, soit plus de 3 sur 10. Le constat est là : les grandes métropoles siphonnent ou captent une part croissante des revenus. Le deuxième constat est plus géographique.  Il suit une courbe qui scinde le territoire en deux en partant de Saint Malo jusqu’à Lons le Saunier en passant par Limoges. C’est au-dessus de cette frontière, c’est-à-dire dans un très large quart Nord-Nord-Est que les difficultés se concentrent massivement.

 

Une fois de plus l’Ile-de-France a été retirée de l’analyse pour mieux dégager les faits saillants. Hors Paris et la région parisienne donc, 19 des 20 villes (soit 95%) dont le revenu de la population s’est le plus fortement contracté se situent dans le cadran supérieur de la carte avec par ordre d’apparition : Bois Guillaume en Normandie, Forbach, Béthune, Laon, Colmar, Echirolles, jusqu’à Boulogne sur Mer. Seul Eysines en Gironde, vient perturber cet ordre bien établi. A l’opposé, le pouvoir d’achat est en forte progression dans les communes localisées dans le cadran inférieur. Avec là aussi selon l’intensité des variations, Annemasse qui arrive en tête suivi de Bordeaux, Marignane en passant par les deux principales villes Corse, Lyon Toulouse font partie de cette liste qui se termine à Sète. Seules deux villes appartenant au cadran supérieur, Lille et la Madeleine se placent dans cette short-liste. Reste un cas à part à traiter : Paris et la région parisienne. Juste pour planter le décor :  sur les 10 villes de plus de 20 000 habitants les plus riches, 10 font partie de l’Ile de France de Neuilly sur Seine, en passant par Saint-Cloud, Vincennes et Sèvres. Les 10 suivantes, sont toutes également localisées en Ile de France. Il faut aller un cran plus loin pour trouver une commune qui ne soit pas une ville francilienne. Et encore, il s’agit de Bois Guillaume-Bihorel dans l’agglomération de Rouen, deux communes qui ont divorcé le 31 décembre 2013 à minuit ! Cette photo, ne doit pas non plus faire oublier les dynamiques des villes proches de la capitale, car Paris rayonne et entraine avec elle nombre de villes de banlieue comme, Vincennes, Malakoff, Le Plessis Robinson, jusqu’à Bois-Colombes.

 

Les habitants de cette première couronne, plutôt située à l’Ouest, ont vu leur pouvoir d’achat progressé de plus de 7%. Suivent de très près plus d’une dizaine de villes où la hausse a été supérieure à 7%. Si le flan Est est un peu mieux représenté avec Nogent sur Marne ou Alfortville, c’est au Nord et à l’Ouest que la concentration est la plus forte.  Sur les 50 villes affichant la plus fortes progressions du revenu de leurs habitants, près de 7 sur 10 sont situées en région parisienne. Ce bilan est impressionnant mais il ne doit pas faire oublier que c’est aussi dans ces villes que les écarts de richesse sont les plus importants comme le risque d’implosion sociale.

 

Alexandre Mirlicourtois, Les revenus par ville : les gagnants et les perdants, une vidéo Xerfi Canal TV


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Mots clés : Consommation et ménagesEconomie françaiseMétropoleCommunesParisVillesBanlieue

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