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ACCUEIL ECONOMIE Global L'industrie européenne de...
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27/09/201904:07

Pour financer les montants colossaux d’investissement de la transition écologique, l’idée d’utiliser des produits financiers estampillés verts a fait son chemin du côté des groupes de l’énergie. Ces derniers totalisent déjà environ 20% du marché mondial des green bonds évalué à 168 Md$ en 2018, marché par ailleurs en très forte croissance. En Europe, Iberdrola, Engie, EDF et Enel recourent à ces obligations pour soutenir leurs plans d’investissement ambitieux dans l’éolien et le solaire. Il s’agit aussi pour eux de séduire les grands investisseurs, à l’instar du fonds souverain norvégien qui verdit par petites touches son modèle de gestion de portefeuilles d’actifs afin notamment de réduire les risques liés aux activités trop carbonés ou non-responsables.


Pour autant, ce virage « vert » représente-t-il une trajectoire réellement gagnante, tant pour les groupes de l’énergie que pour les États européens ?


Côté performances d’exploitation des leaders, la révolution verte s’avère neutre sur leurs marges qui dépendent avant tout des prix du gaz et de l’électricité. Or ils sont à faible niveau depuis quelques années en Europe, provoquant une érosion de leur taux de marge opérationnelle : celui-ci a légèrement reculé en 2018 pour représenter seulement 8% du chiffre d’affaires moyen de notre panel. Pour redresser la barre et financer les stratégies de décarbonation ou de sortie du nucléaire, 1) les groupes cèdent massivement des actifs. L’allemand E.ON se recentre sur les activités de réseaux et de distribution et sur les énergies renouvelables. RWE, pour sa part, se focalise sur les renouvelables. Le français Engie, lui, délaisse ses activités charbon pour privilégier les capacités de production gaz, nucléaire et renouvelables. 2) Les firmes travaillent également à améliorer leur efficacité opérationnelle comme le montre le programme grand carénage d’EDF qui vise à adapter nos centrales nucléaires aux normes post-Fukushima, à améliorer leur disponibilité et à allonger leur durée de vie.


Si la part des renouvelables progresse dans la production d’électricité en Europe, les énergies vertes ont encore besoin des sources conventionnelles afin de compenser leur intermittence et assurer l’équilibre du réseau électrique. Le gaz naturel sert dans ce cas de variable d’ajustement, à tel point que cette source bénéficie encore d’un fort potentiel de croissance en Europe. A cela s’ajoute le remplacement progressif du charbon par le gaz dans les centrales de production d’électricité, ainsi que la sortie progressive du nucléaire de certains pays, qui fait là encore la part belle au gaz comme énergie de substitution dans les nouveaux projets de centrales.


L’Europe va donc devoir davantage importer de gaz étant donné le déclin des gisements en Europe. D’ailleurs, seule un quart de la consommation européenne de gaz est couverte par la production domestique. Et si le biogaz se développe, il ne couvrira que 10% des besoins de l’Europe d’ici 2030. Du coup, l’Europe va devoir se tourner vers la Russie, qui représente déjà près de 40% de nos importations de gaz, et vers le gaz naturel liquéfié des États-Unis.


En voulant se passer trop rapidement des énergies fossiles et du nucléaire et faire du gaz une solution miracle à long terme, l’Europe prend non seulement le risque de freiner le recul des émissions de CO2, mais elle fragilise aussi son indépendance énergétique. Sans parler de sa dépendance économique vis-à-vis de la Chine du fait des importations massives d’éoliennes et de panneaux solaires, en l’absence de groupes européens d’envergure dans ces domaines. Décidemment, la transition énergétique est pleine de paradoxes !


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Mots clés : Economie mondialeEnergie / EnvironnementStratégieEnergies renouvelablesGazElectricitéTransition écologique

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