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23/05/201903:12

Le simple fait de prononcer le terme éducatif ne garantit jamais qu’un programme est vraiment éducatif ! Et comme le disait très bien Albert Camus : « Mal nommer les choses c’est ajouter aux malheurs du monde ».


L’utilisation frauduleuse du terme « éducation » est visible autant dans l’enseignement initial que dans l’enseignement supérieur. On peut même affirmer sans trop prendre trop de risques que l’utilisation de l’expression « executive education » dans les programmes de formation pour adultes est très souvent abusive.


Pourquoi cela ? Et bien tout simplement parce que la notion d’éducation ne peut se limiter à une simple transmission de savoirs ou de savoir-faire. Pour comprendre ce qu’est un programme réellement éducatif, on peut s’appuyer sur les travaux du philosophe Richard Peters qui identifie 3 conditions essentielles.


Premièrement, si dans l’acception du terme éducation il y a bien l’idée d’un savoir prodigué, ce savoir ne peut se limiter à des connaissances techniques ou spécialisées. Pour être éducatif, le savoir doit être estimable. Il doit mériter un certain respect intellectuel et moral sans être préjudiciable pour l’apprenant. Si ce n’est pas le cas, le terme « instruction » sera plus approprié.


Deuxièmement, l’éducation doit apporter une dimension réflexive, c’est à dire une capacité à réfléchir délibérément sur sa façon de faire en vue d’améliorer ses pratiques. Cela exige d’appréhender les sujets à traiter de façon plus large et plus ouverte que d’ordinaire. En fait, la seule maitrise de connaissances techniques est insuffisante pour dire d’une personne qu’elle est éduquée et le terme de « formation » sera alors plus approprié.


Troisièmement, les activités éducatives doivent écarter toute pédagogie et procédure susceptible de limiter la volonté ou l’envie d’apprendre de l’apprenant. Elles doivent donc offrir une relative liberté d’explorer les savoirs qui le préoccupe ou qui peuvent servir ses intérêts personnels et professionnels lorsqu’ils sont réalistes et respectables. Dans le cas contraire, le terme d’apprentissage sera plus approprié.


A ces trois conditions, il est nécessaire d’en adjoindre une quatrième dédiée à l’intelligence sociale. Une activité éducative doit s’efforcer de développer chez les apprenants un sens aigu du collectif en les sensibilisant à l’importance de la qualité des relations sociales. Cela exige notamment de savoir négocier judicieusement parmi un ensemble de relations plus ou moins précaires et complexes.


C’est donc parce que ces quatre conditions essentielles sont finalement assez rarement réunies dans les formations proposées en « executive education » que le terme éducation est usurpé.


Pour inverser cette tendance, les responsables des programmes d’executive education doivent prendre le risque de faire des offres réellement éducatives ce qui demande, et ce n’est pas simple, de ne pas se contenter de répondre aux exigences d’opérationnalité et d’employabilité de leurs participants et leurs donneurs d’ordres.


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Mots clés : ManagementEnseignement formationEducationApprentissageFormation professionnelleSavoirIntelligence sociale

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