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Xerfi Canal présente l'analyse d'Olivier Passet, directeur des synthèses de Xerfi

 

Derrière le thème de la démondialisation, il y a d’abord l’évolution de la doctrine. Un retour de balancier par rapport à la version la plus extrême du fabless, de l’allongement à outrance des chaines de valeur. L’idée que conception et fabrication pouvaient être totalement dissociés. Les grands groupes en reviennent  lorsqu’ils constatent comment cette dissociation fragilise leur écosystème d’innovation. Suzanne Berger a bien décrit cette prise de conscience dans son ouvrage « making in America ». Et au-delà du quelques cas surmédiatisés comme Apple, des cabinets comme PWC communiquent abondamment sur le mouvement de reshoring qui sous-tendrait la renaissance industrielle américaine sans pour autant en apporter d’autre preuve que le redressement de la production industrielle.

 

Les exemples de relocalisation fleurissent néanmoins, dont près de la moitié seraient le fait d’entreprises américaines. Un mouvement qui gagnerait l’Europe selon PWC : sur 384 sociétés non financières de la zone euro, près de 60% ont relocalisé certaines opérations en 2013, contre 55% qui ont fait la démarche inverse. L'Italie, l'Irlande, l'Allemagne et l'Espagne en tête. Le Cabinet est fer de lance sur cette thématique mais il faut aussi être conscient aussi qu’orchestrer un changement de doctrine c’est aussi générer de nouveaux besoins de conseil.

 

Alors regardons les statistiques autres que la reprise industrielle américaine. Les preuves semblent alors s’accumuler mais l’empreinte de la crise est telle que la démonstration demeure très fragile.

 

Prenons par exemple le ralentissement du commerce mondial avec en toile de fond le recul de la propension à importer des économies développées, belle preuve d’un recul de l’intégration commerciale en apparence. Oui mais le commerce mondial amplifie toujours les mouvements du PIB. Démondialisation ou effet mécanique et transitoire du freinage de la croissance mondiale lié au désendettement ? Trop tôt à ce stade pour se prononcer.

 

Deuxième exemple. L’évolution conjointe des balances des transactions courantes et de l’investissement direct des pays développés. L’année 2008 semble marquer l’apogée d’un monde où la localisation de l’épargne et de l’investissement sont de plus en plus déconnectés. Les pays développés investissement massivement dans les pays émergents, alors qu’ils sont en déficit d’épargne. C’est exactement ce que permet en théorie un monde financièrement intégré. Pas besoin de détenir les fonds pour investir, il suffit de capter l’épargne du monde. Et clairement nous ne sommes plus dans cette séquence. Les pays développés abusent moins du crédit. Mais notons quand même qu’ils continuent à investir massivement à l’étranger et que les pays émergents attirent encore massivement l’investissement.

 

Il reste à mes yeux la preuve la plus probante que quelque chose se passe, du moins aux États-Unis. Il faut pour cela regarder de près les échanges intra-groupes. Par le passé, attirer des entreprises étrangères sur son territoire était déséquilibrant pour le commerce extérieur, les filiales implantées étant importatrices nettes de composants de leur maison-mère. On voit très clairement cet impact déséquilibrant dans le cas américain. Un impact compensé par la tendance inverse quand les entreprises américaines investissaient à l’étranger. Les maisons mères étaient exportatrices nettes auprès de leurs filiales étrangères. Cela est vrai jusqu’à la fin des années 90. Mais le lien se dérègle ensuite. Lorsque les entreprises s’implantent à l’étranger c’est de plus en plus pour y fabriquer des composants intermédiaires et les réimporter. Cette inversion de tendance va largement participer à la dégradation de la balance des paiements US. Or que voit-on depuis 2008 ? Que la tendance s’inverse à nouveau. La délocalisation des phases intermédiaires de fabrication perdrait en intensité. Un indice encore ténu, mais qui montre peut-être que la relocalisation est  une tendance suffisamment forte pour être perceptible à échelle macro-économique.

 

Olivier Passet, Les signaux d'une démondialisation industrielle, une vidéo Xerfi Canal



Publié le jeudi 11 décembre 2014 . 4 min. 04

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