Connexion
Accédez à votre espace personnel
ÉCONOMIE
Décryptages éco Intelligence économique Intelligence sectorielle Libre-propos Parole d'auteur Graphiques Notes de lecture
STRATÉGIE & MANAGEMENT
Comprendre Stratégie & Management A propos du management Parole d'auteur Notes de lecture
IQSOG
RUBRIQUES
Économie généraleFranceEurope, zone euroÉconomie mondiale Politique économique Emplois, travail, salairesConsommation, ménagesMatières premières Finance Géostratégie, géopolitique ComprendreManagement et RHStratégieMutation digitaleMarketingEntreprisesFinanceJuridiqueRecherche en gestionEnseignement, formation
NEWSLETTERS
QUI SOMMES-NOUS ?


Un manager peut-il être quelqu’un de bien ?

Publié le mercredi 8 juillet 2020 . 4 min. 08

Voir plus tard
Partager
Imprimer

Imaginez un lieu où chacun pourrait se livrer à ses plus bas instincts et s’en donner à cœur joie. Un lieu où le mal pourrait être valorisé, où il serait tout simplement bien vu. Ce monde c’est celui que décrit la série télévisée Westworld : un parc dont le thème est de délester ses adeptes de toute obligation morale, de toute responsabilité. Un divertissement total, intégral, dans lequel ceux qui paient leur droit d’accès peuvent se permettre de faire tout et surtout n’importe quoi. Un monde sans punition, sans pénitence et sans peur.


Cette fiction donne à Laurence Devillairs, doyenne de la faculté de philosophie de l’Institut Catholique de Paris, l’occasion de dénoncer une double hallucination : tout d’abord les adeptes de ce parc à thème ne sont pas libres, contrairement à ce qu’ils croient eux-mêmes en y participant, ils sont en quelque sorte tributaire du mal qu’il se plaisent à infliger.


Ensuite, cette fiction montre que faire le mal pour le mal n’est pas aussi plaisant que cela en à l’air de prime abord : ceux qui souffrent de cette méchanceté se rebiffent, et alors le divertissement par la haine montre ses limites. Vient le moment où le méchant doit nécessairement se regarder dans la glace, à la manière de Montaigne, « sans fausse honte, mais sans indulgence non plus » (p. 77).


Or c’est précisément là, selon l’auteur, que pour le méchant ordinaire les difficultés commencent. Car ce qui aurait dû avoir lieu, l’accomplissement du bien, ne s’est pas produit. Autrui nous appelle en effet à une distinction entre le bien et le mal : cet autrui qui n’est pas le « représentant d’un groupe » (p. 53) mais l’irremplaçable, l’unique, qui oblige en quelque sorte cet autre individu-singulier qui se regarde dans la glace de s’interroger aussi sur sa propre hypocrisie, et sur ce qui a été détruit. C’est le cynique, par exemple dans une entreprise, qui porte un regard soudain critique sur ses agissements. Le cynique c’est-à-dire celui qui fait dire à ceux qui ont subit ses affres qu’il, ou elle, n’est justement pas « quelqu’un de bien ».


Or cette expression que tout le monde connaît, qui sert à dire si quelqu’un est digne de confiance ou d’amitié, ou non, donne précisément son titre au livre. Quelqu’un de bien, ce serait celui qui se regarde dans la glace de sorte à être capable de se défaire de ses déterminismes, sociaux, économiques ou religieux afin de donner une chance, explique l’auteur, « à un autre type de causalité » (p. 81). Une telle personne hésiterait donc deux fois : en agissant bien ou mal d’abord, et en se demandant si elle a bien, ou mal, agit, ensuite. Et l’auteur de nous dire que la réponse n’est jamais automatique, qu’elle est volontaire, qu’elle nécessite le courage de se dire que commettre une faute n’est jamais le fruit du hasard ou de la malchance.

