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01/09/201503:48

Xerfi Canal TV présente l'analyse d'Olivier Passet, directeur des synthèses Xerfi

 

On commence aujourd’hui à mesurer les effets pervers pour l’économie réelle du maintien dans la durée de taux d’intérêt historiquement faibles.  D’abord parce que la croissance a besoin de multiples leviers pour repartir. Tout ne peut reposer sur la seule politique monétaire.  Ensuite parce que les taux zéro accroissent considérablement la rentabilité des opérations de fusions acquisition, favorisant la concentration des moyens de production plus que la croissance.

Alors certes, le quantitative easing  pratiqué successivement par les différentes régions du monde a eu pour premier effet de déprécier les devises en cascade. Et ces différentes dévaluations, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, au Japon puis en Europe ont bien eu des effets tangibles sur l’activité,  boostant les exportations et réinjectant un peu d’inflation. 

Mais ce stimuli a été le plus favorable dans les pays qui l’ont utilisé de façon précoce, réduisant la casse au moment où la crise était la plus violente et la reportant sur leurs voisins.  Le dumping monétaire est devenu ensuite une arme défensive dans le cadre de la guerre des devises, qui s’est soldé au final par un jeu à somme nulle sur la croissance mondiale dans son ensemble.

Surtout, le quantitative easing  s’est avéré insuffisant pour armer un nouveau cycle de crédit propre à soutenir la demande des ménages ou des entreprises. Il a permis au mieux de freiner,  le mouvement de désendettement des agents privés. Mais les taux zéro ne modifient pas l’attentisme des investisseurs, faute de perspectives durables de débouchés.

D’autant que les taux zéro, portent en germes de très forts risques d’instabilité financière. Mario Draghi avait mis en garde les différents gouvernements sur ce risque.  Une hausse de 1 point de taux d’intérêt aujourd’hui, partant de niveaux très faibles, peut entrainer une baisse considérable des cours. Ce n’est pas le cas lorsque l’on part de niveaux beaucoup plus élevés. Le choc est moindre en termes relatifs. Si la croissance a besoin de stabilité financière, le QE, produit alors tout l’inverse.

Mais c’est surtout l’effet paradoxal que produit un environnement d’argent quasi-gratuit sur les stratégies d’entreprises en panne de débouché dont on prend la mesure aujourd’hui.  L’environnement de taux faibles n’a en rien permis de relâcher les exigences de rentabilité du côté des entreprises, soumises aux mêmes pressions de la part de leurs actionnaires.

Nous ne sommes plus dans les années 60 où la baisse des taux permettait une moindre sélectivité des projets, dopant l’investissement, les salaires mais dégradant aussi la rentabilité. Rien de tel aujourd’hui. Les taux sont à des niveaux dérisoires.  Et dans ce contexte, les entreprises font du levier pour restaurer leur rentabilité financière mise à mal par la faiblesse des débouchés et les pressions sur les prix. Elles mènent des opérations de fusion acquisition, pour renforcer leur position de marché. 

Ce faisant, elles achètent du capital déjà existant au lieu d’investir dans des projets nouveaux. Elles consolident leur secteur, détruisant du capital et de l’emploi au passage.
C’est précisément cet effet que l’on perçoit de façon de plus en plus claire en Europe. Les groupes américains, mais aussi chinois, en pleine désillusion les promesses des émergents ont une impérieuse nécessité de se refaire une santé financière.

Ils trouvent en Europe des entreprises relativement bon marché,  aux bilans assainis, qui ont démontré leur capacité à survivre dans un univers de change surévalué. Les FUSACS battent leur plein. Mais cela ne fait ni croissance, ni emploi.

 

Olivier Passet, Les dégâts de l'argent gratuit (ou presque), une vidéo Xerfi Canal TV


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Mots clés : Politique économiqueTaux d'intérêtCroissanceQuantitative easingPolitique monétaireFusions-acquisitions

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