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Pour beaucoup d’économistes leur discipline permet de mieux comprendre et de mieux organiser la production et la consommation dans l’intérêt général. Comme science, elle pourchasse les fausses intuitions et préconise les politiques nécessaires. Ils se voient comme des physiciens post-galliléens luttant contre l’ignorance ou des plombiers réparant la tuyauterie.


Ainsi, la théorie de la croissance endogène souligne l’importance de l’éducation, de la santé, des infrastructures matérielles et institutionnelles pour la croissance et redonne à l’État un rôle crucial qui est de fournir cette éducation, cette précieuse santé et ces infrastructures essentielles. Certes, ceux qui, n’ayant pas la chance d’être économistes, ignorent cette théorie peuvent trouver que ces « résultats » sont bien triviaux ! Il suffit de prendre la contraposée pour comprendre que si chacun est peu éduqué, a une mauvaise santé et que les infrastructures sont en capilotade, il n’en sortira rien de bon pour personne. Et il n’y a sans doute qu’un économiste néoclassique pour s’extasier sur l’idée que l’État puisse avoir un rôle crucial et que l’éducation est importante.


Mais il est une autre conséquence que les économistes professant cette théorie tiennent pour essentielle et qui est moins évidente, c’est que puisque l’accumulation de la connaissance, est sans limites, la croissance qui s’appuie sur elle le sera aussi.
Mais la crise environnementale en cours, fait suspecter que cette croissance dégrade l’environnement. Là-aussi les économistes ont la solution en soulignant le rôle complémentaire de l’État et du marché, le premier corrigeant les dysfonctionnements du second. Que le marché commette des excès, c’est ce que des millions de gens ont pu expérimenter dans leur chair. Et qu’il faille donc y intervenir n’est donc pas non plus un scoop. On ne peut qu’être frappé par le peu de consistance de tels résultats. Nous sommes ici dans le domaine de la mauvaise abstraction vilipendée par Hegel et Marx. On nous dit que l’éducation est importante, et personne ne dira le contraire, parce que, à ce niveau de généralité, c’est évident pour tous. Mais alors, pourquoi la France décroche-t-elle dans les évaluations internationales des performances scolaires ? Et si la santé est si importante, pourquoi tant de gens ont du mal à se soigner, tant de services hospitaliers sont au bord de la rupture, tant de patients cherchent des médecins référents ? Quant aux infrastructures, qu’elles soient institutionnelles (le fonctionnement des tribunaux est loin d’être satisfaisant, le système bancaire toujours aussi peu sûr) ou matérielles (un réseau ferré hors TGV très vieillissant, des écoles ou des hôpitaux dégradés), elles sont loin d’être toutes en bon état. L’éducation, la santé, les infrastructures, c’est important dans l’abstrait, mais quand on regarde les faits, le tableau est plus sombre et les belles leçons de l’analyse économique sont peu opérationnelles.


Et ce n’est pas mieux du côté de l’environnement ! La biodiversité se dégrade à un rythme inquiétant, les gaz à effet de serre continuent à saturer l’atmosphère rendant de plus en plus incertain l’objectif, pourtant acté en grande pompe à la COP 21 de Paris, de rester en-dessous des 2° C, les maladies liées à notre mode de consommation (cancer, diabète, obésité, maladies cardiovasculaires) sont en augmentation constante… Bref, là aussi, la science économique peine à améliorer la situation.


C’est encore la même mauvaise abstraction qui est à l’œuvre quand on mentionne la « croissance » sans parler de son contenu. Croire qu’elle sera toujours possible parce que le capital humain est illimité, c’est oublier un peu vite que la connaissance pure n’existe pas plus que la production immatérielle. L’information consomme une énergie ni gratuite ni évanescente. Finalement l’analyse économique que nous vante tant d’économistes n’a pas l’air d’être si utile pour construire une société où chacun puisse espérer trouver les conditions d’un développement harmonieux et partagé.


Publié le vendredi 5 juillet 2024 . 4 min. 10

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