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C’est un symbole fort : la Grande-Bretagne est la seule nation du G7 à avoir subi fin janvier 2022 une réduction de ses perspectives de croissance pour 2023 par le FMI. Si la récession s’éloigne pour certains, ce n’est visiblement pas le cas pour le Royaume-Uni.


Coup de massue sur le revenu des ménages


Deux ans après sa sortie effective de l’Union européenne, l’économie britannique se trouve en situation de faiblesse avec un climat social tendu, sur fond de crise du coût de la vie. La situation est pour le moins critique et nombre de Britanniques sont étranglés par une inflation à 2 chiffres. C’est le plus mauvais résultat des membres du G7 et la plus forte augmentation depuis plus de 40 ans. Si la hausse des prix est plus virulente qu’ailleurs c’est, entre autres, que faute de marges de manœuvre budgétaires, le bouclier énergétique a été moins protecteur, notamment qu’en France.


Un véritable coup de massue sur le revenu des ménages qui avait été déjà attaqué le 1er avril 2022 après la hausse des cotisations sociales prélevées à la source sur les salaires. En recul de plus de 2,5% l’année dernière, le pouvoir d’achat par habitant est tombé fin 2022 à son niveau du 1er trimestre 2017. La violence du choc a fait sombrer le moral des ménages. Mesuré par l’OCDE, il est même tombé à son plus bas niveau à l’été 2022 depuis 1974, date du début de l’enquête et il stagne depuis. Même pendant le 1er et le 2nd choc pétrolier, même au plus fort de la guerre des Malouines en 1982, de la grande récession de 2008-2009 ou de la crise de la Covid, jamais cet indicateur n’est tombé aussi bas.


La hausse des taux ponctionne le reste à vivre d’une partie de la population


Le contexte n’est assurément pas propice aux achats comme le montre le recul des ventes au détail depuis avril 2022, signe d’une consommation enfoncée. Elle l’est d’autant plus pour les accédants à la propriété. En cause, la brutale remontée des taux d’intérêt menée par la BoE qui a fait passer son principal taux directeur de 0 ou presque à 4% afin de combattre l’inflation et la dépréciation de la livre. C’est beaucoup plus énergique que la politique menée par la BCE. Au-delà même des conséquences directes de cette fermeté sur le crédit à la consommation, il faut partir de ce constat : contrairement à la France où les emprunts se font à taux fixe pour vingt ans, voire plus, au Royaume-Uni, les prêts à taux variables sont plus largement répandus. Sur 8,5 millions de foyers qui détiennent un emprunt hypothécaire outre-Manche, plus du quart ont un crédit directement indexé sur le taux d’intérêt directeur. Les autres ont des taux qui sont fixes, mais sur une courte période (entre deux et cinq ans seulement) qu’il faut renouveler après ces échéances.


La hausse des taux, c’est donc une ponction directe sur le reste à vivre d’une partie de la population. C’est aussi bien évidemment un rude coup pour le marché de l’immobilier. Selon la Banque d’Angleterre, seuls 35 612 crédits immobiliers ont été accordés par les banques en décembre dernier, du jamais vu sur un mois depuis le plancher de la grande récession de 2008-2009 (en-dehors du printemps 2020 lors du grand confinement). Et, sans parler encore de krach, les prix dans l’ancien sont en baisse continue depuis 5 mois maintenant, avec à la clé des effets richesse négatifs.


Des obligations indexées sur les prix


Les entreprises font donc face à une demande des ménages enfoncée, sans réelle prise de relais par l’extérieur. Les volumes exportés ont à peine retrouvé leur niveau d’avant pandémie, le déficit extérieur est devenu abyssal et le solde courant ne s’améliore pas, représentant encore -4% du PIB environ.


Un déficit d’autant plus problématique à financer que depuis le Brexit, la capacité du pays à attirer les investisseurs étrangers s’est amoindrie et que La City a perdu un peu de sa superbe. Et cette attrition de la base fiscale, d’origine intérieure comme extérieure, pèse mécaniquement sur les finances publiques qui ont dû également encaisser le coût lié à la pandémie : le déficit public s’est considérablement creusé et l’endettement a fortement augmenté. Alors certes, le pays semblait sur la bonne voie, mais c’était sans compter sur le retour de l’inflation.


Un quart de la dette publique est composé d’obligations indexées sur les prix, ce qui a entrainé en fin d’année une explosion des intérêts payés, les portant pour la 1re fois à plus de 100 milliards de livres, l’équivalent de 4,2% du PIB, un record.

L’amélioration des finances publiques en 2022 masque ainsi une forte détérioration en fin d’année qui se verra dans les comptes de 2023. Et c’est bien pourquoi, facteur aggravant, le pays se dirige, en plus de la récession, vers l’austérité. Mais il faut bien rassurer les marchés au risque sinon de voir la livre attaquée et les taux souverains s’envoler. Le précédent de l’éphémère 1er ministre Liz Truss est là pour le rappeler.


Tous les déboires du Royaume-Uni ne sont évidemment pas les conséquences de son divorce avec l’Europe. Mais force est de constater que 2 ans après le Brexit, rien ne va plus de l’autre côté de la Manche.


Publié le mardi 7 février 2023 . 4 min. 55

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