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22/05/201206:10

Xerfi Canal présente l'analyse d'Alexandre Mirlicourtois, directeur des études de Xerfi

L’économie française est en panne, c’est ce qu’a confirmé l’INSEE avec un zéro pointé pour la croissance au premier trimestre. Et aucun rebond n’est attendu pour le second trimestre. Dans ces conditions, les 0,5% prévus par le gouvernement apparaissent comme un objectif ambitieux. C’est d’autant plus vrai qu’on voit mal d’où pourrait venir une accélération franche de l’activité au second semestre. Autant dire que l’année 2013 débutera avec un lourd handicap. Les 1,7% de croissance espérés par la nouvelle équipe au pouvoir sont hors de portée. Selon les prévisions de Xerfi, la croissance atteindra 0,4% en 2012 et ne dépassera pas 1% en 2013, sans un changement volontariste des politiques économiques en Europe. Le scénario est très sombre, d’autant que l’environnement extérieur de la France est plombé. Sur nos 5 premiers clients, 3 (l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni) sont en récession et seulement 2 (l’Allemagne et la Belgique) sont encore en progression. En d’autres termes, la demande mondiale adressée à la France est vitrifiée. Ce n’est donc certainement pas de l’extérieur que viendra le sursaut. C’est du reste une tendance lourde. Depuis 2002, la contribution du commerce extérieur à la croissance d’ensemble a systématiquement été négative. Reste donc les forces vives de la demande intérieure. Notamment la principale, la consommation. Mais le constat est tout aussi déprimant : les ménages sont en panne. Alors certes, la consommation n’a pas décroché au 1er trimestre. Trimestre qui s’est soldé par une progression de 0,2%. Un chiffre modeste, et en trompe l’œil, car il doit tout à la seule flambée des dépenses d’énergie, consécutive à la vague de froid de février. Le poste « énergie-eau-déchets » a bondi de 7,6% sur les 3 premiers mois de l’année. Sans cet incident qui a pesé sur le budget des ménages, la consommation aurait baissé. Car ce n’est pas l’ersatz de hausse dans les services (+0,1%) qui aurait pu compenser la chute de 0,5% des achats de produits manufacturés. Au-delà de l’aléa climatique, les reculs enregistrés dans l’hôtellerie-restauration, les services aux ménages, l’équipement du logement ou le textile cuir traduisent bien la position de repli des ménages. Et la donne ne changera pas en cours d’année. Le pouvoir d’achat par unité de consommation, c’est-à-dire qui tient compte à la fois de la croissance de la population et de la structure des ménages, a reculé aux 3ème et 4ème trimestres 2011. Et tous les paramètres convergent pour que le mouvement s’accentue en 2012. Du coté des ressources, on sait que les entreprises n’ont plus aucune marge de manœuvre. Il n’y a donc pas grand-chose à attendre de l’évolution des salaires en 2012. Pire : compte tenu de la situation des comptes publics, un nouveau tour de vis fiscal est plus que probable après l’été. Côté prix, ce n’est pas mieux. Depuis maintenant un an, l’inflation campe au-dessus de 2%. Et, le retour durable sous ce seuil des 2% n’est pas encore d’actualité. Le constat s’impose: le pouvoir d’achat par unité de consommation reculera en 2012. Il reculera de 0,7% selon notre prévision. Avec un tel scénario, les Français auront du mal à consommer davantage. Certains même devront consommer moins. Ce qui nous mène droit, selon notre prévision, à une consommation globale étale, en hausse de seulement 0,3% cette année et de 0,7% en 2013. C’est bien loin des moyennes annuelles enregistrées entre 2000 et 2010. Du côté de la dépense publique, le durcissement budgétaire ne fait que commencer et il ne faudra pas compter sur un quelconque rebond de la consommation publique ces prochaines années pour soutenir la croissance. Reste les entreprises et leurs dépenses d’équipement pour dynamiser l’ensemble. Et là aussi c’est la douche froide. Après une fin d’année 2011 très dynamique, l’investissement des entreprises a violement décroché début 2012. Une rechute qu’il convient de relativiser. C’est la brutalité des à-coups des achats de matériels de transport qui expliquent ce yo-yo de l’investissement. Des achats de matériels de transports qui se sont effondrés de 13,5% après un bond de 10,4% le trimestre précédent. A l’origine de ce yo-yo, le renouvellement massif des flottes automobiles fin 2011. Un renouvellement qui n’a pas survécu à la fin des mécanismes d’incitation (primes à la casse, bonus écologique). Débarrassée des achats de matériels de transport qui brouille la lecture, la situation n’est guère reluisante. L’investissement en « autres » matériel industriel est orienté à la baisse et le 1er trimestre ne déroge pas à la règle avec un recul de 0,8% par rapport à la même période de 2011. La faiblesse de l’investissement reste donc très préoccupante Et on retrouve ici un problème chronique de l’économie française, le sous-investissement des entreprises. Comparé à l’Allemagne, le taux d’effort d’investissement en machines et équipement est structurellement plus faible en France. Rapporté au PIB l’écart est environ de deux points. Et ce n’est pas une politique de réduction accélérée des dépenses publiques qui réglera le problème crucial du sous-investissement des entreprises en France. Dans ce contexte, on comprend que François Hollande freine des 4 fers pour s’aligner sur les exigences allemandes d’assainissement accéléré des comptes publics. Même les gouvernements conservateurs d’Europe du sud prêtent désormais une oreille attentive à la revendication française d’un volet de croissance ajouté au pacte européen. Car personne ne peut se permettre de relancer tout seul, ce serait suicidaire. Aucun pays n’en a les moyens. Aucun, sauf l’Allemagne, dont tout le monde attend qu’elle accepte enfin de jouer le rôle de locomotive de la zone euro. Une Allemagne qui pourrait utiliser ses marges de manœuvre budgétaires. Une Allemagne qui devrait lever son véto sur la mutualisation d’une partie de la dette souveraine. Une Allemagne qui ne serait plus opposée au soutien de la croissance par la  BCE et la Banque Européenne d’Investissement. Une Allemagne qui serait encouragée à jouer plus collectif. Sans un changement d’état d’esprit dans l’équipe européenne, le compteur de la croissance française est déjà bloqué pour 2013.

Alexandre Mirlicourtois, France prévisions 2012-2013 : compteur bloqué, une vidéo Xerfi Canal



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