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C’est une confidence de Bill Gates, le fondateur de Microsoft, faite à quelques journalistes, à une époque - il y a presque trente ans - où il venait souvent en France, car il y était le leader du logiciel alors qu’aux Etats-Unis il n’était que 3ème. « Dans votre pays, nous avait-il dit, la peur de l’échec freine l’innovation. Les ingénieurs français seraient les rois du monde s’ils n’avaient pas peur de l’échec. » Il y avait dans les équipes de Microsoft plusieurs ingénieurs français, et il les trouvait géniaux. Il était convaincu – et c’est pourquoi il n’a pas été surpris par le développement de la French Tech - qu’ils auraient tous pu créer de grandes entreprises comme leurs collègues américains au lieu de rester salariés, mais qu’ils étaient inhibés par la crainte d’échouer.

Même si c’est moins vrai pour les jeunes générations et pour les start uppeurs aujourd’hui, la peur de l’échec reste encore ancrée dans notre mentalité. Notre société ne nous vaccine pas contre elle. Pendant très longtemps, l’échec de l’entrepreneur le marquait au fer rouge. Il était « fiché » par la Banque de France. Ça laisse des traces chez les banquiers. On disait aussi qu’après un échec grave, un Suédois se relevait en 1 an, un Allemand en 6 ans, un Français en 9 ans seulement.

D’où vient cette peur d’échouer qui empêche de prendre des risques et donc de voir grand ? De très loin, c’est sûr. Ainsi, Descartes ne parle jamais d’échec, sinon pour nous faire culpabiliser : dans les Principes de la philosophie, il dit : « Nous savons que l’erreur dépend de notre volonté » ! Ce qui est très culpabilisant, car dans ce cas, échouer, c’est échouer à être… Dans un pays très essentialiste, on nous inculque très tôt que « rater », c’est au final « être un raté ». Comme le dit le philosophe Charles Pépin, « on confond l’échec de son projet avec l’échec de sa personne ».

En France, mais au Japon aussi, car nous ne sommes pas les seuls, l’échec scolaire est stigmatisé. Vous avez entendu parler de PISA, cette étude comparative des systèmes scolaires dans le monde, où la France est mal classée. Et bien PISA a montré que la peur de se tromper était chez nos enfants extrêmement élevée. Il semble qu’aux QCM, beaucoup de petits français préfèrent ne rien mettre quand ils ne sont pas certains de la réponse ! Alors qu’il n’y a pas de points négatifs, donc rien à perdre !

Les Américains disent « Fail fast, learn fast » : si on tombe vite, on apprend vite - et on réussit vite, comme Bill Gates ou Steve Jobs qui, avant 18 ans, ont connu l’échec avec leur toute première activité, ce qui leur a permis d’être mâtures plus vite que les autres. En France, on ne parle pas de fast fail, on parlerait plutôt de Fast track : le succès scolaire est censé vous mettre vite sur des bons rails, définitivement. Parce que vous avez été le meilleur en maths à 18 ans, que vous avez fait une prépa ou une grande école, vous êtes assuré d’une carrière au sommet. Si vous êtes inspecteur des Finances, il ne peut rien vous arriver - j’exagère à peine. Vous serez toujours recasé, vous rentrerez – l’expression est incroyable – dans votre « corps d’origine ».

Pourtant, ce n’est pas avec des premiers de la classe qu’on fait des Apple ou des Microsoft.

La leçon de cette histoire ? Il faut faire sienne la maxime de Nelson Mandela, qui fut longtemps emprisonné avant de devenir le président d’une Afrique du Sud réconciliée. Il disait : « Je ne perds jamais. Soit je gagne, soit j’apprends ».


Publié le vendredi 31 mai 2024 . 3 min. 33

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