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ACCUEIL ECONOMIE Global L’industrie mondiale des...
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09/09/201904:25

L’Europe avance encore en ordre dispersé lorsqu’il s’agit de réarmer son système productif pour faire masse et conserver sa place dans l’industrie mondiale. C’était précisément ce qui s’est joué avec la tentative de fusion entre Alstom et Siemens en 2019. Les deux leaders européens des équipements ferroviaires devaient fusionner pour contrer la menace du chinois CRRC. Qu’en est-il réellement de ce groupe, de son positionnement et de sa stratégie ? Verra-t-on demain des trains à grande vitesse ou tramways made in china circulés en France ?

Dressons d’abord le décor de cette industrie mondiale. Représentant un chiffre d’affaires de
163 Md€ en 2017, ses fondamentaux sont solides : croissance démographique, urbanisation et réglementations environnementales plus strictes garantissent au secteur une assez bonne visibilité à long terme. Et cette industrie se transforme en profondeur. De nouveaux assemblages d’offres émergent autour de ce que l’on appelle le train à la demande expérimenté par le japonais Hitachi notamment. Aux traditionnels services de location sont ajoutés des services de gestion pour optimiser le matériel roulant via une plateforme numérique de traitement en temps réel des données d’usage du train. Des services qui augurent une forme de rémunération à la performance… Autre mutation : l’arrivée de fonds d’investissement à la tête de plusieurs entreprises de transport par rail et réputés imposer des conditions drastiques aux fournisseurs des entreprises qu’ils contrôlent.

C’est sur fond de pressions sur les prix et de maturité des marchés internationaux que les équipementiers ferroviaires partent à la conquête du monde. Et c’est bien la situation du chinois CRRC : après une période d’expansion massive, son marché intérieur s’est essoufflé créant des surcapacités que le leader mondial cherche dorénavant à combler en inondant le monde de ses équipements. Une situation qui rappelle celle de l’industrie photovoltaïque il y a quelques années.

Cela étant, a-t-il les moyens de ses ambitions ?

• Pour le moment, CRRC, n°1 mondial du ferroviaire loin devant Alstom et Siemens, réalise moins de 10% de son chiffre d’affaires à l’international. Mais manifestement, les contrats se multiplient dans les pays émergents et dans quelques pays avancés. En Europe, le groupe se fait très discret.

• Ses points forts on les devine : faibles coûts de production en raison des économies d’échelle permises par la taille de son marché domestique, soutien financier de l’État, coût allégé de ses investissements en raison des transferts de technologie passés, absence de concurrence sur un marché fermé aux acteurs étrangers. Le groupe enrichit également son offre en proposant dorénavant des trains à grande vitesse ou des maglevs ultra-rapide.

• Dans la colonne « moins », on trouve un facteur bloquant. Les projets ferroviaires se révèlent éminemment politique car ils mordent sur des enjeux critiques de mobilité et d’aménagement du territoire. La Chine et son modèle de plateforme d’exportation se heurte alors aux exigences de création d’emplois au niveau local : pour remporter des appels d’offres à l’international, le groupe a ainsi été contraint d’établir des bases de fabrication aux États-Unis et en Australie, ce qui dégrade logiquement sa compétitivité.

Pour s’internationaliser, CRRC va donc devoir passer par-dessus cette barrière à l’entrée politique. Un exercice d’autant plus difficile depuis la déclaration de guerre des États-Unis à Huawei : cette affaire va sans doute faire des émules et exacerber les exigences françaises et européennes vis-à-vis des entreprises chinoises souhaitant s’implanter en Europe, en particulier si cela tient à des domaines stratégiques.

Cette crispation est sans doute la protection la plus efficace à court terme pour Alstom. Car une fusion avec Siemens, opération par nature très risquée, aurait sans doute abouti à la mise au pas du groupe français par le géant allemand…


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Mots clés : Economie mondialeIndustrieChinePerformanceTrainsServiceEquipements ferroviaires

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