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Vous êtes-vous déjà trouvé comme moi dans un musée d’art contemporain, à regarder une « œuvre » en vous demandant comment cet objet, ou cette installation pouvait être digne d’être exposé, et représenter un prix exorbitant ?


Alors que vous ne voyez rien de beau, que vous ne ressentez aucune émotion … et que vous vous demandez comment des personnes acceptent d’investir autant d’argent dans … « ça » ?


Vous vous êtes dit, comme moi, que vous n’y connaissiez rien et qu’il fallait être expert dans le domaine pour « comprendre » ce marché bien particulier.


Cet écart abyssal entre la valeur estimée d’une œuvre d’art et l’appréciation du « vulgus pecus » a été démontré par une expérience menée par le célébrissime Banksy. Rappelons que Banksy est un artiste graffeur extrêmement connu et reconnu dans le monde entier mais qui est, en même temps complètement anonyme. On ne sait pas qui se cache derrière ce pseudonyme. Outre son talent, il est aussi un grand pourfandeur du marché de l’art.


En effet, que nous dit-il ? « Le monde de l’art est une vaste blague. C’est une maison de repos pour les privilégiés, les prétentieux et les faibles ».


Il mène ainsi le 12 Octobre 2013 une expérience pour démontrer l’artificialité de ce marché. Il installe ce jour-là un étal de ses œuvres sur un trottoir à l’entrée de Central Park. Une vidéo montre une journée de vente, les passants ne montrent aucun intérêt pour les œuvres exposées au prix de 60 dollars. Au cours d’une journée, seules 4 œuvres seront vendues dont une à moitié prix, et une autre pour une chambre d’enfant. Alors qu’à la même période, les plus petites œuvres de Banksy sont vendues 25 000 dollars dans des salles de vente spécialisées.


On nous dit en marketing que l’offre doit rencontrer la demande. Or, dans certains secteurs, dits d’expertise, il n’y a pas rencontre, mais bien un rendez-vous complètement raté ! Que faut-il en tirer ? Que l’art contemporain n’est qu’un vaste échafaudage ?


La thèse se tient. Et une de ses poutres maitresses (pas la seule) est l’  « effet Van Gogh ». Que décrit-il ?
Nathalie Heinich, sociologue de l’art, nous le dit dans un article de 1996 : « L’art contemporain exposé aux rejets : contribution à une sociologie des valeurs », paru dans la revue Hermès.


Selon elle, devant des œuvres d’art émergentes, dont la forme s’éloigne souvent des canons classiques d’une peinture ou d’une sculpture, le spectateur n’a que deux solutions : « soit accepter de redéfinir les frontières de ce qui est ou n' est pas artistique en les élargissant, au risque de « se faire avoir » en admirant ou en acquérant des objets sans valeur, et de délaisser du même coup le travail des artistes authentiques ; soit refuser ce qui transgresse les frontières constituées par Ia tradition, au risque d'ignorer des tentatives que Ia postérité reconnaitra comme authentiques et mêmes géniales (c'est, typiquement, « l'effet Van Gogh»). La question pertinente n'est plus alors celle de Ia beauté de I' objet mais de sa nature, artistique ou pas. ».


L’effet Van Gogh traduit donc la peur de « passer à côté » du génie, et lance un mouvement spéculatoire (une œuvre est souvent achetée pour être revendue … beaucoup plus cher).


Le prix d’une œuvre, la valeur et le respect qu’on lui accorde sont donc un construit d’experts … autour d’une convention fragile car est-on jamais certain du jugement des autres experts ?


Ce pari à plusieurs est quelquefois perdu et des cotes d’artistes portés au sommet selon cette équation complexe dégringolent parfois complètement, laissant les spéculateurs bien maris.


Certains contemporains de Van Gogh (son frère Théo ou le docteur Gachet) ont su reconnaitre son talent et acquérir pour une bouchée de pain des peintures qui sont des décennies plus tard parmi les plus chères et admirées au monde, créant sans le savoir le phénomène éponyme.


Également sans le savoir, les 4 promeneurs de Central Park ont validé le mépris de Banksy pour un marché fondé sur la spéculation. Sans le savoir, ils ont bénéficié de leur méconnaissance de l’Effet Van Gogh, se basant uniquement sur leurs ressources esthétiques, sans se poser la question du devenir d’un objet certes plaisant mais qui ne pouvait avoir pour eux ni le statut d’œuvre d’art ni la cote que lui ont attribuée les experts du domaine.


L’effet VanGogh, une belle explication à un phénomène complexe, qui nous souffle que l’ignorance a parfois du bon, et ne nous empêche pas de profiter pleinement des iris de VanGogh, en jetant un regard dubitatif aux tulipes de Jeff Koons …


Publié le mercredi 1 juillet 2020 . 5 min. 16

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