 
Sans le reconnaître explicitement, Laurence Devillairs trace en fait le portrait ici du collaborateur parfait. Quelle entreprise a jamais voulu faire autre chose qu’embaucher des « gens bien » ? Avoir des employés « à qui l’on tient » comme dit la chanson ? Et puis quoi de plus gratifiant pour quelqu’un de s’entendre dire qu’il est quelqu’un de bien ? C’est-à-dire, dans l’acception générale du terme, quelqu’un qui se conforme strictement à la morale du groupe, qui ne fera pas de vague, qui jamais n’osera remettre en cause la loi du plus fort ou du dernier qui a parlé.


Or le postulat de ce livre est que cette personne qui se regarde dans la glace, manageur ou managé, n’est justement pas ce collaborateur discipliné toujours prêt à obéir aux ordres, ce quelqu’un sans grand destin, mais un « héros du bien » qui « marche à contre courant » (p. 206-207). Pour être ce « brave », ce n’est pas du minimum qu’il faut se contenter, en étant ainsi le bon gars pour employer une expression courante et méprisante, mais faire le maximum, et renouer avec le caractère sublime, pour utiliser un terme kantien, de l’action morale.


Or le livre, et c’est là sa limite, semble toujours hésiter entre ces deux modèles. « D’une certaine façon, le héros n’a rien d’héroïque » (p. 197) en conclut l’auteur. Alors que tout le raisonnement, et c’est ce qui en fait la valeur, dit à peu près l’inverse. L’éthique n’est jamais une évidence. Car l’acte éthique est toujours une victoire. Et pour toute grande victoire, il faut un grand combat.


D'APRÈS LE LIVRE :

Être quelqu’un de bien

Être quelqu’un de bien

Auteur : Laurence Devillairs
Date de parution : 25/09/2019
Éditeur : PUF
COMMANDER

Les dernières vidéos
Management et RH

#ffb742 IQSOG - Recherche en gestion Manager les espions...et les espionnes Alain Bauer 02/12/2021
Alain-Bauer-Manager-les-espions-et-les-espionnes-306348625.jpg
09:07
#a544a3 STRATÉGIE & MANAGEMENT La mobilité immobile Laurent Maruani 02/12/2021
Laurent-Maruani-La-mobilite-immobile-306348597.jpg
03:23

Les dernières vidéos
de Ghislain Deslandes

x
Cette émission a été ajoutée à votre vidéothèque.
ACCÉDER À MA VIDÉOTHÈQUE
x

CONNEXION

Pour poursuivre votre navigation, nous vous invitons à vous connecter à votre compte Xerfi Canal :
Déjà utilisateur
Adresse e-mail :
Mot de passe :
Rester connecté Mot de passe oublié?
Le couple adresse-mail / mot de passe n'est pas valide  
  CRÉER UN COMPTE
x
Veuillez saisir l'adresse e-mail utilisée pour créer votre compte Xerfi Canal.
Adresse e-mail :

STOCKAGE DE VOS DONNÉES

Xerfi Canal utilise et stocke des informations non sensibles (par exemple : adresses IP, données de navigation, identifiants) obtenues par le dépôt de cookies ou technologie équivalente sur votre appareil. L’utilisation de ces données nous permet de mesurer notre audience et de vous proposer des fonctionnalités et des contenus personnalisés.

Les données stockées par Xerfi Canal ne sont en aucun cas partagées avec des partenaires ou revendues à des tiers à des fins publicitaires.

Vous pouvez librement donner, refuser ou retirer à tout moment votre consentement en accédant à notre outil de paramétrage des cookies.

ACCEPTER PERSONNALISER REFUSER

PERSONNALISEZ LE STOCKAGE
DE VOS DONNÉES

Cookies Google AnalyticsCes cookies permettent d’obtenir des statistiques de fréquentation anonymes du site Xerfi Canal afin d’optimiser son ergonomie, sa navigation et ses contenus.

Cookies de personnalisation du parcours de visiteCes cookies nous permettent de vous proposer, en fonction de votre navigation sur le site, des contenus et/ou des offres de produits et services les plus adaptés à vos centres d’intérêt.

Vous pourrez librement et à tout moment modifier votre consentement en accédant à notre outil de paramétrage des cookies.

VALIDER ANNULER