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Choisir dans le labyrinthe des filières des études de gestion

Publié le mercredi 4 mars 2020 . 6 min. 06

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En France, 550 000 étudiants sur 2,7 millions étudient de près ou de loin la gestion. Soit 1 sur 5. Les voies d’accès et les cursus sont très nombreux, rendant leur lisibilité difficile. Ce labyrinthe a de quoi déconcerter les candidats aux différents métiers de l’entreprise et du management.


Ainsi :

1. A l’université, on compte plus de 191 000 étudiants en économie, gestion et administration économique et sociale (AES) ainsi que dans les IAE, les écoles universitaires de management…
…et plus de 45 000 étudiants au sein des Instituts universitaires de technologies (IUT) qui préparent des DUT de gestion et de commerce;

2. Dans plus de 300 écoles de commerce, de gestion et de vente, reconnues ou non par l’Etat et au sein desquels coexistent des niveaux et des garanties très différentes quant aux diplômes et aux débouchés, le ministère recense plus de 187 000 élèves;

3. Au sein des Sections de techniciens supérieurs (STS) et assimilées, près de 92 000 étudiants préparent différents BTS dans le domaine des échanges et de la gestion;

4. Les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) de commerce sont fréquentées par près de 19 000 élèves;

5. Enfin, les cursus de gestion d’autres écoles, par exemple d’ingénieurs, ou des « Grands établissements » notamment les Sciences Po de Paris ou de région concernent quelques milliers d’étudiants;


Voilà donc pour le panorama. Sur quels critères choisir alors ?


Sans être exhaustif, voici quelques questions à se poser:

1. Premièrement. Quel cadre et quelle pédagogie ? Par exemple, en classe préparatoire, le rythme de travail demande une bonne résistance au stress : y réussissent souvent les élèves à l’aise scolairement mais qui ont besoin de contraintes pour véritablement se révéler. C’est l’inverse à l’université, où le taux d’encadrement est beaucoup plus faible : en plus de l’organisation, une bonne autonomie dans le travail est requise. Dans les écoles, l’encadrement est plus fourni mais le contenu disciplinaire est souvent moins étoffé qu’à l’université, tandis que le travail en équipe sous forme de projets a davantage de place, et l’accent est mis sur les stages et la vie associative. 

2.Deuxièmement. Quelles chances de succès ?  L’entrée dans les filières sélectives dépend le plus souvent du dossier que l’on peut produire sur Parcoursup  afin d’accéder en prépa, en IUT, en BTS, en double-licence ou dans l’une des licences très demandées et sélective de facto, et parfois de concours dans le cas des écoles postbac). Une fois admis dans un des cursus du supérieur, chacun peut faire ses preuves au-delà des attentes, ou au contraire faire l’expérience de difficultés inattendues. Mais il faut être conscient de la « marche » à monter lorsque l’on passe du secondaire au supérieur. En prépa, l’enjeu est d’obtenir la meilleure école possible, car il y a plus de places que de candidats aux concours : une dizaine d’établissements –les moins côtés et qui pourtant appartiennent à la Conférence des Grandes écoles,- n’ont pas fait le plein, l’an dernier, parmi les préparationnaires. Mais à l’université, le parcours d’obstacles a lieu chaque année : seulement 41% des bacheliers nouvellement inscrits ont réussi à valider du premier coup, l’an dernier, leur première année. Et les bacheliers généraux avec mention sont statistiquement ceux qui ont le plus de chances de réussir.

3. Quelle stratégie pour après ? Il en existe de nombreuses. Un exemple : le DUT de GEA, Gestion des entreprises et des administrations, donne des qualifications reconnues sur le marché du travail. Mais la majorité des diplômés poursuivent leurs études après cette formation, et pour certains, c’est une alternative à la prépa, dans le but d’une admission parallèle en école de commerce, le plus souvent en ayant complété par une troisième année de licence auparavant. Il s’agit seulement d’un cas de figure parmi bien d’autres, car il en existe nombreuses possibilités. Il faut donc toujours prévoir le coup d’après, et se renseigner sur les possibilités de poursuite d’études en fonction de son objectif final.

4. Quelle contrainte financière ? Même s’il existe des bourses, des emprunts étudiants ou des possibilités d’alternance, les écoles de commerce coûtent cher, généralement de 7 000 à 15 000 euros par an. Des alternatives existent comme les IAE, les écoles universitaires de management, dont 13 sur 50 recrutent dès après le bac, ou les filières universitaires qui, après la licence , mènent à des masters de gestion réputés.

5. Quelle qualité du diplôme ? A l’université et dans les établissements publics, la question de la qualité ne se pose pas : il s’agit de diplômes d’Etat ou reconnus par l’Etat.  S’agissant des écoles diplômant à bac +5, il faut s’assurer qu’elles délivrent bien un diplôme visé par l’Etat et ayant « grade » (ce qui veut dire équivalence) de Master. Cette information est disponible sur le site de la Commission d’évaluation des formations et diplômes de gestion (CEFDG). Il s’agit de la garantie la plus importante même si des labels, comme l’appartenance à la Conférence des Grandes écoles, et des accréditations internationales sont aussi mises en avant par les écoles.


La question est plus délicate pour les diplômes de Bachelor à Bac +3 ou Bac +4, de création récente. Une partie d’entre eux est visée par l’Etat, ce qui en fait des candidats naturels à l’attribution future du « grade » (ou équivalence) de Licence, qui vient d’être ouverte par les pouvoirs publics. En attendant, il faut au moins vérifier l’existence d’un visa de l’Etat sur le site de la CEFDG.

Attention, enfin : beaucoup d’écoles délivrent seulement des Titres certifiés inscrits au RNCP, le répertoire national des certifications professionnelles. La liste de ces titres se trouve sur le site de la Commission nationale des certifications professionnelles (CNCP). Néanmoins, il ne s’agit pas à proprement parler de diplômes du supérieur, ce qui limite notamment les possibilités de poursuite d’études.

Finalement, toute cette complexité ne facilite pas la tâche des candidats. Mais elle a au moins l’avantage de donner des possibilités diverses, et elle peut faire réfléchir à des stratégies adaptées à chacun, dans le but d’en tirer le meilleur parti possible.



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