Connexion
Accédez à votre espace personnel
Recevez nos dernières vidéos et actualités quotidiennementInscrivez-vous à notre newsletter
ÉCONOMIE
Décryptages éco Intelligence économique Intelligence sectorielle Libre-propos Parole d'auteur Graphiques Notes de lecture
STRATÉGIE & MANAGEMENT
Comprendre Stratégies & Management A propos du management Parole d'auteur Notes de lecture
IQSOG
RUBRIQUES
Économie généraleFranceEurope, zone euroÉconomie mondiale Politique économique Emplois, travail, salairesConsommation, ménagesMatières premières Finance Géostratégie, géopolitique ComprendreManagement et RHStratégieMutation digitaleMarketingEntreprisesFinanceJuridiqueRecherche en gestionEnseignement, formation
NEWSLETTERS
QUI SOMMES-NOUS ?


La croissance est supérieure à ce qu'on dit

Publié le mercredi 12 juillet 2017 . 4 min. 24

Voir plus tard
Partager
Imprimer

Je voudrais souligner ici trois bonnes raisons de penser que la croissance de nos économies contemporaine est de plus en plus mal appréhendée.

 

La mesure du PIB est truffée de biais extrêmement difficiles à effacer

 

Le premier argument est bien connu. Face au ralentissement du PIB et de la productivité, certains économistes mettent en alerte sur une insuffisante prise en compte des effets de l’innovation sur la qualité des produits. Cette sous-estimation irait croissante dans un monde où les produits se renouvellent de plus en plus vite et s’enrichissent d’applications. Et les organismes statistiques, en braquant leurs observations de prix sur les secteurs et produits les plus pérennes, tendraient à surpondérer la dynamique de la vieille économie.

 

Discerner ce qui, dans la hausse du PIB, relève de la hausse des prix, de la hausse de la qualité, ou de la hausse des volumes, relève en effet de la gageure.

 

Partons déjà de la sphère matérielle, où les quantités et les prix sont observables, pour prendre la mesure du problème que pose l’irruption de nouveaux produits. Pour l’Insee, la problématique est bien identifiée. L'institut incorpore les nouvelles générations de biens de façon incrémentale, en tentant de départager via l’économétrie, à l’intérieur d’un prix unitaire, ce qui relève de la variation des prix et ce qui relève d’une modification de puissance de traitement pour les équipements numériques, ou de confort dans l’immobilier par exemple… La démarche est nécessairement entachée d’incertitude.

 

Mais la difficulté ne s’arrête pas là. Il y a les rabais, les ristournes. Il y a les modes de tarification de plus en plus complexes, à l’instar des LOA dans l’automobile, qui mêlent des prestations de service d’entretien, des options de reprise ou d’achat, qui rendent de plus en plus opaque le calcul du prix intrinsèque de l’automobile… La liste est longue.

 

Que dire alors de la sphère des services où rien n’est observable ni objectivable en termes de quantité. Où derrière un prix unitaire inchangé, les bouquets ne cessent de s’enrichir, et la fréquence ou le suivi des prestations d’augmenter. Et où l’abonnement est souvent de mise.

 

Bref, la tâche des instituts statistiques est de plus en plus titanesque. Et l’on ne se hasardera pas ici à estimer l’ampleur du biais. Ce qui est certain, c’est que les travaux académiques en la matière, comme ceux de Philippe Aghion, s’ils ont le mérite d’attirer l’attention sur le problème, sont encore trop frustes et trop inexacts sur la méthodologie des instituts statistiques pour restituer l’ampleur du biais.

 

Le "digital labour" n'est pas traqué

 

Le second gros problème, c’est celui de la gratuité ou pseudo gratuité numérique. Une part de la problématique se rattache à celle des effets qualités. Toute la face freemium des activités numériques, c’est au fond un plus qui enrichit un bouquet de services. Mais pas seulement. Les Google, Facebook, AirBnB, Uber, Blablacar ont pour point commun de mobiliser du temps homme… du travail en coproduction de l’utilisateur, non rémunéré ou sous rémunéré, en contrepartie de services en apparence gratuits ou aux prix cassés.

 

Toute cette composante qui remet à jour l’économie du troc, du don contre don, du travail à façon échappe en grande partie aux radars de la comptabilité nationale. Cette dernière ne traque que les flux monétaires, et en l’occurrence ici essentiellement la vente des données personnelles. En un mot, derrière la fameuse phrase "quand c’est gratuit, c’est vous le produit" demeure une fonction de production souterraine.

 

Les flux intra-groupe sont largement sous-estimés

 

Troisième gros problème, dans une économie où les groupes organisent leur chaîne de production hors frontière, les flux de prestation intra-groupe sont très largement sous-estimés. Les filiales utilisent la marque, le savoir-faire, l’ingénierie, la conception des maisons mères. Mais dans des pays à haute fiscalité comme la France, il y a de bonnes raisons de ne pas les facturer. L’optimisation fiscale pousse au contraire à développer des circuits de facturations fictifs, qui déplacent le chiffre d’affaires vers les pays paradisiaques… D’où l’aberration du PIB irlandais ou luxembourgeois par exemple.

 

La liste n’est pas exhaustive. Mais suffisante pour comprendre que le doute est permis.

 

Olivier Passet, La croissance est supérieure à ce qu'on dit, une vidéo Xerfi Canal.

 


x
Cette émission a été ajoutée à votre vidéothèque.
ACCÉDER À MA VIDÉOTHÈQUE
x

CONNEXION

Pour poursuivre votre navigation, nous vous invitons à vous connecter à votre compte Xerfi Canal :
Déjà utilisateur
Adresse e-mail :
Mot de passe :
Rester connecté Mot de passe oublié?
Le couple adresse-mail / mot de passe n'est pas valide  
  CRÉER UN COMPTE
x
Saisissez votre adresse-mail, nous vous enverrons un lien pour définir un nouveau mot de passe.
Adresse e-mail :

STOCKAGE DE VOS DONNÉES

Xerfi Canal utilise et stocke des informations non sensibles (par exemple : adresses IP, données de navigation, identifiants) obtenues par le dépôt de cookies ou technologie équivalente sur votre appareil. L’utilisation de ces données nous permet de mesurer notre audience et de vous proposer des fonctionnalités et des contenus personnalisés.

Les données stockées par Xerfi Canal ne sont en aucun cas partagées avec des partenaires ou revendues à des tiers à des fins publicitaires.

Vous pouvez librement donner, refuser ou retirer à tout moment votre consentement en accédant à notre outil de paramétrage des cookies.

ACCEPTER PERSONNALISER REFUSER

PERSONNALISEZ LE STOCKAGE
DE VOS DONNÉES

Cookies Google AnalyticsCes cookies permettent d’obtenir des statistiques de fréquentation anonymes du site Xerfi Canal afin d’optimiser son ergonomie, sa navigation et ses contenus.

Cookies de personnalisation du parcours de visiteCes cookies nous permettent de vous proposer, en fonction de votre navigation sur le site, des contenus et/ou des offres de produits et services les plus adaptés à vos centres d’intérêt.

Vous pourrez librement et à tout moment modifier votre consentement en accédant à notre outil de paramétrage des cookies.

VALIDER ANNULER