Xerfi Canal présente l'analyse d'Alexandre Mirlicourtois, Directeur des études de Xerfi
C'est un début d'année à haut risque pour le gouvernement. Environnement économique compliqué oblige, trois indicateurs seront particulièrement suivis. Le premier ? Le niveau des taux auxquels la France emprunte. Leur niveau général est très largement tributaire de l'équilibre sur le marché mondial des fonds prêtables mais il reflète aussi plus spécifiquement le sentiment des opérateurs sur les perspectives financières françaises. Du niveau de ces taux dépend le montant remboursé chaque année par l'État français.La France n'a jamais emprunté aussi bon marché. Début janvier, Paris a levé 8 puis 7 milliards d'euros, dont 3,5 milliards à 10 ans au taux de 2,07%. C'est moins que les 2,22% de fin octobre pour la dernière opération comparable. En clair, la France emprunte moins cher qu'avant la perte officielle de son triple A par Moody's. Mieux encore. Paris bénéficie de taux négatifs à très court terme depuis cet été. Ce qui signifie que les investisseurs perdent de l'argent en prêtant à la France. Juste quelques chiffres pour bien comprendre l'enjeu. La France doit emprunter 169 milliards cette année. Et un écart de seulement quelques dizaines de points de base se traduit à terme par une économie de plusieurs centaines de millions d'euros sur le budget. Le deuxième indicateur clé, ce sont les dépenses de consommation des ménages dont le niveau conditionne très largement la principale rentrée fiscale de l'Etat, autrement dit la TVA. Or, les ménages sont sur la défensive depuis plusieurs trimestres déjà. Résultat, ils freinent leurs dépenses et seule l'inflation soutient la consommation. A moins de 2% en moyenne sur un an, le rythme de progression de la consommation en valeur est au plus bas depuis le printemps 2010. Un ralentissement qui met en péril les rentrées de TVA. Le risque, est bien que le manque à gagner se creuse davantage après un mois d'octobre déjà compliqué. C'est toute l'équation budgétaire qui serait alors remise en cause. Or le chemin semble déjà pentu pour atteindre les 137 milliards d'euros de rentrées de TVA programmées en 2012. Que dire alors des 141 milliards budgétés pour 2013? Sans surprise, enfin, le dernier indicateur c'est le déficit public. Déjà parce que les engagements les plus fermes du gouvernement portent sur sa réduction. L'objectif ? Descendre sous la barre des 3% cette année. Alors c'est vrai, vu la réduction de 3 points environ du déficit public entre 2009 et 2012, cet objectif semble crédible. Mais c'est une vision trompeuse. Car ces évolutions annuelles masquent une tendance spontanée beaucoup moins flatteuse, liée à la conjoncture. En d'autres termes, si les mesures correctrices prises depuis cet été n'ont pas le rendement espéré, le déficit n'atteindra pas la cible espérée. Le gouvernement risque là sa crédibilité. Taux d'intérêt, consommation et trajectoire trimestrielle du déficit public seront sans aucun doute les trois indicateurs clés de ce début d'année.
Alexandre Mirlicourtois, Les trois clignotants décisifs pour le gouvernement en 2013, une vidéo Xerfi Canal
Publié le jeudi 24 janvier 2013 . 3 min. 18
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