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13/04/201504:56

Xerfi Canal TV présente l'analyse d'Olivier Passet, directeur des synthèses - Xerfi

 

L’idée du décrochage français s’est bâti sur la base de quelques indicateurs phares. Le déclin de la part de l’industrie et des secteurs d’exportation. Celui de nos parts de marché également. Mais surtout sur la base du PIB par tête. C’est-à-dire de la richesse produite sur notre territoire rapportée au nombre d’habitant. Qui s’éloigne continument de la trajectoire moyenne de l’OCDE depuis l’aube des années 90. Mais c’est bien au cours de la décennie 2000 que le fossé prend de l’ampleur,  et que prend corps peu à peu l’idée d’un décrochage dont les racines seraient d’ordre structurel.

D’autant que lorsque l’on précise les choses, et que l’on dépasse la moyenne de l’OCDE, qui recouvre des situations très diverses, le fossé, est à l’échelle  de celui qui  s’est creusé avec la seule économie américaine, économie de référence, emblématique de la dérèglementation et d’un positionnement technologique de pointe. Durant les années 2000, et jusqu’à la crise France et Allemande semblaient s’inscrire dans une histoire commune. Celle d’une vieille Europe, fonctionnant sur une base d’emploi trop étroite, privilégiant des solutions de partage du travail  et peinant à inclure la main d’œuvre peu qualifiée dans l’emploi. Il était clair alors, et les études empiriques étaient sans appel, que le décrochage du noyau dur européen avait pour source principale,  la difficulté de ses économies à mobiliser leur main d’œuvre. L’analyse des contributions pour expliquer notre écart de PIB par habitant avec les Etats-Unis soulignaient un un trop faible taux d’emploi et une moindre durée du travail par personne occupée. Ce constat reste d’ailleurs vrai en niveau. En revanche, nos écarts de productivité horaire apparaissaient comme une variable de second ordre. Et en dynamique, il est vrai que sur longue période, rien ne différenciait vraiment les trajectoires de productivité de ces différents pays. D’où une focalisation sur la problématique du marché du travail, et sur sa dérèglementation comme clé de résolution du gros de nos problèmes.

A y regarder de près, cependant, les choses sont beaucoup moins simple. La capacité de l’économie américaine à mobiliser plus de volume de travail par rapport à sa population est bien la clé explicative des écarts dans les années 1990. Dans les années 2000 et jusqu’à la crise de 2007-2008, toutes les économies s’incrivent dans un mouvement de baisse. Mais l’économie américaine maintient son avantage relatif, au moins jusqu’au milieu de la décennie ; Avec plus de recul, ce qui apparaissait alors comme un ajustement cyclique, temporaire donc, s’avère être une tendance lourde. La croissance américaine est devenue beaucoup moins inclusive. Son taux d’activité et son taux d’emploi  sont revenus dans la norme européenne. Et ce n’est plus de ce côté-là qu’il faut rechercher l’avantage américain en termes de croissance du PIB par tête… Mais bien du côté de la productivité.  Moins inclusif, laissant moins de place aux emplois à faible qualification, l’économie américaine s’est recentrée sur ses composantes à plus forte productivité. Et ce recentrage fait ressortir le fait que l’économie américaine a d’abord construit son avantage en termes de PIB par habitant, sur une meilleure efficacité productive, et non sur la prolifération des activités à faible valeur ajoutée qui plombait sa moyenne de productivité.

Le récent décollage allemand, et son mouvement de convergence vers les Etats-Unis est également riche d’enseignement. En apparence et du strict point de vue comptable, ce rattrapage est dû à la montée du taux d’emploi.  Montée saisissante depuis le milieu des années 2000. Puisque  l’Allemagne a créé un écart de près de 10 points avec la France en quelques années. En multipliant les petits jobs notamment.  Elle a été aidée aussi en cela par le fait que sa pyramide des âges joue aujourd’hui à son avantage.  La part des personnes d’âge hyperactif, les 25-59 ans qui sont majoritairement en emploi est stable quand elle décroit sensiblement en France. Mais, ce qu’il faut surtout retenir, c’est que l’Allemagne a réussi cette inclusion sans plomber ses performances moyennes de productivité. Le vrai ressort de son rattrapage, ce n’est pas le déversement massif des peu qualifiés sur les petits jobs, mais sa capacité à développer dans le même temps des secteurs à forte valeur ajoutée et à forte productivité, qui sont la vraie clé de son rattrapage.

 

 

Olivier Passet, Pourquoi le PIB par habitant décroche en France, une vidéo Xerfi Canal TV


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Mots clés : Economie françaiseEmploi, salaires, travail ProductivitéCroissanceOCDEPIB par habitant

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