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03/05/201904:22

Vous serez peut-être intéressés de savoir que les étudiants de gestion issus de l’enseignement supérieur optent de plus en plus aujourd’hui pour une conception de l’entreprise qui se définit d’abord comme un collectif de femmes et d’hommes motivés par des valeurs et des objectifs communs. Et non plus sur la base d’une définition utilitariste ou systémique de l’entreprise. Par conséquent, il est fort probable qu’à l’avenir c’est sur ce critère, qu’ils ou elles, choisiront de s’orienter, de choisir telle institution plutôt que telle autre, telle entreprise plutôt que l’un de ses concurrentes.

Dès lors, se pose la question de savoir quelles sont les valeurs que leur futur employeur, peut-être vous, souhaitez mettre en avant. Ces valeurs existent déjà bien sûr, le plus souvent de manière tacite. Elles correspondent finalement à des croyances forgées au fil du temps sur la meilleure manière de vivre ensemble au sein de votre organisation.

Il faut néanmoins rappeler que l’usage du mot « valeur » dans une société est toujours ambigu. Il désigne les idées auxquelles on tient particulièrement et que l’on souhaite défendre en priorité, mais il concerne tout aussi bien le montant auquel un possible investisseur devrait consentir pour l’acquérir. « Qu’est-ce que ça vaut ? » voilà donc une question qui prête le flanc à toutes les interprétations. Les valeurs se traduisent en effet de multiples façons, aussi sont-elles malaisées à concilier dans un tout cohérent : les valeurs de fidélité et d’honnêteté par exemple étant difficiles, parfois, à faire tenir ensemble.

Dans ce « Petit traité des valeurs » destiné à un public large, réalisé à l’initiative des membres du Département de philosophie de l’Université de Genève, nous sommes invités à mettre un peu de clarté dans le sens que nous attribuons aux valeurs esthétiques, politiques ou morales qui nous sont chères. Pour chaque terme, plus d’une vingtaine, un auteur sélectionné du fait de sa spécialité énonce l’essentiel en quelques pages. Je distinguerais ici trois de ces termes : l’intéressant, le luxe et la solidarité.

-Sur la catégorie de « l’intéressant », ce mot sans cesse entendu en entreprise sans forcément que le sens soit clairement précisé, Anne Meylan nous rappelle qu’elle concerne d’abord les choses qui sont stimulantes sur un plan cognitif et qui ont un certain rapport avec l’idée du bien. Elles doivent aussi savoir nous surprendre, et c’est ce que l’auteur nomme la « condition de primeur ». Elle y ajoute une deuxième condition fondamentale : pour être « intéressante », une chose doit être aussi « gérable et saisissable ». Enfin, ainsi que le suggère la recherche en psychologie, est intéressant ce qui se place dans le registre hédonique, c’est-à-dire que ce qui est intéressant est d’abord divertissant, et procure un certain plaisir.

-Le luxe, ce secteur d’activité extraordinairement profitable et en forte croissance, notamment en France, serait d’abord cette valeur qui concerne en priorité des biens non nécessaires ayant le caractère d’être des biens ordinaires : un sac de cuir, une bouteille de champagne, une bicyclette par exemple. En effet, Federico Lauria nous fait remarquer que seuls peuvent être considérés comme extraordinaire des biens de type « posséder un doctorat, avoir un enfant, (…) avoir survécu à une grave maladie ou vivre l’amour parfait. » Ici le luxe apparaît donc comme un bien ordinaire doté « d’instances extraordinaires ».

-Enfin la solidarité est une valeur généralement parée de toutes les vertus possibles au sein d’une équipe. C’est elle en effet qui permet de sauver des projets mal embarqués, de souder des liens jusque dans la difficulté, d’humaniser finalement le lieu de travail. Or, l’entrée qui lui est consacrée nous suggère d’y regarder à deux fois et de toujours considérer en premier lieu les valeurs que sert la dite solidarité. « Le fait que la solidarité puisse servir des fins immorales nous montre que les actions solidaires n’ont pas de valeur consécutive » explique Jörg Löschke. « Autrement dit, une action n’est pas bonne du simple fait qu’elle est réalisée par solidarité. » Pour l’exprimer plus simplement encore : la solidarité entre les membres de réseaux criminels ne constituent assurément pas une valeur morale.

Notez que le livre fait la place à de nombreuses autres entrées susceptibles d’éclairer la pratique managériale telles que l’authenticité, le pouvoir, la propriété ou l’utilité. Et fait la preuve en tout cas, selon la joyeuse expression choisie par les auteurs eux-mêmes, de « la généreuse diversité qui caractérise le monde axiologique ».


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Mots clés : ManagementIdées & débatsEntrepriseValeurMoraleSolidaritéEquipe

Petit traité des valeurs

Petit traité des valeurs

Auteur : Collectif sous la direction de Julien Deonna et Emma Tieffenbach
Date de parution : 09/02/2018
Éditeur : Ithaque
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