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Quand la BCE récompense l'incompétence

Publié le jeudi 13 septembre 2012 . 3 min. 37

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Xerfi Canal a reçu Jean-Michel Quatrepoint, journaliste-essayiste

A priori, tout le monde est soulagé ! Grâce à Mario Draghi et à la BCE, la pression sur la zone euro, sur les taux d’intérêt de l’Espagne et de l’Italie est retombée. Si, à court terme, on ne peut que se féliciter, bien sûr, de cet apaisement. À moyen terme, c’est une autre affaire. Car les mesures annoncées par la BCE, fruits d’un savant compromis avec l’Allemagne, ne règlent aucun des problèmes de fond qui se posent à la zone euro. Et, à regarder de plus près le dispositif annoncé, on s’aperçoit qu’il s’agit, une fois de plus, de sauver le système financier. 
La BCE pourra racheter des quantités illimitées d’obligations d’Etat d’une durée de un à trois ans. En clair, les établissements financiers vont pouvoir se débarrasser des dettes souveraines à court terme qu’ils ont acquises depuis la crise. C’est un transfert vers la BCE. C’est-à-dire, in fine, vers les contribuables européens. 
Une BCE qui a accepté, en outre, de ne plus être considérée comme un créancier privilégié, mais comme un créancier ordinaire, comme les autres banques. 
Certes, la communication de Mario Draghi a été très habile. Ces achats illimités sont destinés, nous a-t-il expliqué, à éviter une hausse insupportable des taux pour les pays en difficulté ou attaqués par la spéculation. C’est la partie la plus visible de l’iceberg. Mais il n’a pas insisté sur le formidable cadeau que la BCE va faire ainsi au système financier. La banque centrale se transforme en un acheteur de junk bonds. 
D’ailleurs, les marchés, comme l’on dit, ne s’y sont pas trompés, puisque ce sont précisément les titres des banques qui se sont envolés à la Bourse. Car, au fil des mois, les taux baissant, ces banques vont vendre, avec profit, de la dette espagnole ou italienne à court terme, comme elles s’étaient débarrassées d’une bonne partie de leurs dettes grecques. 
Pour un peu, on en viendrait à penser que Mario Draghi récompense ainsi l’incompétence du système financier. Un système qu’il connaît bien de l’intérieur, puisqu’il ne faut jamais oublier qu’il est un ancien de Goldmann Sachs. 
À moyen terme, la décision de la BCE est lourde de conséquences. D’abord, parce que le rachat d’obligations publiques doit se faire à liquidité constante. Ceci, pour rassurer les Allemands qui criaient au retour de l’inflation. Cela veut dire que plus la BCE rachètera de la dette souveraine, moins elle financera le reste de l’économie. Avec un risque, celui de voir les taux d’intérêt du secteur privé s’envoler. 
Ensuite – c’est là aussi une concession à l’Allemagne – ces rachats d’obligations seront conditionnés à la mise sous tutelle des États qui en feront la demande. Sur le modèle de ce qui se passe en Grèce ou au Portugal. Avec, à la clé, un transfert de pouvoir de gouvernements démocratiquement élus vers une technocratie sans légitimité démocratique. Avec une BCE au sommet de l’édifice. 
Enfin, si la décision de Mario Draghi permet de gagner un peu de temps, elle évite de se poser la question de fond : celle qui est à l’origine de la crise de la zone euro. Je veux parler des déséquilibres des balances courantes entre les pays et des différentiels de compétitivité. Tant que l’on n’aura pas le courage de réfléchir à un véritable réaménagement de la zone euro, l’ensemble des pays ne fera que s’enfoncer un peu plus dans la crise. Mario Draghi aura, peut-être, sauvé le système financier. Mais au prix de la ruine des contribuables et des citoyens européens.  

Jean-Michel Quatrepoint, Quand la BCE récompense l’incompétence, une vidéo Xerfi Canal


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