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https://player.vimeo.com/video/431379183?autoplay=1 Ghislain-Deslandes-Tous-codeurs-ou-plutot-decodeurs-des-capacites-de-la-machine--306347138.jpg
24/11/202004:25

Savoir lire, écrire et parler, plusieurs langues si possible, voilà trois objectifs encore assignés aujourd’hui à l’école. On y ajoute en général l’apprentissage du calcul et, depuis quelques années, on entend dire de plus en plus qu’il faudra aussi apprendre à coder. Le codage non plus comme une activité réservée à quelques happy few, mais comme la seule manière d’accéder à l’intelligence contemporaine, celle des ordinateurs. Le codage comme façon de se reconnecter avec le monde économique et aller bon train dans le sens de l’Histoire avec un grand H. Tous codeurs nous serons, parce que sans cela nous ne comprendrons bientôt plus rien. Celles et ceux qui ne maîtriserons pas le langage binaire devront faire face à leur impuissance et à leur marginalisation progressive.


Face à cette plaisante thèse du codage pour tous, ne serait-il pas judicieux d’écouter ce qu’en pensent les codeurs eux-mêmes ? C’est ce que nous propose Aurélie Jean, une jeune scientifique numéricienne passée par le MIT, qu’on s’est habitué à voir de plus en plus souvent dans les médias généralistes, qui tente dans un livre d’éclairer sur ce qui se cache de « l’autre côté de la machine ».


Or qu’y voit-on ? Eh bien que l’urgence n’est pas de faire de chaque citoyen un codeur qui s’ignore mais de réconcilier les ignares que nous sommes plus ou moins sur les enjeux de la modélisation numérique et les possibilités économiques, culturelles et sociales offertes par l’intelligence des algorithmes. Le développement de l’intelligence artificielle est tel en effet qu’il nous appartient d’abord de bien saisir la portée des questions politiques, éthiques et proprement « métaphysique(s) » (p. 98) qu’engendre cet essor inéluctable. Car c’est de ce côté que se situe le déficit d’éducation le plus préoccupant, notamment parmi les décideurs, et certainement pas la nécessité illusoire de faire de chacun d’entre nous des spécialistes de langages informatiques plus ou mois élaborés, et déjà plus ou moins obsolètes.


Le voyage que nous propose ici Aurélie Jean passe d’abord par le récit de ses propres travaux dans les domaines de l’ingénierie, du journalisme, de la santé, lorsqu’elle travaille sur la cartographie détaillée de la zone intracrânienne, ou de l’information financière, notamment dans le département Equity de Bloomberg qu’elle intègre en 2016. On y apprend que l’expression de « bug » vient en fait d’un insecte qui s’est logé le 9 Septembre 1945 dans le Mark II, l’un de tout premiers ordinateurs dignes de ce nom, occasionnant des erreurs dans les calculs réalisés par la machine. Que le mot « algorithme » est une version latinisée du nom d’un mathématicien ouzbèque qui vécut à Bagdad au milieu du IXème siècle.


L’auteur n’hésite pas par ailleurs à distribuer bons et mauvais points. Bons à l’endroit du Larousse 2019 qui définit l’algorithme, très justement affirme-t-elle, comme « un ensemble de règles opératoires dont l’application permet de résoudre un problème énoncé au moyen d’un nombre fini d’opérations » (p. 29). Elle s’amuse aussi, au passage, à déconstruire l’image peu séduisante de l’informaticien frustré dépossédé de la possibilité de jouir de l’existence. Mais surtout elle nous permet de déchiffrer un savoir qui nous est souvent inaccessible, en prenant le temps à chaque fois d’en montrer les implications éthiques. Car ce qui est inquiétant dans la programmation informatique c’est tous les biais, notamment ethnocentriques, qu’on y développe sans s’en rendre compte, et qui produisent nécessairement des discriminations en tous genres.


On sort finalement de cette lecture avec l’idée contraire à celle évoquée plus haut. Les défis de l’IA ne concerne pas le codage en tant que tel mais nous obligent plutôt, d’urgence, à réconcilier la culture scientifique et la culture humaniste, entre d’un côté les Techies et de l’autre les Fuzzies, comme on les nomme du côté des Etats-Unis. Dans un article paru en ligne récemment, le directeur de l’Institut Jean-Baptiste Say Sylvain Bureau note avec force le rôle central que devront jouer la philosophie, l’art et la littérature dans la formation des futurs dirigeants d’entreprises. En guise d’exemples ce spécialiste des études entrepreneuriales rappelle en guise d’illustrations que « les fondateurs de Paypal, LinkedIn et Slack ont été formés en philosophie. Les fondateurs d’AirBNB en art et design, le fondateur de Reddit en histoire, les fondateurs d’Alibaba et de Salesforce en littérature anglaise et la liste est encore longue ! ». Bref, les meilleurs codeurs sont avant tout des décodeurs. Et en matière d’éducation à l’entreprenariat, s’il le codage est une compétence comme une autre, l’aptitude à décoder, à interpréter, les conditions du présent et de l’avenir restera la vertu cardinale, et l’atout maître.


En savoir plus

Mots clés : Mutation digitaleIdées & débatsNumériqueInformatiqueAlgorithmesIACodage

De l’autre côté de la Machine

De l’autre côté de la Machine

Auteur : Aurélie Jean
Date de parution : 13/11/2019
Éditeur : L'Observatoire
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