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12/06/201805:36

Savoir décrypter la logique pro-business de Trump

 

Avec la crise, on aurait pu s’attendre à la revanche des salariés. Au sein même du « Main Stream » économique, on a commencé à admettre que le partage des fruits de la croissance jouait trop en faveur du capital. Et que ce déséquilibre était à la racine de la crise et de l’instabilité financière contemporaine. Les institutions internationales se sont mises à valider les travaux sur la déformation du partage de la VA en faveur du capital, sur le creusement des inégalités, en attribuant pour partie la cause à l’ouverture commerciale … FMI, OCDE ont commencé à promouvoir la restauration de filets de sécurité sociaux dans les pays les plus dérèglementés. Et la présidence d’Obama semblait  augurer une nouvelle ère de rééquilibrage social et environnemental.

Bref, la page des Reaganomics semblait se tourner. Ouvrant peut-être celle d’un retour de l’État Providence et d’une remise à jour du compromis fordiste. Trump a alors fait irruption comme un accident de l’histoire. Mêlant autoritarisme, ultra-libéralisme, protectionnisme, hyper-communication débridée, dans un grand fourre-tout à l’apparence incohérente. L’image du fou infantile, versatile, mégalo jusqu’au ridicule, a jeté un voile sur son action ; à tel point que presque personne n’a songé dans un premier temps à décrypter sa stratégie.

 

Décomplexé et sans entrave, le business selon Trump

 

Et pourtant, il y a bien une doctrine chez Trump. Non homologuée certes, mais que l’on pourrait qualifier d’abord de pro-business. Pro-business, ne veut pas dire « politique de l’offre », avec tout ce que cette dernière véhicule de douloureux, de vertueux. Il ne s’agit pas ici, de brider les salaires, d’intensifier la concurrence, de s’attaquer aux rentes, de bâtir une crédibilité financière par de l’orthodoxie budgétaire. Non. Une politique pro-business, c’est une politique qui dit business first, et qui musèle tout ce qui fait grain de sable : l’environnement, les règles prudentielles, les concurrents trop gênants, le coût de la protection sociale…. C’est le businesss décomplexé et sans entrave. C’est le déni de tout ce que les experts pointent comme des déséquilibres non soutenables.

Certes le mix du protectionnisme et du laisser-fairisme déroute les économistes, habitués à la cohérence de leur corpus. Il sonne comme un oxymore improbable, un libéralisme antilibéral,  et condamné de ce fait à l’échec. Comment l’incohérence pourrait-elle accoucher de résultats positifs ? La messe est dite. Trump ne peut qu’accoucher d’un fiasco. Et pourtant ce n’est pas ce que disent les chiffres ou les marchés. La croissance US se porte bien. L’emploi aussi.  On peut certes s’abriter derrière le fait qu’il s’agit d’une illusion de court terme, qui va tourner court. Mais est-ce vraiment incohérent ? Au fond, Trump ne serait-il pas l’incarnation extrême d’un nouveau trade-off, qui s’étend bien au-delà des frontières américaines ?

 

Moins d’État pour moins de mondialisation

 

Le compromis proposé, pourrait être résumé de la sorte : Moins d’état, contre plus de protection vis-à-vis du reste du monde. Plutôt que de promouvoir moins d’État, pour plus d’ouverture à la concurrence, à la manière Reagan, ou un État réparateur des inégalités primaires que génère la mondialisation, c’est-à-dire plus d’Etat, pour plus de mondialisation, à la façon sociale-démocrate, le capitalisme version Trump c’est moins d’Etat pour moins de mondialisation. Ce faisant, il prétend attaquer les inégalités à la racine : en rétablissant un plein emploi, en atténuant l’effet délétère de la concurrence avec les pays en dumping fiscal ou social.


Et ce nouveau trade-off fait des émules. Ce nouvel objet doctrinal, moins d’Etat, moins de mondialisation est celui qui rallie les attelages populistes hétéroclites. L’Italie en est symptomatique. Mais à y regarder de plus près, le Macronisme, en est aussi la version soft, beaucoup plus homéopathique. Et l’entente affichée entre les deux hommes est moins feinte qu’il n’y paraît, Car Macron c’est aussi business first. C’est moins d’aide sociale, une écologie business compatible. Et c’est aussi la tentation de restreindre la mobilité du capital, quand cette dernière devient déstabilisante, menaçant  les centres de décision, et une certaine fermeté à l’égard de la Chine.


Il faut se souvenir de la condescendance des Européens à l’égard de l’acteur d’Hollywood Reagan. Sa politique a mené à certains égards au pire, certes, mais 20 ans plus tard. Oui les inégalités se sont creusées. Oui la sphère financière est devenue ingouvernable. En attendant, elle a produit des résultats positifs à moyen terme, et s’est diffusée à travers toute la planète, changeant la face du capitalisme. Le risque chez Trump réside aussi dans son succès. Oui la croissance peut être au rendez-vous, que sa politique soit soutenable à long terme ou non. Oui la doctrine fait des émules. La facture de sa politique sera dans 20 ans, mais il sera trop tard pour corriger le tir.


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Mots clés : Economie mondialePolitique économiqueUSAPolitique américaineEconomieMacronTrumpBusiness

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