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Pourquoi le coût de la dette française va rester faible

Publié le mardi 18 décembre 2018 . 3 min. 12

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On a pris l’habitude dans le débat public de mesurer la dette publique en pourcentage du PIB. C’est une façon de faire courante et qui facilite les comparaisons internationales. Mais qui n’a pas forcément grand sens sur le plan économique. La dette est un stock accumulé que l’on ramène à un flux, la production de richesse d’une année. Et il n’y a pas de niveau de dette sur PIB prédéterminé qui permette de savoir si le niveau est soutenable ou pas.

 

De manière plus pertinente, on peut s’intéresser au coût de la dette. Les intérêts payés chaque année en pourcentage du PIB ramène un flux à un flux. Et une montée rapide du ratio signale un problème certain. De ce point de vue, le coût de la dette publique française est nettement orienté à la baisse : la France ne paie pas plus aujourd’hui que ce qu’elle payait quand sa dette ne représentait que 20 % de son PIB.

 

Lorsque les banques centrales, notamment la Banque de France, se sont engagées dans des politiques monétaires restrictives pour lutter contre l’inflation, les taux d’intérêt ont beaucoup monté. Cela s’est ressenti sur les intérêts à payer sur la dette publique qui ont culminé à l’équivalent de 3,5 % du PIB en 1997.

 

Depuis, le coût de la dette française n’a cessé de diminuer.

La perspective de la création de la zone euro a donné confiance aux investisseurs qui ont largement financé à bas coûts les dettes publiques européennes – quelques fois avec trop de zèle, sans apprécier suffisamment les capacités de remboursement des pays, comme en Grèce.

Par la suite, l’épargne mondiale disponible pour s’investir s’est retrouvée à un niveau plus élevé que ce que les entreprises et les administrations publiques étaient prêtes à investir, poussant le loyer de l’argent, les taux d’intérêt, à la baisse.

 

Après la crise financière et celle de la zone euro, les politiques monétaires des banques centrales ont contribué par leurs interventions à maintenir les taux d’intérêt à un niveau faible. Mais, du fait de l’excédent d’épargne mondiale, ceux-ci étaient déjà orientés à la baisse avant leur intervention.

 

La fin du quantitative easing sera très progressive puisque même si la BCE arrête de créer de la monnaie pour acheter des titres de dettes publiques, elle va réinvestir pendant un moment – aucun terme n’a encore été fixé – ce qu’elle touche en remboursements. Elle a par ailleurs indiqué qu’elle ne commencerait à remonter, graduellement, ses taux d’intérêt qu’après l’été 2019.

 

Enfin, la baisse du volume de la dette allemande, du fait d’une position constante d’excédents budgétaires, va priver les investisseurs de titres peu risqués et devrait les inciter à vouloir acheter plus de dette française, ce qui contribuera également à en maintenir, à l’avenir, le coût à un niveau faible.

 

Au final, sauf évènement exceptionnel, il semble que le coût de la dette publique française pourrait rester faible pendant encore un bon moment.


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