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La dette publique de la France suscite régulièrement le débat, mais pas celle des entreprises françaises. A tort, selon le Haut Conseil de Stabilité Financière, l’organisme chargé de surveiller le système financier français afin d’éviter les prochaines crises, qui s’inquiète de la montée de l’endettement des entreprises.

 

Ainsi, au deuxième trimestre 2017, dernière donnée connue, la dette des entreprises françaises non financières s’établissait à 1600 milliards d’euros : 1000 milliards de crédits bancaires et 600 milliards d’emprunts sur les marchés financiers. Ce n’est pas tant le niveau que la dynamique de cette dette qui inquiète le Haut conseil : depuis le dernier trimestre 2010, elle a progressé de l’équivalent de 11,5 points de PIB, contre une baisse de 2,6 points pour l’ensemble de la zone euro. La France est, nettement, à contre-courant de ses partenaires européens.

 

Des entreprises françaises à contrecourant

 

Un regard plus précis montre que l’essentiel de cette dette tient au comportement des grandes entreprises dont l’endettement sur les marchés financiers a beaucoup plus fortement progressé (+ 48 % entre 2011 et 2017) que l’endettement bancaire (+ 9 %). Les grosses firmes, qui disposent d’un accès direct aux marchés, ont voulu bénéficier de la baisse des taux d’intérêt de ces dernières années qui leur offre un coût moyen du crédit à 0,8 %.

 

A quoi sert l'argent emprunté ?

 

Même avec un coût d’emprunt faible, la question essentielle est de savoir à quoi sert l’argent emprunté. De ce point de vue, une analyse récente de l’Insee pointe deux bonnes nouvelles. D’une part, les entreprises françaises ont investi : à la fin 2016, le taux d’investissement (l’investissement sur la valeur ajoutée) se situait  à 23,3 %, un plus haut historique depuis 30 ans. D’autre part, elles ont accru leur trésorerie : échaudées par la crise, les entreprises françaises ont adopté un comportement d’épargne de précaution qui les protège de secousses possibles.

 

Des entreprises qui s’endettent pour investir et accroître leur trésorerie, où est le problème ? On en a une première idée lorsque l’on ramène la dette nette (la dette moins la trésorerie) à la valeur ajoutée, c’est-à-dire à la richesse issue de leur activité de production. On s’aperçoit alors que la première a tendance à monter plus vite que la seconde, signe d’un décalage croissant entre les activités financières et celle de l’économie réelle. Un jeu dangereux.

 

A la spéculation financière

 

Le pari est tentant pour les grands groupes, les plus concernés. Ils empruntent peu cher sur les marchés et se servent en partie de l’argent pour acheter des actions, dont les cours montent. Ou bien pour racheter d’autres entreprises, en particulier à l’étranger, et profiter du fait qu’avec l’euphorie boursière de ces dernières années, la valeur en Bourse de nombre de sociétés est supérieure à la valeur comptable de leur capital : la différence les oblige à payer cher ces acquisitions – elles s’endettent pour cela – mais elle leur permet d’enregistrer cette « survaleur » ou « goodwill » comme disent les comptables.

 

On note bien une hausse des goodwill dans les comptes des groupes les plus endettés, s’inquiète le Haut Conseil. Et on constate effectivement que les investissements financiers connaissent une hausse marquée chez des entreprises dont la dette nette progresse, complète l’Insee. Un comportement en complet décalage avec le reste de la zone euro.

 

L'avertissement du Haut Conseil de Stabilité Financière

 

Des acquisitions risquées qui parient sur le maintien de taux d’intérêt faibles, de marchés financiers euphoriques et de valorisation comptables liées à ces marchés en hausse ? On comprend mieux les inquiétudes du Haut Conseil de Stabilité Financière.

 

Il veut absolument éviter que si les paris financiers des entreprises devaient s’avérer perdants, cela se traduise par des problèmes de remboursement des emprunts aux banques. C’est pourquoi il a clairement fait passer le message à ces dernières qu’elles devaient limiter leur exposition à ce risque. Sinon, il a les moyens de leur imposer des coûts supplémentaires pour la limiter et, de ce point de vue, il « se tient prêt à agir à tout moment en 2018 ».

 

Qu’il n’hésite pas : en cas de pépin, ce seront d’abord les salariés qui paieront la note.


Publié le jeudi 8 février 2018 . 4 min. 18

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