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« Le gouvernement mobilisera tous les moyens financiers nécessaires pour porter assistance, pour prendre en charge les malades, pour sauver des vies quoiqu’il en coûte ». Avec ce passage dans son adresse aux français du 12 Mars 2020, le Président de la République a, c’est le moins que l’on puisse dire, suscité de nombreuses réactions parmi les observateurs de la vie publique.


L’une d’entre elles est proposée sous le titre « L’idolâtrie de la vie » par le philosophe et mathématicien Olivier Rey, pour qui cette célébration apparente de l’existence cache mal le caractère sacré, et oublié, de la vie. La vie ne serait plus rien d’autre qu’une responsabilité gouvernementale, et la mort, présentée ainsi, ne serait plus finalement qu’un « échec du système de santé » (p. 16). Mais avant de parvenir à cette franche conclusion, cet essai édité dans la collection Tract-Gallimard avance plusieurs thèses qui méritent peut-être qu’on s’y arrête quelques instants :


-Tout d’abord sur le problème de l’assistance due aux malades, Rey note (p. 8) que « plus le pouvoir central porte secours aux citoyens, plus ceux-ci sont enclins à lui reprocher les maux dont ils souffrent. » Le raisonnement est ici le suivant : si le gouvernement est impuissant, nul citoyen ne lui fait le moindre reproche sur son inefficacité. En revanche, plus les dirigeants nous font croire qu’ils peuvent agir à notre place, plus ils s’imaginent pouvoir tout faire, et plus nous les tenons pour responsables de nos maux car nous imaginons à notre tour qu’ils ont la capacité de nous en libérer. Alors que le plus souvent, hélas, ils en sont incapables. En bref, écrit l’auteur, « les glapissements contre l’incapacité des « grands » dans des crises qui les dépassent est une façon de se maintenir en position de servitude » (p. 48-49). Le meilleur cas d’école est celui de l’enseignement scolaire justement, nous dit aussi l’auteur (p. 15), supposé « transmettre des savoir-être, (…), installer une éthique de la discussion, sensibiliser au développement durable, (…), promouvoir une société inclusive, lutter (…) contre les stéréotypes genrés, garantir l’excellence pour tous, (…) apprendre à manger équilibré, (…), à identifier et repousser les fake news » toutes choses face auquel le système éducatif se montre impuissant car « la liste » de ces exigences « est infinie ».


-Seconde thèse, celle qui consiste à prendre le contrepied d’une critique souvent entendue consistant à reprocher aux gouvernants de compter leurs sous dans une période qui exigerait une tout autre attitude. Or l’auteur nous rappelle que la gestion des fonds publics n’est pas une fonction indigne des gouvernants élus mais qu’il s’agit au contraire du minimum qui leur soit demandé. Quant au reproche qui leur est fait de n’avoir pas anticipé l’augmentation des lits de réanimation à l’hôpital public, (p. 17), ce serait selon lui un quasi non-sens. « Dès lors que l’on réclame du système de « santé » qu’il soit capable de faire face à toutes les situations » indique-t-il, « il y aura nécessairement des situations où il manquera de ressources ».


-Troisième thèse enfin qui consiste à mettre en évidence la contradiction interne de ceux qui passent leur temps à s’indigner contre l’horreur économique, on se souvient de l’ouvrage de Viviane Forrestier portant ce titre, tout en exigeant davantage de lits de réanimation à l’hôpital public, car (p. 22) selon l’auteur « c’est la continuation de la première qui autorise la multiplication des seconds ».


Au fond, dans cet essai qui tente d’interroger la biopolitique avec vigueur, il est question de se demander si cette manière de vouloir guérir, « à tout prix », de maux qui sont parfois sans remède, est une bonne stratégie. Mais il lui manque toutefois de s’interroger sur les moyens à adopter pour guérir, quand c’est encore possible, en adoptant par exemple la position d’un catastrophisme éclairé déjà évoqué sur cette antenne, et auquel Olivier Rey n’oppose timidement qu’« un certain art de souffrir et de mourir » (p. 45-46). Là où il faudrait, sans idolâtrie, mais avec résolution, rappeler que vivre dans l’oubli de la vie, qui seule donne de la valeur aux choses, n’a strictement aucun sens. Comme l’indiquait le philosophe Michel Henry, qui a su donner à la notion de vie son plein développement philosophique, naître ne signifie pas venir au monde. Naître c’est toujours, indiquait-il, « venir dans la vie. » (1996, p. 79).


Publié le mardi 30 novembre 2021 . 4 min. 04

D'APRÈS LE LIVRE :

L’idolâtrie de la vie

L’idolâtrie de la vie

Auteur : Olivier Rey
Date de parution : 25/06/2020
Éditeur : Gallimard
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