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Comment réduire la facture énergétique ?

Publié le jeudi 5 avril 2012 . 5 min. 27

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Xerfi Canal présente l'analyse de Jean-Michel Quatrepoint, journaliste-essayiste

Avec un prix du litre de Super sans plomb qui frôle les deux euros, l’énergie s’est réinvitée dans le débat électoral. Ô de manière superficielle, car les mesures envisagées, qu’il s’agisse de pomper sur les stocks stratégiques ou de revenir à une sorte de TIPP flottante, ne sont que des cautères sur une jambe de bois. Cette hausse des prix des produits pétroliers est mondiale et durable. Cela tient à la montée en puissance des économies des pays émergents qui consomment toujours plus de pétrole. Aux coûts de plus en plus élevés de l’exploration pétrolière. Et aux considérations géopolitiques avec la mise sous embargo de la production d’un pays comme l’Iran. 
La facture pétrolière va donc, si l’on ne fait rien, mécaniquement augmenter. Or, cette facture devient insupportable pour la France, comme pour d’autres pays. La crise, rappelons-le, est due, pour l’essentiel, aux déséquilibres des balances des paiements. Avec des pays, qui accumulent des excédents à partir de leurs exportations de biens manufacturés ou de pétrole. Et avec d’autres pays, lourdement déficitaires, car ils importent ces deux types de produits. 
L’Allemagne, la Chine et à un degré moindre le japon  le Japon compensent leurs  importations d’énergie, pétrole et gaz, par des excédents commerciaux. Il fut un temps où la France se trouvait dans la même situation que l’ Allemagne. Notre déficit énergétique était compensé par nos excédents commerciaux, notamment sur les pays pétroliers. Or, cette époque est révolue, et nous cumulons désormais un double déficit : commercial et énergétique.
Sur le déficit commercial record de 70 milliards d’euros, en 2011, plus de 61 proviennent de l’énergie, dont 50 sur le pétrole brut et les produits pétroliers. 
Alors que faire ? Il faudrait d’abord que nos candidats aient le courage de disséquer les chiffres et de tirer les enseignements des années passées. Car des erreurs, il y en a eu. 
L’une d’elles a été de s’imaginer que le nucléaire, qui couvre les trois quarts de notre production d’électricité, dispensait de mener une politique audacieuse et contraignante d’économie d’énergie. Notre indépendance électrique ne doit pas nous empêcher de tout faire pour réduire la consommation. Ne serait-ce d’ailleurs que pour éviter d’avoir à importer aux heures de pointe et pour dégager des capacités exportatrices supplémentaires. Car notre électricité est une matière première comme une autre, que l’on peut et doit exporter. Elle nous a rapporté 2,6 milliards d’euros en 2011. 
On voit donc là se dessiner le nouvel axe d’une politique énergétique. Le nucléaire est, pour les vingt ans qui viennent, notre seul atout. Ni les éoliennes, ni le photovoltaïque ne sauraient le remplacer. Un nucléaire, bien sûr, optimisé, sécurisé, avec un effort de recherche concentré sur la 4ème génération et la miniaturisation. 
Deuxième axe : les économies d’énergie. Cela peut être un gisement fantastique d’innovation et donc d’emplois, et pourquoi pas, d’exportation.   
Troisième axe : réduire de manière drastique les importations de pétrole brut et surtout de produits raffinés. À commencer par le fioul et  le gazole. Là aussi, une grave erreur a été commise. Celle qui a consisté à développer un parc automobile à base de moteur diesel, alors que l’appareil de raffinage était orienté vers la production d’essence. Nos raffineries   du moins celles qui demeurent   exportent du sans plomb pour près de trois milliards, mais on importe pour 13 milliards de gazole. 
Comment a-t-on pu laisser se développer un tel gap? À croire que constructeurs automobiles et compagnies pétrolières vivent sur deux planètes différentes. Et que l’État, là comme ailleurs, a été aux abonnés absents. Si on ferme toutes les raffineries en France, il n’y aura même plus d’exportation d’essence et la facture s’alourdira. C’est là où l’on voit que les intérêts de Total ne correspondent plus forcément à ceux de la France. L’histoire se répète car c’est pour cette raison qu’il y a un peu plus d’un demi-siècle, le général de Gaulle avait créé une société pétrolière d’État, Elf, chargée d’assurer l’indépendance énergétique du pays. Mais depuis, Elf a été absorbé par Total. 
Enfin, quatrième axe d’une politique énergétique : les nouvelles sources d’énergie. Pas seulement l’éolien, le photovoltaïque, mais tout ce qui relève de la micro-production – je veux parler de tout ce qui se fait déjà dans les exploitations agricoles, la géothermie, la récupération de chaleur, etc. – mais aussi de la macro-production. Et là il faut aborder la question des gaz de schiste. 
La Chine, les Etats-Unis, mais aussi la Pologne, se lancent à fond dans l’exploration et la production. La France, non. On a peur de polluer la nappe phréatique, de forer à grande profondeur. Pour un peu, on aurait peur que le ciel nous tombe sur la tête ou plutôt que la terre ne s’effondre sous nos pieds. En fait, c’est la peur du progrès. Toute innovation comporte un risque et peut avoir des effets pervers. Mais il revient à nos sociétés que ces risques soient réduits au minimum. Encore une fois, le risque zéro n’existe pas. Et l’on ne peut pas vouloir tout et son contraire. Plus de nucléaire, pas d’énergie polluante et qui émette du CO2, pas de gaz de schiste, tout en maintenant évidemment notre mode de vie !

 

Jean-Michel Quatrepoint, Comment réduire la facture énergétique, une vidéo Xerfi Canal.



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