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L’investissement et la consommation sont deux notions que l’on ne définit plus tant leur acception paraît intuitive, avec des a priori réducteurs qui souffrent pourtant tous d’exceptions.


La distinction floue entre consommation et investissement


D’un côté, les entreprises comme acteur principal ; de l’autre, les ménages. À l’exception du logement résidentiel, qui est le fait des particuliers. D’un côté, des dépenses qui dispensent leurs effets dans le temps long, accroissent la capacité productive, l’efficacité et la richesse réelle ou financière ; de l’autre, le temps court, l’idée d’une satisfaction immédiate. Mais il y a pourtant des biens durables qui procurent des services aux ménages sur plusieurs années. Il y a des contenus informationnels, culturels qui participent à un patrimoine cognitif. Dire qu’un bien de consommation ne contribue pas à l’accroissement des capacités productives est d’ailleurs réducteur. L’explosion des biens d’équipement ménagers est ce qui a permis de libérer de la main-d’œuvre féminine, avec un impact considérable sur les capacités de production. Idem pour la voiture particulière qui a bouleversé la mobilité de la main-d’œuvre et l’accès à la consommation, modifiant les coûts de transaction du système. La liste de ces zones grises serait longue. Et si elle embrouille ce qui paraissait simple, elle démontre aussi que la ligne de partage consommation / investissement est une convention, qui varie d’ailleurs selon que l’on se situe dans le cadre de la comptabilité nationale ou privée ou que l’on se conforme à une définition fiscale de l’investissement.


Tout un pan du bien-être passe sous les radars


En fait, le flou commence dès qu’un bien n’est pas détruit dans l’acte de consommation. Un aliment est acheté et l’effet qu’il procure s’éteint avec son utilisation. Idem pour de nombreux services. Ce n’est plus vrai dans deux cas principaux : les biens durables qui procurent un service dans la durée (mobilier, équipement domestique, digital, etc.) et les biens informationnels au sens large, qui peuvent être capitalisés, traités, dupliqués, modifier les actions, souffrir d’obsolescence plus ou moins accélérée. Dans ce cas, ce qui fera que ce type de bien est intégré ou non à l’investissement dépend d’une seconde convention. Le système comptable reconnaît-il une production adossée à ce type de bien ? Prenons le cas de la comptabilité nationale. Si cette dernière reconnaissait la production des ménages pour leur compte propre comme composante de la mesure du bien-être, elle devrait formaliser et quantifier la fonction de production qui s’y rapporte, intégrer les biens durables dans le champ des équipements et le volume de travail domestique qui s’y rapporte dans la force de travail. Elle ne fait cette hypothèse aujourd’hui que pour le logement, lui adossant un service que les ménages produisent et auto-consomment, majorant le PIB par ce que l’on appelle les loyers fictifs. À travers cette convention étroite, c’est tout un pan du bien-être qui passe sous les radars. À l’instar de nos équipements ménagers et terminaux numériques, qui fournissent de plus en plus de services, facilitent le quotidien, donnent accès à un flux considérable d’images, de musique, démultiplient les possibilités de loisir, d’information et de culture, et n’interviennent que partiellement comme composante du bien-être.


Éducation, santé, conseil… : des domaines négligés


L’arbitraire des conventions devient plus saisissant encore concernant les investissements immatériels, notamment dans le cadre de la comptabilité nationale. Les premiers d’entre eux étant l’éducation et la santé. Pour l’Insee, c’est une consommation des administrations publiques, individualisable, dont le bénéfice ultime revient aux ménages. Ces dépenses sont pourtant à l’origine de l’accumulation du capital humain, facteur décisif de la croissance, notion que la comptabilité nationale n’évalue pas. Idem côté entreprises, où la plupart des dépenses, de conseil, de stratégie, de marketing, sont traitées comme des dépenses d’exploitation. La comptabilité nationale s’en tient à une définition très étroite de l’investissement immatériel, ne retenant essentiellement que la R&D et les logiciels, avec quelques revirements comme le révèle la récente révision de l’investissement des entreprises pour 2022, rabotée de 10%, à la suite de la reclassification de certaines dépenses de logiciels en consommation intermédiaire. Idem du côté de la comptabilité privée où la classification des dépenses en investissement immatériel est soumise à des règles limitatives. Sous l’œil vigilant de l’administration fiscale, sachant les enjeux de manipulation du résultat et d’accès aux crédits d’impôt attachés à la possibilité d’amortir dans la durée ces dépenses. Or, c’est précisément au moment des FUSAC, lorsque l’on constate l’écart entre la valeur d’acquisition d’une boîte et sa valeur comptable, ce qui à terme sera reconnu comme une immobilisation incorporelle de la nouvelle entité, le fameux goodwill, que l’on prend la mesure de la valeur phénoménale de ces actifs souterrains et non quantifiés.


Tout cela rappelle une fois de plus les sables mouvants sur lesquels reposent nos évaluations de la richesse, du bien-être et de la productivité et les limites du PIB pour les appréhender.


Publié le mercredi 12 juin 2024 . 5 min. 43

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