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Xerfi Canal présente l'analyse de Jean-Michel Quatrepoint, Journaliste-essayiste

BNP Paribas, mais aussi le Crédit suisse, sont dans le collimateur des autorités américaines. Toutes deux sont menacées d'être poursuivies au pénal, de devoir payer des milliards de dollars d'amendes, avec, en outre, une épée de Damoclès : celle de perdre leur licence d'activité bancaire aux Etats-Unis. Pour des banques de cette taille ce serait, sinon un arrêt de mort, du moins un handicap considérable.
Mais que reprochent donc les Américains à ces deux banques ?

Le Crédit suisse, comme l'UBS hier, serait coupable d'avoir favorisé la fraude fiscale de citoyens américains. Pour BNP Paribas, point de complicité ni de fraude. Point de turpitudes sur les marchés financiers, comme tant de banques américaines s'en sont rendues coupables. Point de recyclage de narcodollars, comme ce fut le cas pour HSBC, qui s'en était tirée avec une simple amende limitée à un peu plus de 1 milliard de dollars.

Non, ce que reprochent les Américains à la banque française est en fait politique. Dans les années 2000, certaines de ses filiales, et non les filiales américaines, ont effectué, pour le compte de clients, des transactions commerciales en dollars vers le Soudan, l'Iran et Cuba. Trois pays qui figurent, avec quelques autres, sur la liste noire des États ennemis des Etats-Unis.

L'embargo contre Cuba est régulièrement condamné par les Nations unies. Mais, à Washington, on n'en a cure ! On applique la loi Torricelli, qui donne un caractère extraterritorial aux lois américaines. Ainsi, tout bateau qui accoste à Cuba, est interdit de séjour pour six mois dans les ports américains. Comme il est difficile de contrôler l'ensemble du commerce de pays continentaux comme l'Iran, la surveillance des transactions en dollars est bien plus efficace.

Depuis la fin de la guerre froide, et malgré l'émergence de l'euro, le dollar est plus que jamais la devise des transactions commerciales et financières internationales. Lorsqu'un pays vend à un autre en dollar, la transaction, informatisée bien sûr, est automatiquement compensée sur le sol américain. Aujourd'hui, avec les moteurs de recherche, toute transaction, aussi minime soit-elle, vers les États ennemis de l'Oncle Sam, est donc instantanément signalée aux autorités américaines.

Celles-ci refusent alors d'avaliser la transaction et enjoignent même aux banques concernées de bloquer les comptes des entreprises ou des personnes à son origine. Si la banque ne s'exécute pas, elle tombe sous le coup des lois américaines. Elle peut être poursuivie et, pire, se voir retirer sa licence pour ses activités bancaires outre-Atlantique.  

Cette arme de l'embargo peut être sélective pour certains produits, dans les hautes technologies ou l'armement, ou bien totale. Elle est redoutable, car elle peut dissuader, elle dissuade, bon nombre de banques et d'entreprises de commercer avec les ennemis des Etats-Unis, dont le manichéisme est bien connu : il y a les bons et les méchants.

BNP Paribas se trouve aujourd'hui, bien malgré elle, au centre d'un Kriegspiel mondial qui la dépasse. Car derrière le procès qui s'esquisse, se profilent les prémices d'une nouvelle guerre froide avec la Russie, voire la Chine. Si jamais les sanctions et les embargos montent en puissance contre ces deux pays, il va devenir plus compliqué pour les entreprises européennes de travailler avec eux. Car si elles le font, elles risquent de perdre le marché américain.

On comprend mieux pourquoi les Chinois, depuis plusieurs années, proposent à certains de leurs partenaires, notamment des BRICS, de libeller leurs échanges en se passant du dollar. Un dollar qui reste l'arme fatale des Américains, l'euro n'ayant pas réussi à s'imposer comme l'autre grande devise mondiale.

Jean-Michel Quatrepoint, Embargos américains : ce que révèle l'affaire BNP Paribas, une vidéo Xerfi Canal


Publié le lundi 2 juin 2014 . 4 min. 01

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