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La France peut-elle un jour rattraper l'Allemagne ?

Publié le lundi 16 mars 2015 . 4 min. 24

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Xerfi Canal TV présente l'analyse d'Olivier Passet, directeur des synthèses, Xerfi

 

Quand la France peut-elle devenir ou redevenir la première puissance économique continentale d'Europe ? Dit autrement, quand l’écart de dynamique démographique peut permettre à la France de recoller au niveau du PIB allemand. La réponse est moins simple qu’il n’y paraît. Regardons déjà les écarts actuels. Le PIB allemand surplombe le PIB français, en euros courants de 36% en 2014. Lorsque l’on applique le même système de prix de part et d’autre du Rhin, en raisonnant donc en parité de pouvoir d’achat,  cet écart est de 42%. C’est normal, certains prix, notamment dans l’immobilier sont nettement plus faibles en Allemagne. Egaliser les prix, accroît donc l’écart.

Qu’y a-t-il derrière ce dernier? La démographie d’abord bien sûr. La population allemande est supérieure de 23% à celle de la France, et celle en âge de travailler de 28%. Cela explique beaucoup, mais n’explique pas tout. Le reste est dû essentiellement à une meilleure mobilisation de la main-d’œuvre allemande. Le volume d’heures travaillées rapporté à la population en âge de travailler est supérieur de 11%  en Allemagne par rapport au niveau français. Non du fait d’une plus haute durée du travail par personne employée, mais du fait d’un plus fort taux d’emploi (système d’apprentissage pour les jeunes et âge de la retraite plus tardif essentiellement créent l’écart avec la France). Le petit écart de productivité qui solde les comptes est lui essentiellement de nature conjoncturelle. Jusqu’ici France et Allemagne font jeu égal en niveau comme en tendance. On ne peut du coup, pas si simplement inférer de la démographie, le moment où la France sera en mesure de recoller à l’Allemagne.  Selon ce critère, c’est vers 2045-2050 que la chose pourrait se produire, si la France parvenait à aligner son taux d’emploi sur celui le l‘Allemagne. Mais,  l’évolution de cet écart  depuis la réunification montre que la démographie est un bien mauvais prédicteur  de nos écarts de PIB. Certes, la France a réduit globalement la distance qui la sépare de l’économie allemande,  mais cette dernière semble avoir inversé  le cours de l’histoire à partir de 2005. Pour plusieurs raisons.  Les migrations qui ont dopé la main d’œuvre disponible.  Sa capacité à mieux mobiliser sa main d’œuvre, sur la base de minijobs mais avec le maintien d’un noyau dur de secteurs à forte valeur ajoutée , ce qui a préservé sa productivité. Parce ce qu’elle a su aussi transformer l’impact déflationniste  du ralentissement programmé de la demande, notamment sur l’immobilier, en avantage compétitif.

 

Converger vers l’Allemagne entre 2040 et 2050 suppose donc pour la France   de réussir cette montée en charge de l’emploi, sans nuire à sa productivité. Insérer les moins qualifiés sans dégrader le niveau moyen des compétences.  Je n’épilogue pas. Mais cela suppose bien plus qu’une politique de baisse du coût du travail. Côté allemand se pose la question de savoir si l’économie peut encore longtemps défier la loi de gravité démographique, en maintenant les facteurs qui sous-tendent sa dynamique actuelle. Pas certain. Car elle ne peut augmenter sans cesse le taux d’utilisation de sa main d’œuvre. Le processus tend nécessairement à s’épuiser.  Pas certain non plus car elle doit relever une équation de la dépendance autrement plus ardue que celle de la France, qui tendra à peser sur le revenu par tête. Avec notamment un phénomène de montée de la pauvreté dans le travail qui risque de se transformer en ultra-pauvreté dans la retraite. Pas certain toujours,  car les entreprises peinent aujourd’hui à augmenter l’investissement par tête. Et cet élément pourrait bien nuire à sa productivité à terme. Pas certain enfin, car le vieillissement de sa population, et notamment de sa population au travail, peut devenir un frein à l’innovation.

 

Pour revenir à la question initiale, du rattrapage de l’Allemagne par la France, on ne peut in fine répondre que très vaguement : quelque part entre 2035 et 2075, en fonction de la pertinence des politiques menées de part et d’autre du Rhin.

 

 

Olivier Passet, La France peut-elle un jour rattraper l'Allemagne ?,une vidéo Xerfi Canal TV     


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