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Est-il légitime que l’Etat finance autant les filières d’excellence ?

Enregistré le mardi 26 novembre 2019 . 4 min. 22

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Alors que les universités crient misère, un constat s’impose : les filières de l’enseignement supérieur les mieux dotées par les pouvoirs publics sont généralement les plus élitistes - si l’on fait l’exception des écoles de commerce -,  les moins ouvertes socialement, mais aussi et surtout celle qui débouchent sur les  carrières les plus rémunératrices, et qui offrent à leurs diplômés une véritable rente de statut, d’emploi et de salaire pour l’avenir.


Le débat sur le remboursement de la pantoufle à Polytechnique en a fourni une illustration caricaturale. Depuis 2015, les anciens élèves qui travaillent dans le privé -c’est la majorité- doivent rembourser les émoluments d’environ 880 euros mensuels (avec droits à la retraite pour une partie !) qu’ils ont perçus pendant leur scolarité s’ils ne servent pas 10 ans l’Etat, soit entre 21 000 et 31 000 euros selon qu’ils ont passé deux ou trois ans dans les effectifs de Polytechnique. Dans une règle précédente, mais qui s’appliquait peu, il leur était demandé de rembourser davantage, le coût de leurs études ayant été évalué à 45 000 euros.


L’X n’est pas la seule à offrir à la fois des conditions d’études exceptionnelles et un salaire : au total sept écoles publiques comme Normale Sup, Saint Cyr, l’ENA ou l’Ecole nationale de la magistrature paient leurs élèves entre 880 et 2 300 euros mensuels, ainsi que le note l’Observatoire des inégalités pour qui « les élèves que l’État rémunère proviennent dans leur immense majorité des classes aisées. La dépense engagée par l’État est un pur effet d’aubaine pour leurs parents ».  A l’inverse, seulement 38% des doctorants qui réalisent à l’université une thèse en sciences humaines et sociales bénéficient d’un contrat de recherche, une précarité qui explique que les vocations de jeunes chercheurs diminuent…


Ajoutons à cela que les élèves qui accèdent aux grandes écoles d’ingénieur publiques, dont les droits d’inscription sont très faibles et les conditions d’études bien plus confortables qu’à la fac, seront préalablement passés par les classes préparatoires, tout comme les étudiants des très grandes écoles de commerce d’ailleurs. Ces futures élites de la nation auront d’abord passé 2 ou 3 années par la case classe prépa, très sélective culturellement et socialement,  et la plus coûteuse pour l’Etat : 15 760 euros par an et par élève, avec un enseignement particulièrement soigné, et des effectifs réduits, sans cours en amphi, dans les meilleurs établissements. Certes, on rétorquera que les candidats aux grandes écoles de commerce paient ensuite des droits d’inscription très élevés, et même de plus en plus élevés.


Mais les moyens financiers, c’est ce qui manque à des pans entiers l’université, où l’état des locaux, les amphis surchargés où les très faibles moyens dévolus à l’administration : les chiffres moyens d’une dépense par étudiant officielle de 8 310 euros en licence, et de 11 310 euros en master n’en  prennent pas toute la mesure. Comme le note le ministère, « la comparaison directe du coût des formations est délicate, notamment en raison de l'intégration des dépenses liées à la recherche dans les universités ». En effet, l’Etat dépense en moyenne seulement 2 736 euros annuels par étudiant en Sciences Humaines et Sociales –celles qui nécessitent le moins de matériel-, 5 121 euros en Mathématiques et technologie de l’information et de la communication, ingénierie et systèmes, et 8 828 euros en « sciences de la matière et de la terre et de l’univers », selon les données relevée dans « une université » anonymisée par la Cour des comptes, une information dénichée  par l’enseignant-chercheur Yann Bisiou. Il cite aussi des rapports d’inspection selon lesquels la dépense directe par étudiant en droit-économie-gestion n’est que de 2 402 euros par an à l’université de Strasbourg et même de 950 euros à l’université d’Avignon….


On peut donc s’interroger sur l’opportunité du relèvement du coût d’accès aux grandes écoles : une telle disproportion des allocations des moyens publics est-elle légitime lorsque ces filières d’excellence, qui garantissent une rente de carrière et de rémunération à leurs impétrants, restent, malgré les bourses, socialement aussi sélectives.


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