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https://player.vimeo.com/video/120199658?autoplay=1 Jean-Philippe-Denis-Ce-que-renverser-la-table-veut-dire-en-strategie-2873.jpg
07/10/201403:31

Nicolas Sarkozy, qui a promis de "renverser la table", fait donc un fracassant "retour vers le futur" sur le marché politique. Alors, faut-il voir dans ce reversement de table, un nouveau concept stratégique, une démarche élaborée pour modifier les rapports de forces concurrentiels dans l'industrie politique française ? 

 

Un concept permet d'instruire la question : celui de paradigme stratégique, développé par G. Johnson dès la fin des années 1980. Renverser la table, ce serait donc proposer un changement brutal et révolutionnaire des hypothèses que les acteurs de l'industrie des idées politiques tiennent aujourd'hui comme allant de soi. Pour l'instant, entre la remise en cause des accords de Schengen, les allocations chômage pointées du doigt et la fin de l'emploi à vie dans le secteur public, présenté comme une "hérésie" dans notre monde moderne, le "political business" paraît as usual : l'étranger, le chômeur et le fonctionnaire ont toujours fait d'excellents boucs émissaires" à la René Girard". Mais Nicolas Sarkozy l'a annoncé : c'est une longue marche qu'il a engagée. Le recours à cette logique "2012" pourrait donc d'abord se comprendre comme une tactique : pour être en position de renverser la table, il faut être en position de la dresser. Et donc d'abord être élu à la tête de sa "famille" politique. C'est donc après que devrait intervenir la révolution paradigmatique promise. Quel pourrait en être alors le sens ? Échoué avec la crise, la réactivation du programme de 2007 est impensable : le rêve du "travailler + pour gagner +" et d'une "France de propriétaires" se transforme en cauchemar en univers de croissance nulle et de flambée du chômage. Il faut donc chercher ailleurs l'idée neuve. Et voilà comme revient en mémoire le fait qu'en 2011, sur fond de boucherie d'ennuis judiciaires, Dominique de Villepin avait osé une proposition renversante : une "révolution de la dignité" par la mise en place d'un revenu minimum d'existence garanti. Proposition maintes fois formulée d'ailleurs par le parti Chrétien Démocrate de Mme Boutin. Si cette proposition paraît spontanément marquée à la gauche de l'échiquier politique, les chercheurs sont nombreux à considérer que c'est le capitalisme cognitif, l'immatériel, bref l'I-conomie, qui exigerait son adoption : le salariat comme forme de référence devrait logiquement être emporté avec l'eau du bain d'un siècle industriel révolu. Si Nicolas Sarkozy devait reprendre à son compte cette révolution paradigmatique pour donner une véritable cure de jouvence stratégique aux idées politiques françaises, le paradoxe pourrait n'être qu'apparent. En effet, il y a 40 ans, Milton Friedman voyait déjà dans l'allocation universelle la meilleure manière de mettre fin à la protection sociale, au service d'une société toujours davantage de "marché". Voilà en tous les cas comment se confirmerait d'abord le plus grand enseignement de la recherche en management : ce n'est pas tant l'outil qui compte que la manière de s'en servir, et à quelle fin.

 

Jean-Philippe Denis, Ce que renverser la table veut dire en stratégie, une vidéo Xerfi Canal


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Mots clés : Stratégie

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