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Macron - Borne : vers un compromis pro-business et austérité

Publié le mardi 12 juillet 2022 . 6 min. 22

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Entre l’arithmétique de l’Assemblée et la déclaration de politique générale d’Élisabeth Borne, prend peu à peu forme la nouvelle géométrie du macronisme quand ce dernier doit réellement composer avec la droite et la gauche, et non plus seulement élaborer sa propre synthèse en petits comités restreints sur un mode top-down.


Le pouvoir considérable du groupe LR


La configuration parlementaire est au fond moins entachée d’incertitudes que ne le suggère l’analyse à chaud.
Premièrement, l’élection n’ayant fait que des gagnants, à l’exception de la majorité sortante, nul n’a intérêt à provoquer une élection anticipée dans l’immédiat, ce qui réduit presque à néant le risque de censure, laisse un espace au 49.3, limitant la probabilité de paralysie totale. Le gouvernement au-delà de sa coalition de 250 députés doit s’adjoindre le vote de 39 députés supplémentaires pour faire émerger des majorités. Et il est clair que c’est auprès du réservoir des 62 députés LR qu’il ira prioritairement rechercher les compromis. Pour trois raisons principales :


1. pour des motifs de pure arithmétique, les Républicains étant le seul parti de gouvernement qui dispose à lui seul d’un nombre suffisant de députés pour atteindre la majorité (sachant qu’il détient de surcroît 42% des sièges au Sénat) ;
2. c’est dans ce périmètre que le gouvernement peut rencontrer le plus d’affinité doctrinale concernant la priorité accordée aux thérapies de l’offre ;
3. en dépit des rodomontades, LR n’a jamais agi en opposition frontale au Macronisme : lors de la précédente mandature, le groupe LR a voté la moitié des textes et s’est abstenu sur 20% d’entre eux.


Les tractations programmatiques notamment dans le champ fiscalo-social s’opéreront d’abord sur ce périmètre, le jeu étant probablement plus ouvert sur les questions sociétales et environnementales. Ne participant pas au gouvernement, n’étant donc pas lié à une discipline de vote, le groupe LR s’est octroyé un pouvoir de négociation considérable, dont il faut tenir compte.


Le gouvernement entravé sur le registre des dépenses


Dès lors, le discours de politique générale d’Élisabeth Borne ne préfigure que de loin ce que sera l’action concrète de son gouvernement. Sur cette base, on devine néanmoins le type de compromis que devra consentir le gouvernement pour s’adjoindre les voix LR :


- Il y’a d’abord les quelques points de convergence et non des moindres : la partie la plus simple sera paradoxalement la réforme des retraites, en dépit de sa faible assise dans l’opinion. LR et gouvernement convergent sur l’urgence d’une réforme paramétrique portant l’âge légal à 65 ans, sur l’alignement des régimes spéciaux et la volonté d’équilibrer financièrement le régime à court terme. Autre réforme phare côté ménages, celle des droits de succession, visant à exonérer les transmissions parent-enfant jusqu’à 150 000 euros. LR visant un seuil de 200 000 euros, la réforme ressortira probablement musclée de la tractation. Troisième réforme phare peu pénalisée, côté entreprises, la poursuite de la baisse des impôts sur la production pour 8 à 10 milliards, même si techniquement les violons ne sont pas accordés.
- Versant fiscal, le gouvernement sera en revanche soumis à une double pression des LR qui sonne comme une injonction paradoxale : baisser davantage les impôts de façon pérenne pour les entreprises et les ménages. Et stabiliser la dette. C’est donc sur le registre des dépenses, et notamment sur les besoins d’adaptation du système de santé, de formation et d’adaptation climatique, que le gouvernement risque d’être le plus entravé.


Les propositions de LR pourraient assécher durablement les finances de l’État


La loi sur le pouvoir d’achat donnera une première indication de la façon dont se résout cette tension fondamentale. Sur le papier le gouvernement semble privilégier un saupoudrage de petits chèques. Mais au fond, sa stratégie est dominée par un fort pragmatisme régi par deux grands principes :


1. Privilégier les mesures temporaires, à l’instar du triplement de la prime Macron. Qui épaule les entreprises sur un coup de pouce au pouvoir d’achat réduit à une composante non reconductible de la rémunération. Idem pour un certain nombre de chèques ciblés (chèque énergie, alimentaire, prime inflation, « indemnité carburant, travailleurs », etc.).
2. Second principe : agir directement sur l’indice des prix à travers notamment le bouclier tarifaire et le bouclier loyer, qui limitent les hausses sur l’énergie et le logement, deux des plus gros contributeurs à l’inflation. Ce faisant le gouvernement en retire un dividende appréciable : les points d’inflation évités limitent d’autant le surcroît de dépenses lié à l’indexation quasi automatique des minimas et prestations sociales sur l’inflation : 1 point d’inflation en moins, c’est 8 milliards de moins à débourser.


Philosophie très différente côté LR qui proposent de préserver le pouvoir d’achat via des baisses pérennes de fiscalité : baisse de la TVA et TICP, pour plafonner à 1,50 euro le prix de l’essence, baisse de la CSG sur les retraites, ou encore une baisse générale des cotisations des salariés pour booster les salaires nets. Plus transversales, plus coûteuses, ces mesures assèchent de façon durable les rentrées fiscales de l’État.


Concéder à LR en la matière, c’est entrer dans un jeu très droitier qui consiste à « affamer la bête », autrement dit à assécher les finances de l’État pour créer l’urgence sur les dépenses. Dans ce bras de fer, le mandat Macron II risque d’être et pro-business et pro-austérité. In fine, c’est la radicalité environnementale et le volontarisme en matière d’éducation et de santé revendiqués par Élisabeth Borne qui risquent d’en faire les frais.


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