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12/09/201703:45

« N’oublie pas de nous faire ton feed-back », « envoie-moi ton plan d’action correctives » : voilà deux phrases on ne peut plus courantes dans la vie des organisations. Etablir des objectifs initiaux, mettre en place un plan d’action puis des indicateurs de succès ou d’échecs enfin engager des actions rectificatives selon les résultats obtenus, voilà le cycle habituel auxquels on pourrait rattacher l’essentiel des dispositifs managériaux. Les processus récursifs et prétendument originaux de type build-mesure-learn, les trois mots-clés du Lean Start-up, c’est-à-dire faire-tester-corriger pour tenter de réduire l’incertitude, ne sont en fait que la sempiternelle répétition du même schéma de contrôle rétroactionnel qui s’impose en management depuis des décennies.


En fait, on peut précisément dater l’apparition de ces notions de feed-back, d’apprentissage, de rétroaction, de modélisation ou de codage lesquelles sont aujourd’hui incontournables pour qui travaille en entreprise ou même dans une administration publique. On ignore généralement toutefois qu’elles proviennent toutes des conférences Macy qui se sont tenues, cela ne date pas d’hier, au milieu des années 40 aux Etats-Unis. Ces conférences scientifiques sont considérées aujourd’hui comme le lieu où s’est constitué le courant de la cybernétique dont le but était d’unifier tous les champs du savoir autour des sciences de l’information.


Or, s’il est un champ où cette unification s’est effectivement produite c’est bien la gestion. Comme le montre Baptiste Rappin dans une série d’ouvrages et notamment celui-ci, Heidegger et la question du management, parus aux Editions Ovadia, c’est la notion cybernéticienne de retour d’information qui préside à l’élaboration de presque toutes nos disciplines: en particulier le contrôle bien sûr, la stratégie et la gestion des ressources humaines. Baptiste Rappin, lui-même maître de conférences à l’école universitaire de management de Metz, nous indique plusieurs exemples de structure fonctionnelle en forme de spirale ou de moulinet, comme la roue de Daming ou le tableau de Kaplan et Norton, qui ont servi de base à toutes les représentations que l’on observe depuis dans les livres de management. Il s’agit d’initier à chaque fois un mouvement circulaire, qui revient en son sein initial, après avoir parcouru toute une série de stades.


L’idée sous-jacente de cette logique giratoire et intégrale est double : la première est de lutter contre les aléas de la vie en mettant en place un mécanisme d’apprentissage perpétuel. Et Rappin d’affirmer alors que le management est bien un état d’exception permanent.


La deuxième idée, liée à la première, est d’affirmer un principe d’équivalence entre le cerveau et l’électronique. C’est précisément là qu’intervient Heidegger lorsqu’il déclare que « dans la représentation du monde par la cybernétique, la différence entre les machines et les êtres vivants est (purement et simplement) abolie ». Entre les deux, l’information devenue un équivalent général, est soi-disant capable de faire progresser ensemble, par processus itératifs, et l’homme et la machine.


Que peut-on apprendre alors de tout cela ? Eh bien qu’entre temps c’est la conscience émotionnelle qui a disparu, c’est l’affectivité humaine qui est comme emportée dans le flux communicationnel, jusqu’au point de disparition du travail vivant. Le fonctionnalisme rétroactif du management se produit, tout en délaissant l’énergie humaine non immédiatement productive. Bref, comme le déclare Rappin, « la chair de l’employé a disparu », celle du manager aussi,  sa capacité à méditer son propre travail également. Dès lors, à l’heure où de plus en plus de théoriciens des organisations semblent en appeler à l’émergence d’un management humaniste, le moment ne serait-il pas venu de remettre en cause les schémas de pensée du vieux monde de la cybernétique ?


En savoir plus

Mots clés : Management

Heidegger et la question du management

Heidegger et la question du management

Auteur : Baptiste Rappin
Date de parution : 31/10/2015
Éditeur : Les éditions Ovadia
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