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Mieux soutenir la pérennité de l'industrie nationale

Publié le mardi 5 janvier 2021 . 5 min. 57

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Dès le début du premier confinement, le gouvernement a déployé des mesures de soutien à l’économie. Ces diverses mesures ont permis de limiter les effets de la mise à l’arrêt ou au ralenti de nombreux secteurs.

Le plan de relance de 100 milliards d’euros, annoncé en septembre dernier, vient en prolongement de ces mesures. Il a été fondé sur l’impact du premier confinement alors même que la fin de crise est incertaine. L’industrie est une des principales bénéficiaires, pourtant ces mesures seront-elles suffisantes pour préserver et renforcer notre base productive ?

En effet, il est conçu de manière relativement classique, quand la crise actuelle ne l’est pas. Le moment est critique pour notre industrie, qui fait face à une menace de décrochage que le plan ne semble pas prendre en compte.

Cohésion, compétitivité et écologie sont au cœur du plan de relance dont la mesure principale est la baisse de 10 milliards des impôts de production. 1 milliard d’euros sont également consacrés aux projets de relocalisation.

Certaines mesures non fléchées directement vers les industriels pourront également leur profiter comme celle sur la formation. Bien que cette dernière semble insuffisante pour accompagner les mutations à venir dans notre économie et les conséquences sociales largement sous-estimées.

Le plan de relance soulève des questions :
Un risque d’effet de saupoudrage : de nombreuses petites mesures dont on peut questionner l’impact durable sur l’économie
- Un risque d’attirer des chasseurs de prime et de favoriser les comportements opportunistes
La capacité réelle de décaissement et donc d’impact sur l’économie : par exemple, sur les 57 milliards annoncés pour le plan d’investissement d’avenir seulement 25,5 milliards ont été décaissés en 10 ans
- Le transfert de certaines mesures prévues vers le plan de relance
Un questionnement sur l’impact réel des investissements : l’outil productif est vieillissant, les investissements doivent en priorité favoriser la modernisation pour améliorer la productivité, la différenciation, l’adaptation à la demande et le rapatriement de volumes sur les sites de production français
- Un faible impact sur la création d’emplois
- Une bureaucratisation du soutien à l’industrie : multiplication des dispositifs, complexité des dossiers, etc.
- L’insuffisant soutien à la mutation des grands groupes publics ou parapublics,
- L’absence ou la faible demande de contreparties aux bénéficiaires.

Le gouvernement a fait le choix d’une politique de l’offre considérant que les ménages avaient été épargnés au regard des mesures de chômage partiel. Il s’agit d’une vision macro-économique qui ne prend pas en compte la disparité des situations avec une perte de revenus pour de nombreux ménages, risquant d’accentuer les inégalités.

En outre, le contexte morose et le manque de perspectives vont accentuer les mécanismes d’épargne de précaution, au détriment de la consommation. La France risque donc de souffrir d’une double faiblesse :
- Une demande interne en berne,
- Une faible capacité d’exportations
Or, le meilleur soutien à l’industrie française est d’avoir une demande structurée pour des produits français.

Le PGE a permis temporiser les problèmes de trésorerie des entreprises, qui pour plusieurs d’entre elles l’ont demandé par « sécurité » mais a également augmenté leur niveau d’endettement. Il a permis également de maintenir en vie artificiellement des entreprises. Un indicateur interpelle : -40% de défaillances d’entreprises en septembre 2020 vs septembre 2019. Que va-t-il se passer quand les PGE arriveront à échéance ?

Autre sujet, les mesures de renforcement de fonds propres ne sont pas à la hauteur des besoins. Le renforcement des fonds propres est nécessaire pour assurer la capacité d’autofinancement des entreprises et leur donner une capacité à résister aux chocs futurs. Les prêts participatifs sont une réponse, mais il faut aller plus loin :
- En revoyant les échéances de remboursement,
- En donnant à l’État un rôle d’assureur en dernier ressort pour encourager les particuliers à investir, tout en se rémunérant pour sa fonction d’assureur.

Enfin, si la baisse des impôts de production répond à une demande des entreprises, il s’agit d’une mesure structurelle et non conjoncturelle dont les effets ne seront pas immédiats. S’il apporte une réponse à la compétitivité des entreprises, cette mesure prive les collectivités locales d’une ressource. Or, on sait que la capacité d’investissement locale est un facteur d’attractivité de nos territoires, qui devront aussi rebondir post-crise.

Le moment est historique pour redresser notre industrie, mais au-delà du plan de relance, il faut se doter d’une vision et se doter de moyens à la hauteur de la période.
Aux industriels de se moderniser, de faire évoluer leur modèle économique, d’investir dans l’innovation et le capital humain.
Aux pouvoirs publics nationaux et européens de se doter des moyens pour protéger nos actifs stratégiques et pour préserver notre économie de produits importés ne respectant pas nos standards environnementaux et sociaux de production.


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