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En 2012, la France était la 3e destination mondiale pour les études diplômantes à l’étranger après les Etats-Unis et le Royaume Uni. Mais ça, c’était avant. La France pointe désormais en 5e position, selon les derniers chiffres de l’Unesco portant sur l’année 2017. Dépassée par l’Australie, et dernièrement d’une courte tête par l’Allemagne, elle est aussi talonnée par la Russie et le Canada. Sa part de marché, tombée de 7 à 5% en cinq ans, fond rapidement. Mauvaise nouvelle pour le « soft power » français.


La destination France ne recule pas en valeur absolue. La France a accueilli 258 000 étudiants internationaux en 2017, pour une petite moitié (46%) venant d’Afrique, un quart (25%) d’Europe, et les autres 29% du reste du monde. Mais elle perd du terrain. Car la population étudiante a explosé ces dernières années sous l’effet du développement de l’Asie. Certes, une toute petite partie de cette immense population (2,4%) suit un cursus de « mobilité diplômante » dans un autre pays : mais c’est 5,3 millions d’étudiants, contre seulement 2 millions en 1998.


La France a l’écart du boum asiatique


Perte d’attractivité de notre enseignement supérieur, faiblesses de la politique d’accueil : les raisons de la glissade sont multiples et se lisent dans les résultats de la dernière étude de Campus France, l'organisme public chargé de promouvoir l'accueil des étudiants étrangers en France, sur la mobilité internationale des étudiants.


D’une part, la France est restée largement à l’écart du boom asiatique. Entre 2012 et 2017, les effectifs des étudiants chinois en France, un peu plus de 28 000 étudiants aujourd’hui, ont baissé de 3%. Or les pays qui progressent le plus sont ceux qui ont accueilli le plus d’étudiants chinois et indiens, bien entendu l’Australie et les Etats-Unis, mais aussi le Canada et même l’Allemagne.


Plus inquiétant, la France n’a pas brillé en Europe. Au sein du programme Erasmus +, elle n’est que le 4e pays d’accueil après l’Espagne, le Royaume Uni et l’Allemagne ! Alors que les effectifs d’Erasmus + ont progressé de 22% en cinq ans (entre 2012 et 2017),  le nombre d’étudiants accueillis en France, soit 28 476 en 2017, a baissé de 3%.


Enfin, la France n’a pas bien tiré parti de son potentiel dans les pays francophones d’Afrique du Nord et subsaharienne. Ces étudiants sont aussi courtisés par d’autres pays européens — l’Allemagne a la politique la plus généreuse du monde en matière de bourses —, le Canada ou les États-Unis ainsi que nombre de pays émergents actifs pour accroître leur influence : ensemble, et c'est Béatrice Khaïat, directrice générale de Campus France qui le souligne, la Turquie, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et la Malaisie attirent davantage d’étudiants africains que la France.


Politique inadaptée et coût de la vie à Paris


Cette perte d’attrait reflète, à la façon d’un miroir, la détérioration de la situation de nombre d’universités. En France, 69% des étudiants étrangers étudient à l’université. Mais cette part a eu tendance à s’éroder ces dernières années au profit des écoles de commerce ou d’ingénieurs qui se sont internationalisées et qui ont recruté en Asie.


Les écoles de commerce ont certes fait le plein d’une clientèle qui pouvait payer. Mais nombre d’autres candidats ont pu être rebutés : envisager des études universitaires en France reste très coûteux pour beaucoup de prétendants non-européens, alors que l’image renvoyée est, dans certains cas, celle du manque de moyens, du faible taux d’encadrement, d’une administration débordée, du mauvais état d’une partie des bâtiments... Reflet de ces inquiétudes : la baisse des effectifs des doctorants internationaux en France (-8% en cinq ans), alors que le doctorat progresse partout dans le monde.


D’autres facteurs négatifs ont joué :


- la lourdeur des démarches et des tracasseries administratives pour les étudiants non-européens, qui ont culminé avec la circulaire Guéant de 2011 restreignant la délivrance de titres de séjour ;


- il y a aussi la hausse du coût de la vie et en particulier du logement en Ile-de-France, où étudient plus d’un tiers des étudiants étrangers ;


- plus récemment, la volonté du gouvernement d’augmenter les droits d’inscription à l’université pour les étudiants étrangers extra-européens a envoyé un nouveau signal négatif. Le but serait de financer une amélioration de leur accueil. Une stratégie peu convaincante tant elle place la charrue loin devant les bœufs.


Repenser la politique d’accueil des étudiants étrangers


La course à l’internationalisation peut connaître des soubresauts mais elle ne semble pas terminée : le chiffre de 9 millions d’étudiants internationaux devrait être atteint en 2027. La dimension stratégique des échanges universitaires devrait rester importante. La Chine, qui compte près d’un million d’étudiants hors de ses frontières, s’affirme de plus en plus comme une destination d’accueil. La Russie, qui a attiré plus de 250 000 étudiants étrangers, soit presque autant que la France, recrute à 70% parmi les pays de l’ex-URSS.


Plutôt que de continuer à reculer, la France a finalement, sous ses yeux, une opportunité historique à laquelle elle pourrait se préparer. Car le Français, 5e langue mondiale avec environ 300 millions de locuteurs selon l’Observatoire de la Francophonie, devrait dépasser le milliard de locuteurs en 2065, compte-tenu de la croissance démographique des pays francophones.


L’enjeu du développement de l’Afrique francophone et de nos relations avec le continent devrait nous inciter à repenser notre politique d’accueil et de circulation des étudiants internationaux. Contribuer à former les élites des pays en développement, c’est notre influence culturelle, mais aussi économique et stratégique dans le monde, qui est en jeu.


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