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La stratégie allemande de long terme est bien connue. Et elle perdure contre vents et marées. C’est 1) se bâtir un socle productif exportateur inexpugnable sur le haut de gamme et 2) dégager des excédents qui sont à la source d’une accumulation de créances sur le reste du monde… C’est l’épargne de précaution, le matelas de sécurité de la nation allemande pour se couvrir contre les effets du vieillissement et du déclin démographique inexorable… L’Allemagne prépare de la sorte ses retraites et sa retraite industrielle. Elle se fabrique la rente qui lui permettra de maintenir le niveau de vie des générations futures.


L’Allemagne est ainsi un des grands créanciers du monde. Cela se lit dans sa position extérieure nette. C’est-à-dire la différence entre les avoirs et les engagements qu’elle détient sur le reste du monde. Au vu des chiffres, on pourrait se dire qu’elle a réussi son pari. Que l’économie est aux abris. La différence avec la cigale française est saisissante. Du strict point de vue quantitatif du moins. Mais qu’a-t-elle fait véritablement de son épargne ? Quels sont les actifs sur lesquelles elle gage son avenir ? Fort des excédents d’épargne de ses agents privés, on pourrait penser que l’Allemagne s’est bâti un portefeuille d’actifs à fort potentiel. Pour un pays comme l’Allemagne, dont la main-d’œuvre disponible va régresser, et avec elle le socle productif et l’assiette fiscale qui financera la dépendance, on pourrait penser que les entreprises ont engagé un fort redéploiement sur les marchés porteurs du monde. Là où il y a de la main-d’œuvre bon marché, un marché de consommation en pleine expansion et des ressources abondantes. Autrement dit capter la rente sur le reste du monde.


L’arme des fusions-acquisitions sous-utilisée


Cela ce sont les données d’investissement direct et celles sur les filiales opérant à l’étranger qui devraient nous le restituer. Fortes de leurs bonnes signatures et de leur haut niveau d’autofinancement, on s’attendrait à trouver un déploiement off-shore des entreprises allemandes bien supérieur à celui des pays cigales.


Les chiffres bruts ne doivent pas nous tromper. L’Allemagne contrôle certes le plus gros stock d’investissements directs à l’étranger dès lors que l’on élimine les petits pays paradis fiscaux qui hébergent des holdings…  Rapporté à son PIB, néanmoins, ce stock est inférieur à celui de la France. Et il est clair que l’Allemagne n’a pas saisi l’opportunité de ses énormes excédents pour se bâtir un maillage productif hors frontière à la hauteur de son potentiel financier. De surcroît, lorsque l’on scrute la ventilation des emplois des filiales étrangères allemandes, on y retrouve le prolongement de ce qu’est l’économie allemande, avec une hyper-pondération des secteurs des biens d’équipement et de l’automobile. Et une sous-pondération des services en comparaison de la France. Autrement dit, l’Allemagne s’expose aux mêmes risques à l’international que sur son espace domestique et n’utilise que faiblement l’arme de la fusion-acquisition pour diversifier et élargir ses savoir-faire.


Autre caractéristique édifiante, il apparaît que 30% de l’investissement direct allemand est logé aux Pays-Bas et au Luxembourg. Autrement dit, dans les paradis pour holding, et ne sont de fait que des montages d’optimisation fiscale des groupes allemands. Clairement, l’Allemagne n’a pas saisi l’opportunité de ses excédents pour lancer une grande offensive en matière de contrôle des entreprises à échelle monde et les opportunités de redéploiement vers de nouveaux secteurs porteurs.


Faible rendement et risque de défaut


Le reste des avoirs allemands, soit plus de 75 %, ce sont des investissements de portefeuille, des avoirs liquides et des réserves. Et là, le bât blesse à nouveau. Dans un contexte de très faibles taux d’intérêt, ce sont des actifs non seulement à très faible rendement, mais aussi exposés à un risque de défaut et de dépréciation que l’Allemagne contribue à aggraver en générant des excédents colossaux au détriment de ses voisins. L’Allemagne créancière se retrouve ainsi coincée. Soit les taux demeurent au plancher, et son épargne lui rapporte peu. Soit, ils remontent, et cette épargne s’expose à un risque de défaut et de dépréciation qui menace l’intégrité de son système financier. Et c’est cette impasse qui fragilise aujourd’hui les grandes banques allemandes. En voulant s’en extirper, en jouant sur les marchés dérivés en quête de hauts rendements, elles se retrouvent aujourd’hui au cœur de la tourmente.


L’Allemagne pourrait bien découvrir à ses dépens, à l’instar du Japon des années 90, que les créances peuvent se transformer en fardeau. Il ne suffit pas d’accumuler des avoirs : encore faut-il savoir les placer dans une optique de long terme…


Publié le mardi 9 avril 2019 . 4 min. 45

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