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Pourquoi les places restent rares dans les "très grandes écoles"

Publié le mercredi 19 février 2020 . 6 min. 44

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La taille des promotions des très grandes écoles françaises et leur réticence à augmenter le nombre de places aux concours lors des dernières décennies a de quoi interroger. La massification de l’accès à l’enseignement supérieur semble être passée inaperçue au sommet de la pyramide, dans ces établissements d’élite à qui, étrangement, on demande régulièrement de faire des propositions pour améliorer leur ouverture sociale sans souligner l’évidence : sauf à pénaliser les bons élèves aujourd’hui admis, c’est par une hausse de la taille des promotions que ces établissements pourront s’ouvrir à d’autres élèves, également excellents, mais qui échappent largement aux modes de recrutement actuels.


Des voies royales encore très « sélectes »


Qu’on en juge. En 30 ans, l’effectif étudiant s’est accru d’un million en France, soit une hausse de 60%. Notre pays comptait 1,7 million d’étudiants en 1990, et près de 2,7 millions aujourd’hui. L’université a absorbé près de la moitié de ce nouveau million d’étudiants, ses effectifs passant de 1,1 million à 1,6 millions d’étudiants en trente ans. Et globalement, les écoles, et notamment les grandes écoles, ont connu une croissance fulgurante : les effectifs des écoles d’ingénieurs, 118 000 élèves aujourd’hui, sont deux fois et demi plus élevés qu’il y a trente ans. Et ceux des écoles de commerce, 136 200 élèves, ont été multipliés par trois.


Pour autant, les très grandes écoles n’ont que très peu ouvert leurs portes de leurs voies royales : elles qui recrutent très peu par admissions parallèles, ont répugné à augmenter le nombre de places offertes au concours malgré la massification de l’enseignement supérieur.


• En 1872, Polytechnique avait porté à 280 le nombre de places à son concours, ouvert aux seuls jeunes gens. Et 148 ans plus tard, ce sont seulement 425 places qui sont offertes aux élèves de classes préparatoires en France. Ce qui n’a pas empêché l’école de profiter de son attractivité pour créer un diplôme payant de Bachelor of Science 2017 ou encore des Masters of science and technology en 2016.
• A Normale Sup Ulm, autre monument du paysage français de l’enseignement supérieur, 100 places étaient ouvertes au concours en 1857, époque où les jeunes filles n’avaient pas le droit de se présenter aux concours. Actuellement, environ 200 places sont ouvertes chaque année au concours : une centaine en lettres et autant en sciences. L’effectif a donc seulement doublé en plus d’un siècle et demi ! Mais d’autres voies ont été ouvertes à côté, en particulier celle « d’étudiant » de Normale Sup – et non pas « d’élève », subtile distinction, notamment parce que les étudiants ne sont pas embauchés comme fonctionnaires ni rémunérés —, dotée d’une centaine de places, ou la voie internationale.
• A HEC, le nombre de places au concours est resté remarquablement figé à 380 places au cours des années 2000, jusqu’à l’an dernier, où l’annonce de l’ouverture de 400 places, soit seulement 20 de plus, a pourtant fait l’effet d’un tremblement de terre…. Mais là aussi, cela n’a pas empêché l’école d’ouvrir d’autres programmes, de mastères spécialisés par exemple.


Entre-soi et esprit de club perdurent toujours


Pour les plus grands établissements, malgré la hausse du nombre des étudiants, sélectivité veut d’abord dire « sélect ». Polytechnique a été régulièrement sollicitée, depuis les années 1980, pour augmenter ses effectifs et a constamment fait preuve de réticence. En interne, on évoque toujours le manque de bons candidats, ce fameux « manque de pression » dans le tuyau qui amène les élèves, et on met aussi en avant l’importance des différences de niveaux entre les premiers et les derniers admis !


Pourtant, la sélection des élèves reste marqué par de nombreux biais comme l’a par exemple démontré un rapport interne à Polytechnique, révélé par Benoît Floc’h dans Le Monde en novembre 2014, et qui constatait, parmi les candidats admissibles, une préférence de fait du jury pour les candidats parisiens et non-boursiers.


La tendance à la reproduction des élites, et leur faible contribution à la démocratisation du supérieur, ne sont pas une spécificité française. Le phénomène est encore plus marqué dans les universités américaines les plus prestigieuses, celle de la « Ivy League », à Harvard, Princeton ou Yale. C’est Daniel Markovits, auteur du livre The Meritocracy Trap, qui a mis en lumière l’ampleur de cette discrimination positive inversée : le professeur de Yale suggère que ces universités s’engagent à rééquilibrer leurs recrutements en doublant la taille de leurs promotions, et de conditionner leurs avantages fiscaux à la réalisation de cet objectif.


En France, conscientes qu’elles sont trop petites pour exister face aux grandes universités étrangères  — comme l’École polytechnique fédérale de Lausanne et ses 11 500 étudiants —, les très grandes écoles françaises ont choisi de se regrouper. Polytechnique a fondé avec quatre écoles-sœurs – l’ENSTA, l’ENSAE, Telecom Paris et Telecom Sud Paris — un Institut Polytechnique de Paris dont HEC est partenaire. Et Normale Sup Ulm est membre de Paris Sciences et Lettres aux côtés — entre autres grands établissements — de l’école des Mines et de Chimie Paris Tech.


L’entre-soi et l’esprit de club perdurent. Le malthusianisme de la sélection initiale est toujours la règle, alors qu’ailleurs les recrutements sont plus larges. Ce n’est pas seulement un concours réussi à 20 ans mais l’expérience de toute une vie qui devrait être le juge de paix des parcours des élites.


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