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ACCUEIL ECONOMIE Global L’industrie mondiale des...
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26/02/202004:21

Dans son dernier livre Le New Deal Vert Mondial, l’essayiste et prospectiviste Jérémy Rifkin avance que « les forces du marché sont en train de venir à bout de la civilisation des énergies fossiles ». Il anticipe également la fin des grandes industries intégrées comme celle du pétrole et le triomphe de la petite entreprise et des infrastructures décentralisées. Oui mais voilà : ce futur modèle de l’ère post-carbone semble, pour le moment, bien éloigné du phénomène actuel de concentration à l’œuvre dans nombre de secteurs, à commencer par celui des énergies vertes.

Depuis 2010, ce sont déjà plus de 2 800 Md€ qui ont été investis dans les énergies renouvelables, soit l’équivalent des investissements dans l’amont de la filière pétrole/gaz. À la différence que ce montant a progressé de 5% par an pour les énergies vertes au cours de la période 2010-2018 alors qu’il est en moyenne resté stable pour l’industrie pétrolière et gazière. La Chine totalise à elle seule 30% des dépenses nouvelles dans les énergies vertes, suivit par l’Europe à 27% et les États-Unis à 14%. Des pays qui soutiennent massivement la décarbonation de leurs économies grâce à la mise en place de politiques actives en faveur des nouvelles énergies. Fait notable : les pays émergents sont devenus depuis 2015 les premiers investisseurs, devant les pays post-industriels.

Ces investissements se sont révélés d’autant plus attractifs avec la chute du coût des technologies. Et c’est le jeu de la concurrence entre industriels conjugué à des conditions financières très favorables aux investissements qui contribuent à l’amélioration de leur compétitivité. Grâce aux innovations technologiques pour améliorer la puissance et le rendement des équipements, les industriels ont réussi en bout de chaine à abaisser le coût du kilowattheure dans l’éolien onshore et le photovoltaïque en-dessous de celui d’une centrale nucléaire voire même d’une centrale électrique au gaz ou au charbon, hors coûts liés au caractère intermittent de ces énergies. À ces progrès technologiques s’ajoutent les effets d’expérience, d’apprentissage et les économies d’échelle, fruit des opérations de concentration.

Car oui cette industrie a besoin de se consolider pour contrer les effets délétères de la concurrence sur les marges, tombées à un plus bas en 2018. L’EBIT rapporté au chiffre d’affaires des 8 poids lourds de l’industrie est passé de 9,8% en 2014 à 2,8% en 2018 si l’on retient les ratios médians de cet échantillon tandis que leur chiffre d’affaires progressait de près 13% par an sur la période. Et cette concentration capitalistique est déjà à l’œuvre. Les 5 premiers fabricants d’éoliennes représentent désormais les deux tiers de la puissance installée dans le monde à force d’opérations de croissance externe. Citons encore récemment la fusion entre Siemens et Gamesa ou celle entre Nordex et Acciona. Le marché du photovoltaïque, lui, apparaît moins concentré même si les acteurs chinois renforcent peu à peu leur domination.

Cette financiarisation des stratégies se double de logiques d’intégration verticale. De plus en plus d’acteurs se positionnent en aval de la filière, dans le développement de projets, l’installation et la mise en service de fermes éoliennes ou de centrales solaires ou encore dans l’exploitation et la maintenance de ces installations. Ce positionnement offre l’avantage de diversifier les risques, de mettre la main sur des revenus plus récurrents grâce aux contrats d’exploitation et de maintenance pluriannuels et éventuellement de mobiliser des synergies.

Si le marché promet de sauver la planète grâce à la chute des coûts de production dans l’éolien et le solaire, le jeu de la concurrence façonne dans le même temps une industrie du green business de plus en plus capitalistique, concentrée et intégrée verticalement. Toute ressemblance avec notre civilisation du carbone — et à l’industrie du pétrole — n’est que pure coïncidence…


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Mots clés : Economie mondialeEnergie / EnvironnementTechnologiePétroleGazCharbonNucléaireConcentrationEconomie mondialeTransition écologique

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