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ACCUEIL ECONOMIE Décryptage éco Pas de hausse des salaires...
https://player.vimeo.com/video/233846160?autoplay=1 Alexandre-Mirlicourtois-AMI-Pas-de-hausse-des-salaires-malgre-la-reprise-6691.jpg
20/09/201703:29

Le salaire moyen par tête a progressé de 1,3% en France en 2016. C’est peu, et il ne faut pas s’attendre à énormément mieux cette année ni même l’année prochaine malgré la décrue du chômage. Car les salaires sont les grands absents de la reprise, et ils restent sous pression même là où le chômage a fortement décru. En disant cela, j’ai en tête l’Allemagne, le Royaume-Uni et les Etats-Unis. De l’autre côté de l’Atlantique, malgré un taux de chômage tombé à 4,2% les salaires progressent d’à peine 2,5%. Il y 20 ans pour un taux de chômage équivalent, ils augmentaient de 4% environ, il y a 45 ans de 6%.


L’accélération des salaires est pourtant traditionnellement le mécanisme par lequel les économies en proue de la reprise s’engagent dans une dynamique franche et exercent un pouvoir d’entrainement sur leur voisinage. Mais là, rien ou presque rien.


Le cercle vicieux déflationniste


La première raison, on la connaît bien : décalage conjoncturel entre les différentes régions du monde, décrochage des émergents pendant la récession, surproduction structurelle, ont pesé sur la dynamique mondiale de la croissance et ont continuellement entretenu les pressions déflationnistes.


L’enchaînement est alors le suivant : confrontées à un déséquilibre global entre l’offre et la demande, les entreprises de technologies inférieure et intermédiaire sont à la lutte pour les parts de marché et condamnées à baisser leurs prix. Mais comme les gains de productivité sont insuffisants, elles n’ont pas d’autre choix que de comprimer les salaires : c’est une condition indispensable pour maintenir les marges et les profits. Ces pressions ont été très fortes dans les pays avancés, notamment en France.


L'inévitable fragmentation de l'emploi fait pression sur les salaires


Seconde raison : la baisse du chômage ne signifie pas pour autant que les économies se soient rapprochées de façon significative du plein emploi. Le taux d’emploi américain, c’est-à-dire la part des personnes en emploi par rapport à la population en âge de travailler, a considérablement décru depuis le début des années 2000. En Allemagne ou au Royaume-Uni, les taux d’emploi sont certes élevés, mais il suffit de regarder la montée du temps partiel chez les hommes en 10 ans, et surtout du temps partiel extrêmement court, pour comprendre que le plein emploi reste très relatif.


Cette fragmentation de l’emploi sape sans conteste le pouvoir de négociation des moins qualifiés. Et il faut certainement y ajouter des phénomènes d’hystérésis liés à la grande récession, qui ont maintenu sous l’étouffoir les revendications salariales.


Enfin, la déstabilisation des emplois de qualification intermédiaire due à l’irruption des technologies numériques joue un rôle décisif. L’ubérisation est une transformation inévitable du tissu productif. C’est le travail à façon ou à la tâche qui revient sur le devant de la scène, et avec lui le risque d’enchères inversées concernant la rémunération du travail.


La courbe de Phillips est-elle encore valable ?


Tout cela met en péril la stabilité de l’emploi et fait pression sur les rémunérations. Partout, la pression à plus d’agilité entraine le développement des formes intermittentes de travail, via les CDD courts, le free-lance, l’auto-entrepreneuriat, le temps partiel court, l’intérim, les contrats zéro heure, etc.
La courbe de Phillips mise en évidence en 1958, illustrant une relation négative entre le taux de chômage et l'inflation ou le taux de croissance des salaires nominaux, n’est peut-être pas obsolète, mais il est clair qu’elle risque d’être encore sérieusement malmenée dans les années qui viennent.

 

Alexandre Mirlicourtois, Pas de hausse des salaires malgré la reprise, une vidéo Xerfi Canal.


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Mots clés : Emploi, salaires, travail RémunérationSalaireRepriseChômageEmploiUberisation

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